Sherlock Holmes de Guy Ritchie

Une nouvelle fois, le brillantissime Sherlock Holmes aidé de son acolyte le docteur Watson, a réussi à déjouer les funestes desseins de Lord Blackwood. L’inspecteur Lestrade arrivé sur les lieux en retard, ne peut que constater la réussite de Sherlock Holmes : la jeune fille envoûtée par Lord Blackwood a été libérée saine et sauve et ce dernier a été capturé. Quelques jours plus tard, Lord Blackwood est condamné à mort pour pratique de la sorcellerie noire et pour le meurtre de six jeunes femmes. Avant son exécution, le Lord anglais demande à voir Sherlock Holmes. Pendant leur entretien, Lord Blackwood promet à Sherlock Holmes qu’il reviendra et que trois morts couronneront son retour. Sherlock Holmes ne prête pas attention aux divagations du condamné jusqu’au jour où il apprend que le mort, après avoir été pendu et dûment enterré, s’est réveillé et hante les rues de Londres. Sherlock Holmes a beau ne pas croire en la magie noire, il n’en demeure pas moins qu’il veut arrêter le criminel.

L’adaptation par Guy Richtie de Sherlock Holmes est assez conforme à ce qu’a fait ce réalisateur précédemment : c’est flashy, dynamique, un brin excessif parfois et le film manque cruellement de scénario. Certes le film est plaisant à voir, les deux acteurs se débrouillent plutôt bien dans leurs rôles respectifs, on est assez loin de l’ambition des livres mais le problème n’est pas là. Il me semble que le scénario est un peu court et qu’il ne s’agit que d’un prétexte pour mettre en scène Sherlock Holmes et le docteur Holmes, et pour ménager dans le prochain film l’arrivée de Moriarty. L’intrigue tire en peu en longueur et la réalisation est parfois poussive : ralentis en excès, décors somptueux mais parfois franchement mégalo (notez le nombre de bateaux sur la Tamise, c’est hallucinant). Et la dernière demi-heure du film est ennuyeuse.

Un divertissement donc. Un bon divertissement parfois. Mais on pouvait s’attendre à une intrigue plus relevée, une intrigue finalement plus digne de son illustre enquêteur.

— LN

J’ai largement aimé ce Sherlock Holmes à la sauce Robert Downey Jr. J’avais pourtant de grandes inquiétudes, d’autant plus grandes que j’ai récemment relu les deux premières aventures du détective (avec beaucoup de bonheur d’ailleurs): peur que Downey Jr en fasse trop et que je me lasse de son numéro (qu’il ressasse depuis « Iron Man »), peur de la lourdeur de Guy Ritchie (notamment dans les effets de manchette de réalisation). Ces peurs se sont avérées largement fondées mais, paradoxalement, l’ensemble m’a réjouit.

Car Guy Ritchie use et abuse des ralentis puis des accélérés; sa vision de la prodigieuse capacité de Sherlock Holmes à analyser froidement et ultra-rapidement chaque situation appliquée au combat est largement réductrice (il n’a réussi à moderniser davantage cet aspect du personnage autrement que dans la baston, c’est dire le niveau du type…). La photographie est surchargée; les plans sont surchargés; le Londres victorien apparaît comme une sorte de cauchemar gothique; la musique est tellement emphatique qu’elle en devient ridicule. Robert Downey Jr en fait des caisses. Il en rajoute et en sur-rajoute en permanence. Jude Law, en Watson, est encore pire.

Bref, tous les défauts attendus étaient au rendez-vous. Et pourtant, j’ai passé un bon moment. J’ai ri, j’ai aimé les situations, j’ai aimé l’intrigue (même s’il y a un vrai coup de mou vers la fin avant le dénouement final qui d’ailleurs part un peu en sucette), j’ai aimé le côté buddy-movie, j’ai aimé l’outrageante légèreté de l’ensemble.

Car, en relisant Conan Doyle, on s’aperçoit que Sherlock Holmes est ultra-moderne (idée qui est confirmée par mes lectures récentes sur l’Angleterre au XIXe siècle). Le monde moderne a été inventé à Londres au XIXe siècle. Sherlock Holmes est notre scientifique sexy du nouveau millénaire. Une sorte de Sheldon mâtiné de Bono. Et sur ce point, le film réussit ce pari, à savoir nous montrer la modernité de ce personnage.

— Mathieu

 

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4 réflexions sur “Sherlock Holmes de Guy Ritchie

  1. Eh oui c’est ma soirée… En tant que fan de Sherlock j’ai regardé  ce film avec moult  suspicions (ça ce dit ?) Ok avec tout tes commentaires, et en effet même si le film en fait trop (l’analyse de combats  gloups ! par Holmes ridicule ) bon on passe un bon moment mais c’est du Holmes ultra-light et hollywoodesque. Enfin, on trouve quand même de bons clins d’oeil pour les connaisseurs, le perso d’Irène Adler par exemple une des rares personnes à avoir mis Holmes en échec dans les romans et une femme en +, pour l’époque c’était trop fort. Sinon pour l’anecdote Moriarty a été créé par Doyle pour se débarrasser de Holmes car il en avait marre du succès de son personnage qui éclipsait ses autres oeuvres. Il à donc été créé uniquement pour tuer Holmes, étonnant non ?!    

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  2. raaaahh… j’aim ebien wtason… c’est sans doute celui qui est le plus éloigné du perso du bouquin… et la musique de Zimmer contribue à la légèreté du tout (bon là je suis pas objectif non plus, je suis fan de Zimmer)… mais dnas l’ensemble je me retrouve dans vos critiques (j’ai trouvé particulièrement mauvaise l’actrice qui joue la femme de Watson).

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  3. Hé, dis-donc, tu serais pas atteint du syndrome Avenger toi question orthographe? 😀 En fait, Watson version Jude Law n’est pas si éloigné que ça du Watson originel, car ce dernier est quand même un vétéran des guerres afghanes, rentré suite à une blessure, ce qu’il veut dire qu’il était sur le front. Il est décrit comme étant plutôt petit et trappu mais pas bedonnant, ce qui est la version des téléfilms et même de Miyazaki. Bon, cela dit, lui prêter la tête toute lisse de Jude Law c’était peut-être un peu trop. Du coup, en reparlant de la fiancée de Watson, celui-ci la rencontre lors du deuxième opus, on peut donc situer l’action de ce film quelque temps après. Dans mes lectures, je ne suis pas encore arrivé à Moriarty. Ca me donne envie de continuer. Sinon, pour revenir sur ce que disait Hélène à propos de ce film qui ne sert qu’à introduire Moriarty, je trouve cela plutôt bien vu: j’aurais été déçu si Moriarty était apparu dès le premier film; cela aurait réduit son impact. De plus, je trouve qu’introduire le futur grand méchant par touches successives (mais pas forcément subtiles) lors du premier film est là aussi positif. L’enjeu monte progressivement et nous spectateurs qui savons qui est Moriarty avons la satisfaction d’en savoir plus que Holmes et notre anticipation n’en est que plus grande. Et il fallait au moins cela pour le Professeur. Du coup, j’attends fermement la suite et ce, avec quelques exigences supplémentaires, notamment moins d’effets de manchette côté réalisation/ photo/ musique, plus de profondeur dans l’intelligence analytique de Holmes et plus de scénario, digne du maître du crime et archennemi de Holmes.

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