Agora d’Alejandro Amenabar

IVème siècle après J.C, la ville d’Alexandrie est dans la confusion la plus totale. L’armée romaine est toujours présente mais perd de son influence sur la ville, les chrétiens sont de plus en plus présents et les affrontements avec les païens se multiplient. L’agora est le théâtre de ses affrontements entre religieux: des miracles chrétiens y sont constatés tous les jours et les idoles polythéistes y sont souvent profanées. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, la brillante astronome Hypatie poursuit ses cours avec ses disciples, loin des batailles religieuses, professant une tolérance qui sied mal à l’époque.

Suite à la profanation de leurs idoles,  les paiens décident de s’en prendre aux chrétiens. Surpris par le nombre de chrétiens présents à Alexandrie, les païens se retrouvent rapidement acculés dans la Grande Bibliothèque. Ils demandent alors l’arbitrage de Rome, qui finit par leur garantir la vie sauve à la condition qu’ils renoncent à la bibliothèque. Hypatie en hâte tente de sauver quelques manuscrits des mains des chrétiens, mais doit se résoudre à abandonner ses cours et ses recherches.

Quelques années plus tard, la domination des chrétiens sur la ville est quasi-absolue. Hypatie ne doit plus sa survie qu’à son amitié avec le préfet romain encore présent dans la ville mais fortement contesté.

Le film est profondément ennuyeux, sans qu’on sache réellement quel est le problème. Certaines scènes sont intéressantes, comme celle où Hypatie manque de se faire violer par son esclave ou celle où elle meurt. Les plans sur la ville d’Alexandrie (notamment sur le phare et sur la bibliothèque) sont impressionnants. Et c’est à peu près tout.

Pour le reste, le scénario n’explore pas à fond le contexte historique et politique. Les enjeux politiques manquent cruellement je trouve. Les personnages sont fades (même Hypatie).  Le péplum se définit généralement par ses personnages charismatiques et ses scènes épiques. Rien de tel dans ce film. On sent que le réalisateur a voulu donner de l’ampleur à ses scènes et à ses personnages, mais sans y parvenir réellement. Au final, la mise en scène est poussive, parfois elle frise l’arrogance. Le réalisateur multiplie les contre-plongées et les plans sur la Terre comme s’il cherchait à élever son propos. En vain.

Certes, on voit les fesses de Rachel Weiss, mais c’est à peu près le seul intérêt du film (et encore on les voit pas beaucoup). Un film à voir tranquillement chez soi.

— LN

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« Cela aurait pu être bien » est le bilan que j’ai eu en sortant de ce film dans lequel on voit Rachel Weisz se démener pour tenter de donner corps (et pas seulement chair) à son personnage, mais en vain. Effectivement, il est difficile de pointer exactement ce qui cloche, mais l’ensemble est bancal, mal fichu, mal fagoté, poussif, trop long, parfois ennuyeux, parfois frustrant (tu vas nous montrer un peu ce que ça signifie vraiment de vivre à Alexandrie au IVe siècle? a-t-on parfois envie de hurler au réalisateur).

Effectivement, la réalisation « Google Earth » frise parfois le ridicule, mais ces plans ont un grand mérite: ils nous amènent à réfléchir. Prend-on de la hauteur, afin de se rendre compte que les agitations frénétiques et fanatiques de ces insignifiants humains au nom de dieux assoiffés de sang sont aussi vaines que les échos qu’elles rencontrent dans le vide de l’espace? Ou est-on avec Dieu qui contemple Ses créatures sans intervenir? Les deux interprétations, l’athéiste et la croyante, sont toutes deux valables et valides.

D’autre part, le film le dit clairement: toutes les religions sont fanatiques cars basées, notamment le christianisme et les monothéismes, sur la frustration sexuelle. La thèse, ou en tout cas le propos de cinéma, est intéressante mais très mal développée (peut-être n’était-il pas sûr de la pertinence de sa vision?). Quoiqu’il en soit, les religions n’en sortent pas grandies et le mérite du film est de nous montrer, un peu, si peu, les mécanismes du fanatisme. Là aussi, bon point, même si « aurait pu mieux faire » est de circonstance.

Pour le reste… pas grand chose n’est encore présent dans mon esprit une semaine après la séance de cinéma. J’avais un peu d’espoir: Rachel Weisz incarnant Hypatie, philosophe, astronome païenne mais en réalité athée du IVe siècle: tout pour me plaire. Résultat: un réalisateur qui passe à côté de son sujet.

Cela aurait pu être un bon film…

— Mathieu

 

 

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