The Sorrow of an American de Siri Hustvedt

Histoire de la famille Davidsen – Marit, la mère, Inga, la soeur et Sonia, la nièce – à travers le témoignage d’Erik, fils ainé de la famille. La famille Davidsen a des origines suédoises (comme l’auteur du roman), c’est une famille d’artistes et de psychiatres (Erik est psy, Inga écrit tout comme feu son mari Max). Cette famille comme toutes les autres traverse des moments difficiles: 11 septembre (aucun membre n’a été tué dans la catastrophe mais Inga et sa fille ont été témoin du drame), mort du père d’Inga et d’Erik d’un cancer, mort de Max le mari d’Inga et divorce d’Erik. Chacun fait l’expérience de la solitude et de la douleur, pas celle médiatique et héroïque, mais la douleur quotidienne, banale et implacable.

L’histoire est racontée du point de vue d’Erik (le psy), la narration est entrecoupée par des extraits du journal de son père relatant pour la plupart des faits lés à son enfance pendant la Grande Dépression et le Dust Bowl. Cette narration étrange est finalement très respectueuse de la pensée humaine, elle n’est pas construite littérairement mais elle suit les pensées et les envies du personnage principal. Les extraits ne sont pas placés arbitrairement en début ou fin de chapitre, ils apparaissent au gré des lectures d’Erik. En général il lit le journal de son père le soir avant de s’endormir, mais quelque fois trop fatigué, il ne lit pas ou autre chose. De même les autres personnages apparaissent dans la narration au fil des rencontres avec Erik ou quand ce dernier se souvient d’eux. L’ensemble ne parait construit mais semble suivre les élucubrations d’une pensée humaine, celle d’Erik en l’occurrence. D’ailleurs ce dernier obsédé par son travail nous gratifie de quelques extraits de ses séances avec ses patients.

Les personnages mis en place par l’écrivain sont eux aussi très humains. Pas de stéréotypes ou d’archétypes choisis pour nous donner des vérités sur le monde, mais des personnages qui existent en tant qu’entité humaine. Là encore une impression de quelque chose qui n’est pas construit mais qui est totalement naturel.

A travers le père, la narrateur évoque quelques épisodes de l’histoire américaine (la Grande Dépression, le Dust Bowl), à travers les personnages de la mère et de sa fille, l’auteur évoque le 11 septembre mais tout cela est fait à hauteur d’homme. Pas de grand déballage historique, ce que disent les personnages se résume essentiellement à leur vision et leurs impressions du moment (Inga fait à un moment un parallèle entre le 11 septembre tel qu’elle l’a vu à la TV et ce qu’elle a ressenti dans les rues de New York ce jour-là).

« In American Reality: examining a cultural obsession, Inga devoted ont chapter to the media’s version of september eleventh and its instantaneous construction of a heroic narrative to gloss the horror. she noted the use of cinematic devises in the television reporting, the footage of firemen set to music with American flog waving on a split screen, the spectacular images, the pious announcements the irony had come to en end es the bitter ironies multiplied on top of another. she wrote about the cheering crowds in other places in the world, who had manufactured their own fiction of heroic martyrdom, one so powerful it snuffed out empathy. And to counter the hackeney pictures and dead word, she told her own story of that day as she remembered it,a fractured account ».

Bref j’ai beaucoup aimé, sans trop savoir pourquoi (toujours plus facile d’expliquer pourquoi on aime pas que pourquoi on aime). Ce livre semble ne pas avoir été travaillé tant au niveau de sa narration que de ses personnages, et j’avoue que cela me fascine quand un écrivain arrive à force de travail à donner l’illusion que tout dans son récit est naturel. Je pense qu’il faut une certaine maîtrise de l’écriture pour arriver à cela.

Parfois ce livre me fait penser à ceux de Paul Auster (le mari de l’auteur). Sauf que les livres de Paul Auster m’ont toujours laissée indifférente (et pourtant je ne trouve rien à leur reprocher, c’est assez bien écrit, ça se lit sans trop de difficulté, je peux pas dire que je m’ennuie en les lisant, mais ses livres ne m’intéressent pas). Là j’aime beaucoup.

« There is no clear border between remembering and imagining (…) We make our narratives, and those created stories can’t be separated from the culture in which we live »

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