Lost (saison 3)

Franchement, Lost, c’est drôle. C’est tellement nul que c’est drôle. Après une saison 1 qui m’avait énervé tant elle jouait la montre, une saison 2 qui m’avait indifféré (vu que j’avais arrêté de regarder cette série en la prenant au sérieux), la saison 3 me fait rire. C’est une série comique, non?

En tout cas, on pourrait lui rajouter un sous-titre: « La série qui vous apprend comment devenir scénariste… en ne suivant surtout pas cet exemple. »

Pour que tout le monde comprenne bien: je résume l’intrigue: Les « Disparus » sont les passagers d’un avion Sydney-LA qui s’est crashé au dessus du Pacifique sur une île déserte. Après avoir eu peur de monstres imaginaires dont il se foutait l’épisode d’après dans la saison 1, avoir exploré et vécu dans une grotte qu’ils ont abandonné ensuite sans raison, redouté les « Autres » qui vivraient sur l’île, rencontré une folle dingue appelée « Rousseau » dont ils se foutent ensuite éperdument, exploré un navire échoué au milieu de l’île pour y trouver de la dynamite, s’être plus ou moins entretués, faire des petites secrets parce que sinon on s’ennuie, avoir trouvé deux bunkers, les avoir explorés mais s’en tamponner joyeusement le haricot juste après, avoir fait explosé le premier juste histoire de voir ce que ça ferait… les « Disparus » s’affrontent maintenant avec les « Autres. »

Dans l’épisode 1, Jack, capturé par les « Autres » soudain a des souvenirs de son ex-femme et de comment le prénom du mec pour lequel elle l’avait quitté l’avait hanté, il fut un temps. Parce que c’est vrai que lorsqu’on est emprisonné sur une île au milieu du Pacifique par une bande de cinglés, c’est le genre de truc qui vous bouffe: « putain, cette salo***, comment s’appelait le mec avec lequel elle s’est barrée? »

Dans l’épisode 2, c’est au tour de Sun d’être pétrie de remords d’avoir trompé son mari… il y a deux ou trois ans avec un type lorsque son mari travaillait pour son père… Mais bon, faut dire, elle est tombée enceinte sur l’île, alors elle doit se sentir coupable… parce que c’est vrai qu’elle a que ça à penser: elle est embarquée dans une expédition contre les « Autres » qui ont capturé ses amis…

Dans l’épisode 3, Sawyer se souvient comment il est sorti de prison en dénonçant un autre prisonnier… le lien étant qu’il est lui aussi emprisonné par les « Autres. »

Dans l’épisode 4, on apprend que Locke avait pris quelqu’un en stop pour l’emmener dans une communauté hippie-chrétienne-survivors (donc sans doute avant l’aventure avec son père… enfin on suppose) où on cultivait du cannabis. Manque de pot: le type qu’il croyait être une sorte de fils adoptif s’est révélé être un flic infiltré! Ah vraiment, ce Locke, pas de chance, surtout de se souvenir de cela alors qu’il vient de voir une implosion non, non… pas de foufoune, mais de bunker et qu’il doit retrouver M. Echo, le faux-prêtre. Mais surtout: on découvre que Locke a appris à construire des sweat lodges comme les Indiens, à récolter et faire de la pâte de peyotl (même sur une île du Pacifique!) pour avoir des vision-quests shamaniques!

Justement, dans l’épisode 5, M. Echo se souvient de trucs dont il s’est déjà souvenu avant mais là c’est pas pareil, homme de peu de foi que je suis. Enfin bref, après avoir été animé par le désir de retrouver son frère dans la saison 2, l’avoir retrouvé puis s’en foutre pendant 10 épisodes et construire une église puis s’en foutre parce qu’il devait appuyer sur des boutons, là, le temps est venu de retourner retrouver son frère encore une fois, parce qu’entre temps, hé ben, le bunker a explosé. Vous voyez pas le rapport? Moi non plus, mais on s’en fout! Car les puissants scénaristes de Lost ont décide qu’il était temps que Echo meure. Donc, il retrouve le corps de son frère qu’il avait déjà retrouvé et là la méchante fumée noire le tue. Hop! Au revoir M. Echo (car il est dit qu’ils vont tous revenir ces morts…)

Bon, n’en jetez plus! Lost est clairement une série écrite par un groupe de personnes qui n’ont cure des personnages qu’ils ont inventés. Leur seule préoccupation est leur pseudo-intrigue qu’ils doivent adapter aux contingences de diffusion, au nombre d’épisodes commandés, etc. Or, leur concept (un groupe de naufragés sur une île s’aperçoit qu’ils ont des points communs et que l’île les y a amenés) est intéressant mais ne peut être étiré indéfiniment qu’au prix de terribles incohérences, les pires étant les injections de motivation, les lubies de chaque personnage qui s’activent au besoin des scénaristes pour retomber ensuite aussitôt, une fois l’épisode terminé. De fait, les personnages n’en sont pas, mais sont des instruments de carton-pâte au service des scénaristes dont l’écriture apparaît sans cesse. Du coup, la suspension d’incrédulité ne marche jamais, on voit qu’on regarde un produit formaté, un gimmick.

Alors pourquoi est-ce qu’on continue? Parce que ça se regarde facilement, parce que c’est, comme je le disais, une vraie leçon d’écriture par le contre-exemple, parce que derrière tout cela, je reste curieux de voir le fin mot de l’histoire, les concepts de base étant, je l’ai déjà dit également, intéressants.

Mais plus foutage de gueule, tu meurs.

Lost, la série post-moderne: tu regardes parce que c’est nul et que tu as la distance qui te permet de l’accepter. C’est un peu la « Nouvelle star » de la série TV. (J’écris cela car des amis, autrefois, en 2003, me disaient qu’ils regardaient la « Nouvelle star » tout en sachant que c’était nul… Suis-je donc autant hypocrite?)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s