Falaises d’Olivier Adam

Ce roman se présente comme une autobiographie (même si selon certains critiques il y a doute quant à savoir si le narrateur et l’auteur sont la même personne. Personnellement, j’ai lu de bout en bout en me disant que le narrateur n’était rien d’autre qu’Oliver Adam himself).

Le personnage principal a l’habitude de se rendre tous les ans à Etretat là où sa mère s’est jetée des falaises alors qu’il n’était qu’un jeune enfant.

Dans l’hôtel, alors que sa femme et sa fille dorment, il erre dans la chambre puis à l’extérieur. Pendant toute la durée de la nuit, il va revivre les moments clés de sa vie: le suicide de sa mère, la brutalité de son père, le départ de son frère Antoine à l’âge de 17 ans (et qu’il n’a pas revu ou si peu depuis), son propre exil, l’alcool, le sexe, etc.

Tout ce qui tourne autour de ce personnage peut se résumer en peu de mots: mal-être, violence, sexe, suicide. A noter que la seule construction narrative de ce livre vient du fait qu’il évoque ses souvenirs lors d’une nuit uniquement. Le reste ne tient que du témoignage sur l’intime. On retrouve les clichés du roman français à savoir parler de soi et de soi uniquement, de ses défonces et de ses baises occasionnelles (les mots sont tirés du livre).

Bref c’est ennuyeux, et absolument pas original. Il n’y a pas à proprement parler de projet littéraire, pas d’écriture non plus. L’auteur se contente de se raconter. Alors en tant que témoignage cela peut être intéressant (quoique) mais en tant qu’objet littéraire, c’est insipide. Comme je le disais la seule concession littéraire réside dans le choix de l’auteur d’imaginer sa confession en s’imposant une limite de temps et de lieu (une chambre dans un hôtel la nuit). Limite qu’il dépasse allègrement lorsqu’il évoque ses souvenirs et qui pourrait très bien ne pas être là tant elle ne sert à rien (si ce n’est se donner l’illusion d’écrire un roman et non un témoignage).

Lors d’un stage Roll, l’un des intervenants nous a présenté un logiciel capable d’évaluer la lisibilité des textes (le logiciel prend en compte la complexité du vocabulaire et de la syntaxe). L’objectif est de vérifier que les textes choisis en Roll sont bien accessibles aux élèves de cycle 3 ou de collège. Aussitôt j’ai pensé à Marc Lévy (je sais pas pourquoi) et je me suis dit que je testerai bien le logiciel sur ces romans, histoire de voir à quel niveau de lecture ils s’adressent (je parie sur un niveau CM1-CM2). Bon j’ai pas encore le logiciel, mais je vais aussi le testé sur Olivier Adam, parce que question vocabulaire et syntaxe on doit pas être loin de la 6ème.

Est-ce que les écrivains français parlent de thèmes d’adultes (surtout sexe, défonce et estime de soi) avec un vocabulaire et une syntaxe d’élèves de secondaire?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s