World of Wonders de Robertson Davies.

https://i1.wp.com/images.indiebound.com/143/039/9780143039143.jpgFin de la trilogie avec ce tome 3 plutôt désagréable à lire.

Petit rappel des « épisodes » précédents: dans le tome 1 « The Fifth Business« , on suivait le destin de Ramsay Dunstan, un éminent universitaire passionné par l’histoire des saints. Cette passion, comme il nous le racontait dans ses mémoires, lui était venue suite à un incident malencontreux. Son ami Percy Staunton voulant lui jeter par jeu une boule de neige en pleine tête, avait raté sa cible et touché Mme Dempsey alors enceinte. Jeu puéril, plutôt méchant puisque Percy avait placé dans la boule de neige un caillou, mais qui n’aurait pas du engendrer tant de conséquences. En effet, la femme accouchera quelques heures plus tard d’un enfant prématuré – Paul Dempsey – et elle gardera de cette mésaventure une folie perpétuelle. Folie qui d’après Dunstan l’a rendue sainte.

Dans le tome 2  » The Manticore« , nous suivions la thérapie de David Staunton, fils de Percy Staunton, hanté par la mort brutale de son père. Longue thérapie qui permettait à ce fils de se détacher de son papa.

World of Wonders s’intéresse cette fois à Magnus Eisengrim, plus connu du lecteur sous le nom de Paul Dempsey. Dans le premier tome, Dunstan avait appris la disparition de Paul peu de temps après que la famille Dempsey ai quitté Deptford. Runstan retrouvait Paul quelques années plus tard, magicien illustre connu sous le nom de Magnus Eisingrim. Dans ce roman, Magnus est sollicité par des cinéastes qui souhaitent faire un film sur Houdin. Sachant que Magnus est le plus grand magicien de l’époque, ces cinéastes souhaitent intégrer Magnus à leur film hommage, d’une part pour mieux comprendre ce qu’est la magie, et d’autre part pour faire un parallèle entre les deux magiciens et ainsi en dévoilant Houdin dévoiler Magnus (ce qu’ils expliquent à longueur de roman par la notion de subtext).

D’abord réticent à l’idée de se confier à des inconnus, Magnus se prend au jeu, flatté par l’attention que ces gens lui portent. Ainsi on apprend ce qui est arrivé à Paul lors de sa disparition. Le fait est remarquable, je ne peux résister à la tentation de le raconter. Paul, épris par la magie, échappe à la surveillance de son père pour aller voir des forains établis depuis peu dans la ville. Lors du spectacle, il tombe sous le charme d’un magicien, William. Charme qui disparaît peu après lors que William l’entraîne dans les coulisses et le viole brutalement. Les événements se précipitent pour William, lorsqu’il veut se débarrasser de l’enfant: Paul se met à vomir puis s’évanouit, alors que William lui demande de partir. Ne sachant que faire, William cache l’enfant évanoui dans une valise et le fait partir avec la troupe des forains. Quelques jours plus tard, il se confie aux autres membres de la troupe qui devant le fait accompli décident de garder l’enfant et de le faire jouer dans leur spectacle. Paul devient, pour de nombreuses années, l’assistant de William et son jouet sexuel. ET ce n’est qu’à la mort de William que Paul pourra enfin se soustraire au monde des forains pour devenir, après un passage par le théâtre londonien, Magnus Eisengrim.

Encore une fois l’auteur se sent obligé de justifier sa narration: après l’écriture de mémoires, après la thérapie, voici la réalisation d’un film qui vient justifier le fait qu’un personnage puisse raconter son histoire. Cette obligation est  ennuyante et artificielle. Pour le reste le livre est certes bien écrit mais vide de sens. On apprend beaucoup de choses sur la vie de Paul dans la troupe de forains, sur sa rencontre avec une troupe de théâtre mais tout cela n’éclaire en rien cette trilogie. J’irais même jusqu’à dire que pour un roman sur deux célèbres magiciens, la narration manque cruellement de magie. La dernière partie revient sur la mort de Boy Staunton, où on apprend qu’il s’est bel et bien suicidé avec le caillou qu’il avait mis dans la boule de neige. La trilogie fait donc une boucle sur elle-même, on revient sur deux moments cruciaux de cette histoire (la boule de neige et la mort de Staunton) mais d’une façon précipitée et un peu négligée.

Si bien qu’à part le premier tome qui m’avait vraiment plu, les deux tomes suivants m’ont profondément déçue.

— LN

Je ne suis pas aussi sévère que LN, même si je dois reconnaître avoir été également particulièrement déçu par ce tome dont j’attends beaucoup, Magnus Isengrim étant un des personnages les plus mystérieux et intéressants dans les deux tomes précédents. Néanmoins, je garde de la lecture de cette trilogie un bon souvenir, tant sur le plan du style (Robertson Davies écrit bien) que sur celui des thématiques abordées. Malheusement, la meilleure thématique, comment la réalité est imprégnée de magie, est très peu présente du dernier tomen, sans doute parce que Davies voulait opérer un renversement et parler de la réalité, en insistant sur le sordide, lorsqu’il parle de magie.

La fin m’a particulièrement intéressé lorsque Insengrim évoque la Magian world view. Pour en savoir plus, c’est ici.

— Mathieu

 

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