The Book Of Evidence de John Banville

https://i2.wp.com/www.middlemiss.org/lit/bookcovers/evidence.jpgJ’ai terminé la lecture ce week-end de The Book of Evidence de John Banville.
L’écriture est bluffante tant le style est ultra-maitrisé. C’est impressionnant de lire des phrases les unes à la suite des autres dont on se dit au fur et à mesure qu’elles ne pourraient pas écrites différemment, qu’elles sont ciselées parfaitement à la virgule, à l’accent près.

Sur le fond, la pureté du style, sa sobriété met en valeur le propos: un homme qui est un étranger à lui-même assassine une jeune femme qui l’a surpris en train de voler un tableau. On se rend compte très rapidement que le narrateur — le roman se présente sous la forme d’une lettre écrite au juge par l’assassin qui se confesse en quelque sorte, mais qui ne veut pas de pardon, non, il sait qu’il n’en mérite pas, mais qui veut que les choses soient précisées et claires — est un maniaque, un type qui n’est pas un homme ou qui, justement, est par trop humain. « Pourquoi tu as fais cela? » lui demande un des policiers qui l’a arrêté, « mais parce que je pouvais le faire » répond-t-il avant de vomir toutes ses tripes sans comprendre pourquoi son corps a cette réaction. D’ailleurs, c’est amusant de voir que c’est son corps qui est humain.

Son esprit est froid, ne comprend pas les émotions, s’interroge sur les émotions qu’il ressent à tord ou ne ressent pas, mais c’est son corps qui réagit normalement. Du coup, pour Banville, c’est le corps qui fait de nous des humains (et là je partage ce point de vue totalement, si ce n’est que le corps est lié à l’esprit).
La plus grande réserve que je ferais est la suivante: au bout de 40 pages, on a compris l’enjeu du roman: le narrateur est un psychopathe car étranger à lui-même, certes. Alors on a encore plus de 100 pages à observer ce même narrateur opérer son forfait sans que rien n’éclaire ses actes plus que le diagnostic déjà établi. On termine le roman en se disant: d’accord, mais à quoi bon? Quel est le propos au final? Que le corps est ce qui nous rend humain?

Bon, cela dit, c’est, comme je l’écris plus haut, une écriture fluide, apparemment facile (mais ô combien maîtrisée) et il n’est pas commun de lire des pages aussi bonnes. Et puis ce propos vaut le détour. Mais enfin… peut-être que cela manque d’ambition. Peut-être faudrait-il une deuxième partie aussi longue que le roman qui montre ensuite comme ce corps est notre humanité…

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