Four Freedoms de John Crowley (eh oui j’ai réussi à le finir, ce qui est un exploit me concernant)

Histoire: USA. 1943-1945. Les frères Van Damm – Jules et Henry – décident de construire l’avion qui permettra aux Etats-Unis de gagner la paix. Ce futur avion – le Pax – sera construit par toutes les bonnes volontés non mobilisées par la guerre: femmes, handicapés, indiens… Afin de loger toute cette masse ouvrière, des bâtiments sont construits dans la plaine de Ponca City amenant progressivement l’émergence d’une véritable ville -Henryville – entièrement tournée vers la production du nouvel avion.

Le narrateur suit deux personnages, Posper et Pancho, qui partent rejoindre la société Van Damm pour trouver un emploi. Sur place les deux hommes vont faire la connaissance de plusieurs femmes venues également travailler. Rapidement le récit délaisse Pancho au profit de Posper et de ses aventures féminines.

Structure

Un prélude sur Horse, un apprenti écrivain qui veut rendre compte de ce qu’était/est Henryville. Sont évoqués également dans ce prélude Posper, Connie, Sal…

Une première partie sur les deux frères Van Damm et leur projet d’avion. Henryville émerge progressivement, Pancho et Prosper traversent les USA pour rejoindre l’usine Van Damm. Prosper rencontre Vi et passe une première nuit avec elle. Après avoir fait l’amour, les deux amants se racontent. La première partie se clôt sur quelques éléments de la vie de Vi.

Une deuxième partie sur Prosper. Les deux amants sont toujours au lit et Prosper évoque sa vie. Enfant handicapé suite à une erreur chirurgical, il est recueilli par deux tantes. De loin la meilleur partie du roman tant au niveau du style que de l’intrigue (petit désagrément quant à la construction artificielle de cette deuxième partie, Prosper est sensé évoqué sa vie alors qu’il est au lit avec Vi. Or la narration de Prosper est tout sauf une retranscription d’un dialogue oral. Le récit est donc entrecoupé de références à la position des amants. Rapidement ces courtes phrases font tâches.)

Une troisième partie sur Connie, une autre femme. Le narrateur reprend le personnage de Vi et évoque d’autres éléments de sa vie avant qu’elle ne quitte Henryville, comprenant que Prosper est attiré par Connie.

Une quatrième partie sur Diane et Martha, deux autres rencontres de Prosper.

L’épilogue évoque une tornade qui détruit complètement Henryville, mettant un terme à la construction du Pax. La guerre vient de se terminer, l’avion n’a pas encore volé et ne volera jamais. Un « we » fait son apparition dans le récit (le reste du récit utilise le they).

Style: D’après le New York Times, John Crowley a tenté dans ce roman de retrouver le style narratif et linguistique des années 40 (avec succès). Pour moi, néophyte francophone, le récit m’a paru difficile à lire (phrases longues qui accrochent à la lecture).

Quelques exemples:

« We weren’t where we were in those times because we had been thrown or removed to there » Phrase qui me parait lourde à la lecture.

« Summer 1936. Swimming was over for the afternoon and the girls were sitting on the dock or out on the slimy woods float, looking down into the gray-green water or over toward the prickle of pines across the lake or at each other. It came as a noise first, from where they couldn’t tell because the bowl of the lake bounced sound from rim to rim unplaceably: [new girls were known to wake up crying out in the night when the Delaware & Hudson train passed miles away – it sounded like it was going to go right through the cabin] ».

La répétition de « or » allourdit la phrase. Et la fin de la phrase avec l’évocation du train gâche l’ensemble. On voit ces filles lever la tête pour voir d’où vient le bruit, l’évocation du train est en trop, elle nous sort de l’ambiance, je trouve.

Le propos:

Prosper rencontre quatre femmes et participe (ou plutôt assiste) à leur émancipation. D’où le titre Four Freedoms. Problème: on a bien Vi, Connie et Diane qui sont vraiment évoquées dans le roman. Pour la quatrième femme, plusieurs choix sont possibles. Aucune femme n’est aussi longuement évoquée que les trois autres, plusieurs sont présentes comme Martha, Sal et la mère de Prosper… Qui est vraiment la quatrième femme…

L’expression Four freedoms fait référence à un discours de Roosevelt: deux sont évoquées dans le livre (want et fear). Y a-t-il corrélation entre le destin de ces quatre femmes et les quatre libertés, peut-être mais on a trois femmes et deux libertés, ça colle pas trop.

Enfin, le livre est vendu comme un livre sur les femmes. Certes il y a beaucoup de personnages féminins mais le narrateur est masculin, Prosper est de loin le personnage le plus important du récit (et le mieux traité), à tel point qu’il se confond avec le narrateur. Les femmes sont vues à travers Prosper, à travers un regard d’homme. Il n’ y a pas à proprement parlé de point de vue féminin.

(Pour la critique de Mathieu, qui avait davantage apprécié, voir ici.)

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