The Manticore de Robertson Davies

Deuxième opus de la trilogie de Deptford, écrite par Robertson Davies, écrivain canadien. Le premier tome de cette trilogie s’appelait Fifth Business, et j’en ai fait une critique ici.

Dans ce second volume nous suivons la thérapie de David Staunton, fils du célébrissime Boy Staunton, le roi du sucre. A la mort de son père, David reste persuadé que ce dernier a été assassiné. Son corps a été retrouvé dans un canal, à l’intérieur d’une voiture et les médecins légistes ont retrouvé une pierre dans sa bouche. Alors que tous les officiels concluent au suicide, David n’y croit pas, probablement parce que l’image qu’il a de son père ne tolère aucune faiblesse de la sorte.

Quelques semaines plus tard, il assiste à une représentation du célèbre magicien Magnus Eisengrim. La représentation l’énerve et au bout de quelques minutes il se voit debout en train d’hurler à toute l’assistance « Qui a tué Boy Staunton ». A ce moment David comprend que quelque chose ne tourne pas rond. Avocat brillant, alcoolique notoire, il avait su jusqu’à présent se maintenir dans les limites de la bienséance. Son esclandre lui fait comprendre qu’il perd les pédales. Après l’échec d’une autocritique personnelle (le juge Staunton comme il aime à s’appeler), David quitte Toronto pour Zurich et pour une thérapie en bonne et due forme avec le Docteur Zeller. Au début dubitatif quant à l’efficacité d’une thérapie (parce qu’il ne croit pas en la psychanalyse et parce que le docteur Zeller est une femme), il se prend au jeu et livre ses pensées intimes, ses souvenirs, ses rêves…

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé ce livre, uniquement parce que la forme de la narration m’a profondément ennuyée au bout d’une centaine de pages. Dans son précédent roman, Robertson Davies expliquait sa narration par le fait que le personnage principale Ramsay, devait écrire ses mémoires (ce dernier parti à la retraite avait fait l’objet d’un article et n’aimant pas le portrait qu’on faisait de lui, il a préféré rédiger ses mémoires pour se rendre justice). Dans ce deuxième tome, Robertson se sent encore obligé de justifier sa narration. Cette fois, la narration est justifiée par les séances de psychanalyse. Le livre est donc dans son intégralité (a l’exclusion du dernier chapitres de quelques pages) un dialogue entre David et le docteur Zeller, dialogue qui se transforme le plus souvent en monologue quand David doit raconter des épisodes de son enfance, ou de son adolescence. Le procédé est vite fatiguant.

D’autant que l’autre problème du livre, est le manque d’intérêt que j’ai pu ressentir par rapport à ce personnage de fils de riche, bouffé par la présence paternel et qui arrive à s’assumer en tant que David à la mort du paternelle, mort physique puis psychologique quand grâce à la thérapie, David apprend à sa détacher de la figure du père.

On est dans le stéréotype classique de la relation père-fils. Et les quelques séances de psychanalyse ne permettent pas de singulariser ce roman. On a droit à tous les clichés de la thérapie: le patient d’abord suspicieux, puis confident, amoureux et enfin indifférent.

Et j’avoue me foutre complètement de ce David Staunton.

Reste une question: pourquoi ce romancier se sent-il obligé de justifié sa narration? Parce que visiblement le troisième tome, on a encore droit à une justification foireuse: le personnage principal participe à l’écriture d’un film sur sa vie.

Mathieu avait aimé ce deuxième tome (je crois même me souvenir qu’il le préférait aux deux autres), je vous enjoint donc d’aller jeter un œil sur sa critique pour avoir un avis différent.

Il avait détesté le troisième. Du coup j’hésite, est-ce que moi je vais l’adorer…

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