Une éxécution ordinaire de Marc Dugain

Le livre de Marc Dugain s’inspire en grande partie de la tragédie du Koursk (rebaptisé dans le roman Oskar), même si l’ambition de ce roman est de dépasser le cadre du fait divers.

Le début de ce roman est d’ailleurs curieux. En effet, le premier chapitre intitulé « Je ne suis que Staline » raconte les mésaventures d’Olga Atlman, infirmière réputée pour ses dons de guérisseuse et de magnétiseuse. Un soir des hommes du gouvernement se présentent chez elle et l’emmènent. Elle pense bien évidemment avoir fait l’objet d’une dénonciation et projete de se suicider en avalant une capsule de cyanure (elle et son mari gardent toujours sur eux une capsule au cas où ils seraient arrêtés). Elle se ravise et s’aperçoit rapidement qu’elle ne va pas vers les prisons gouvernementales mais bien vers la demeure de Staline. Ce dernier souffre de mal de dos et a besoin d’elle. Le soulagement est de courte durée, puisque Staline ayant besoin regulièrement d’elle, lui demande de trouver pour son mari une explication plausible à ses sorties nocturnes. Elle invente donc un amant bien placé dans le parti et demande le divorce dès le lendemain de sa visite à Staline. La mort de Staline vient in extremis sauver le couple de la séparation.

Le chapitre suivant « vertes années » nous fait avancer dans le temps, nous voilà en ex-RDA quelques années, quelques mois avant la chute du mur. Deux officiers de l’armée – un général et un colonel – discutent de la fin probable et inévitable de l’URSS. Dans le même temps, ils organisent une sorte de mise à l’épreuve d’un jeune officier qui désire entrer dans le KGB.

A ce moment du roman, aucun lien n’est fait entre les deux premiers chapitres et le thème central du livre à savoir la tragédie du Kourk. Cinq autres chapitres suivront où l’on apprendra que Olga et son mari auront un fils après la mort de Staline. Que ce fils est professeur d’histoire, et a deux enfants dont un garçon Vania qui est mort dans la tragédie du Kourk. On apprendra également que le jeune officier mise à l’épreuve n’était autre que Poutine (même si son nom est déguisé dans le roman comme le nom du sous-marin), autrement surnommé la belette et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour étouffer la tragédie du koursk.

Un parallèle est donc fait entre Poutine et Staline face à cette famille Atlman qui à deux reprises fera l’expérience de l’injustice des puissants (il est même dit à un moment que le grand-père de Poutine a été le cuisinier de Staline. L’idée centrale du roman est de démontrer que le pouvoir russe (même déguisé derrière un semblant de démocratie) n’a toujours que peu d’estime pour le peuple russe.

Personnellement, j’ai trouvé que ce roman ne parvenait pas à dépasser le simple cadre du fait divers. La comparaison Poutine/Staline est prometteuse sans pour autant être renversante. Le livre est agréable à lire mais (et c’est un comble pour un roman qui parle de sous-marin), il manque de profondeur et reste à la surface des choses. Certes le peuple russe est victime de ses dirigeants, mais il faudrait en dire plus sur leur rapport à la démocratie, au pouvoir et à eux-mêmes. Comme on dit souvent, on a les dirigeants qu’on mérite.

Quant au film, il est uniquement basé sur le premier chapitre. Ce qui est surprenant.

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