Reporters saison 1 d’Olivier Kohn & Alban Guitteny

Série TV diffusée en 2007 sur Canal +. Le série suit le quotidien de journalistes, certains employés par le journal « 24 heures dans le monde », d’autres employés par la chaîne de télévision TV2F.

Petite présentation des personnages principaux de cette série:

  • Thomas Schneider, journaliste reporter pour la chaîne TV2F. Spécialiste des reportages « coup de poing » genre infiltration dans les milieux skin, Thomas recherche le scoop à tout prix. Il incarne le journalisme actuel, dynamique, près à tout, pur enfoiré qui ne voit que l’intérêt de son propre reportage. Au début de la série, une personne le contacte pour qu’il s’intéresse à Paul Guérin, un homme proche du pouvoir politique et qui aurait bâti sa fortune sur la vente illégale d’armes.
  • Florence Daumal, journaliste de presse écrite spécialiste des affaires politiques. Elle n’hésite pas à utiliser son apparence et ses flatteries pour obtenir quelques infos politiques. Proche des milieux politiques, elle est sans cesse à la recherche d’un scoop.
  • Michel Cayatte, journaliste de presse écrite, collègue de Florence, il incarne le journalisme d’antan. Son ambition était à l’origine d’être un écrivain à l’image de Charles Bukowski. Malheureusement pour lui, il n’a jamais pu finir un roman et c’est grâce à son ami Albert Leheman qu’il va trouver une place dans le journal « 24 heures dans le monde ». Il est le spécialiste des faits divers mais cherche toujours à trouver le social derrière le crime. Il est celui qui enquête, celui qui soigne ses papiers. Il écrit peu mais à une plume reconnue dans le milieu.
  • Albert Leheman, directeur de la publication à « 24 heures dans le monde ». Il incarne lui aussi le veux journalisme, intègre, curieux de tout et soucieux de l’indépendance de son journal et de ses journalistes. Les problèmes financiers du journal vont le conduire à accepter certains compromis. Il est très proche de Michel.
  • Catherine Alfonsi, responsable de l’info sur la chaîne TV2F. Elle incarne les compromissions actuelles en terme de journalisme télévisuel: faire de l’info (du scoop le plus souvent) et faire de l’audimat. Elle est proche de Thomas dont elle suit les enquêtes avec intérêt et prudence.
  • Alain Massart, présentateur du 20 heure sur la chaîne TV2F. L’image type du présentateur. Il ne fait aucune investigation, suit les travaux de ces collègues pour voir comment il va « remplir » son journal. Soucieux de l’audimat et surtout de son apparence.
  • Jacques Barlier, Ministre de l’intérieur qui lorgne sur le poste de Premier Ministre. Proche des acheteurs de « 24 heures dans le monde », il souhaite faire du journal une tribune pour sa politique. Il compte pour cela sur la nouvelle direction et sur Florence Daumal.

La série suit le parcours de tous ses personnages, même si au milieu de la saison, l’intrigue se recentre sur l’enquête de Thomas et sur l’enlèvement de deux journalistes. Les deux affaires qui a priori n’avaient rien en commun, vont se rejoindre grâce à l’enquête de Thomas sur Paul Guérin.En effet, ce dernier va faire partie de la délégation française qui partira négocier la libération des deux otages. Les soupçons d’une éventuelle rançon, ainsi que les relations douteuses que Guerin entretint avec Barnier vont donner à cette prise d’otage un avant-goût d’affaire d’état.

Une série française produite par Canal+ (eh ouais) vraiment pas mal fichue même si l’intrigue aurait mérité un ou deux épisodes de plus. On voit les coulisses du journal télévisé ou d’un comité de rédaction. On apprend rien de renversant, mais l’ensemble est plutôt efficace. Les journalistes – notamment Florence et Thomas – sont sans cesse à la recherche de scoop. Véritable caisse enregistreuse, ils retranscrivent leurs informations sans les vérifier, les croiser ou mettre en doute leur source. Tous les journalistes du plus sympathique ou plus détestable se compromettent. Compromission quotidienne, par petites touches, sans conséquences immédiates mais qui au fil du temps contraignent le journaliste à faire des choix plus que douteux.

Mes personnages préférés sont Albert et Michel, journalistes qui veulent rester intègres, en vain. Les personnages les plus symboliques sont Thomas, qui cherche le scoop à tout prix, qui en a rien à foutre des autres et donc se corrompt un peu moins que les autres, et Florence, véritable caricature des relations douteuses entre politique et journalisme.

La saison 1 se clôt sur une victoire (provisoire?) du pouvoir politique sur le journalisme. Reste que Thomas et Florence ne veulent pas en rester là. Je n’ai pas encore acheté la saison 2, mais c’est pour bientôt….

— LN

Je suis tout simplement épaté par cette série qui allie qualité de l’écriture avec un sens du réalisme et du crédible ainsi qu’une réalisation efficace avec parfois même quelques moments de grâce (et d’autres plus bancals). La grande force de « Reporters » est sonéquilibre: le juste dosage de social, de politique, de géopolitique, de policier, d’espionnage permet de rester toujours sur le fil du rasoir de la crédiblité et de l’intérêt du spectateur. Les motivations des personnages sont parfois trop rapidement évoquées, mais au regard de l’ambition du sujet, une telle nécessité s’explique.

Le propos est de plus très intelligent: on voit les coulisses de l’information dans nos démocraties actuelles et on voit les collusions entre journalisme, politique et économie. Effectivement, le mécanisme de la petite compromission, de la petite faveur rendue à un politique en échange de telle ou telle information, d’un scoop ou d’une interview, est finement analysé et dépeint, notamment grâce au personnage de Florence Daumale.

Le personnage du directeur de la publication du journal papier (24h dans le monde qui rappelle furieusement Libération) qui doit faire face à de multiples contradictions entre les impératifs économiques de son journal, son désir d’indépendance et de qualité et ses relations avec l’équipe du journal est à cet égard tout à fait emblématique, particulièrement bien écrit et touchant.

Une bonne série, bien écrite, intelligente, équilibrée, loin des vulgarités sensationnalistes des séries récentes made in Canal+. Comme quoi, même avec les budgets limités de la télévision française, on peut produire des séries de qualité en France!

— Mathieu

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s