L’Embellie d’Auður Ava Ólafsdóttir

La narratrice de ce roman est une femme qu’on décrirait comme d’«âge mûr», exerçant à domicile le métier de traductrice et vivant en couple depuis de nombreuses années, sans enfant car elle n’a jamais souhaité en avoir contrairement à son mari qu’elle trompe occasionnellement avec un autre homme. Son mari la quitte car il souhaite être père  et qu’il a rencontré une jeune femme qui porte son enfant. Devant l’adversité, elle refuse de baisser les bras et de sombrer dans la déprime, aussi elle accepte la proposition d’une amie, Audur, de partir quelques jours avec son fils, Tumi. Audur est enceinte de jumeaux, sa grossesse ne se passe pas bien, et elle souhaiterait quelques jours de calme sans Tumi. Bien que notre narratrice ait toujours pensé ne pas être capable de s’occuper d’un enfant, elle accepte de se voir confier Tumi et de partir à l’aventure avec lui, alors qu’elle ne le connait pas. Tumi souffre de problèmes auditifs et visuels, les premiers jours elle a du mal à lui parler, puis peu à peu les deux individus s’apprivoisent.  Lire la suite

Passengers de Morten Tyldum

Le vaisseau spatial Avalon (ouh !) a quitté la Terre il y a trente années, avec à son bord 5 000 individus, en direction de la planète Homestead II. Le voyage devant durer 120 années, les personnes à bord du vaisseau ont été placés en hibernation et ne devaient se réveiller que quelques mois avant l’arrivée sur la planète. Mais suite à une collision avec un champ d’astéroïdes, le vaisseau a été endommagé et une cabine d’hibernation a prématurément réveillé son occupant. Jim Preston, un ingénieur mécanique, s’éveille donc avec 90 ans d’avance, seul, dans un vaisseau qui semble avoir subi quelques avaries. Dans un premier temps, il tente d’occuper son temps du mieux qu’il peut, en jouant, en regardant des films ; puis l’ennui le guettant, il décide de réveiller une autre personne, une femme qu’il a repérée dans les données du vaisseau. En décidant de réveiller Aurora Lane, il sait que ce faisant il la condamne comme lui à mourir lors du voyage et à ne pas vivre une nouvelle vie sur Homestead II. Lire la suite

Robert Rauschenberg à la Tate Modern

Exposition présentée à la Tate modern depuis le 1er décembre 2016 et jusqu’au 2 avril 2017. Je ne connaissais absolument pas cet artiste américain, connu notamment pour ses collages, sur lesquels l’exposition revient peu puisqu’elle s’attarde davantage sur l’investissement de cet artiste envers la danse, qui se limitait au départ à la réalisation de décor pour des chorégraphies, mais qui au fil des ans s’est développé au point que Rauschenberg a fini par concevoir ces propres mises en scène et s’est même illustré sur scène avec d’autres danseurs. Lire la suite

The Lazarus Project d’Aleksandar Hemon

Le 2 mars 1908, Lazarus Averbuch, un juif ukrainien de 19 ans, est tué dans des circonstances étranges par le chef de la police de Chicago, George Shippy, au domicile de ce dernier. Il était installé depuis peu à Chicago avec sa sœur Olga, après avoir quitté sa terre natale pour fuir les pogroms (notamment celui de Kishinev en 1903). A l’époque, le discours officiel (des policiers et journalistes) décrivait Lazarus comme un anarchiste, venu au domicile du policier pour le tuer, mais sa sœur contesta cette version et affirma que son frère n’était pas un meurtrier. De nos jours, Vladimir Brik, un écrivain américain d’origine bosniaque découvre l’existence de Lazarus et décide de lui consacrer un roman. Vladimir peine depuis quelques temps à écrire, ce qui pèse sur ses relations avec sa femme, brillante neurochirurgienne. Suite à l’obtention d’une bourse d’écriture  et pour conjurer la malédiction de la page blanche, il décide de partir en Europe pour poursuivre ses recherches sur Lazarus en retrouvant les traces de ces ancêtres en Ukraine et en Moldavie.  Dans son périple, il est accompagné par un photographe de guerre bosniaque, Rora. En chemin, il est comme rattrapé par son passé, ce qui le pousse à quitter l’Ukraine pour se rendre en Bosnie, cette fois sur la trace de ses propres ancêtres. Lire la suite

Captain Fantastic de Matt Ross

Dans les montagnes couvertes de forêts du Nord-Ouest américain, le long de la côte du Pacifique, Ben (Vigo Mortensen) et son épouse, Leslie, ont élevé leurs enfants — Bodevan, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai — retirés de la société et en application de leur idéologie, mélange de socialisme, sous toutes ses formes, et de survivalisme. Ils voulaient en effet en faire des « philosophes-rois » tout droit sortis des pages de Platon, autant capables de chasser le daim et de le dépecer, de soigner une fracture ouverte que de débattre de physique quantique, de s’engueuler en esperanto, de jouer de la musique autour d’un feu de camp ou de mener des séances de yoga.

Mais le film commence alors que Leslie, internée en hôpital psychiatrique, est morte, ayant perdu son combat contre sa maladie mentale (il semblerait qu’elle ait été bipolaire) et s’étant donc suicidée.  Dès lors, Ben décide d’emmener ses enfants jusqu’au Nouveau Mexique où les parents de Leslie ont décidé qu’elle y serait enterrée (et ce contre sa volonté). Embarquant toute sa progéniture dans un vieux bus scolaire déglingué, il décide en même temps d’en faire une leçon de choses en confrontant ses enfants au « monde réel », ce qui va le forcer à lui-même reconsidérer sa vision des choses… Lire la suite