Mamers en mars II

Récit de la journée d’hier où nous avons vu quatre long-métrages et six court-métrages.

A la première séance, nous avons deux court-métrages: Les bons tuyaux d’Olivier Riffard qui raconte l’histoire d’un homme qui veut se suicider après avoir constaté l’échec cuisant de son existence. Seul problème, il ne sait pas par quel moyen se tuer: la corde, la javel, les lames de rasoir, autant de possibilités et de morts atroces. Finalement la vie lui apportera une solution tout simple. Un court-métrage français très drôle, très inventive (le générique raconte par l’image la vie de cet homme et ses éches consécutifs), bref une très bonne surprise.

Le deuxième court-métrage Gilles Corporation raconte comment Gilles, agriculteur à Troyes dans l’Aube, a trouvé une solution pour vaincre la crise: ourvrir un élevage de Parisiens, très prisés en Chine. Gilles capture un parisien avec un piège i-phone et en le croisant avec une poule arrive rapidement à un premier élevage de quelques têtes. L’entreprise Gilles Corporation est lancée… Très drôle, avec de vrais plans de cinemascope. Bref deux court-métrages très réussi en début de séance, on était content.

Le premier long-métrage de l’après-midi Deliver Us from Evil est un film danois qui raconte l’histoire d’une petite ville de campagne à travers les périgrinations de ces habitants. Un choeur antique (joué par une femme) nous annonce dès le début du film la tonalité de cette histoire: tragique dans tous les sens du terme. La mort accidentelle d’Anna va entrainer une série d’événements aussi malsains que violents et révéler dans chacun des habitants de ce village leur pulsion brutale et leur goût prononcé pour les réglements de compte violents. Le film est très intéressant. La photographie est magnifique avec des couleurs toutes empreintes de noir et blanc. Le film va jusqu’au bout de sa logique, en mettant dos-à-dos la violence gratuite née de l’alcool et celle plus rationnelle nourrie de ressenti religieux et moraux. Un film dérangeant mais un vrai film de cinéma avec une narration originale (le choeur antique) et des choix de mise en scène audacieux (notamment les ralentis qui sont très bien utilsés). Pour l’instant mon préféré du festival.

La deuxième séance s’ouvrait également avec deux court-métrages, un français et un suisse. Le premier La Carte raconte la rencontre improbable entre deux personnages de carte postale (l’une en couleur, l’autre en noir et blanc) sur une plage française. Les effets spéciaux étaient sympa mais l’histoire en elle-même n’était pas très intéressante. Le deuxième court-métrage Donnant, Donnant est un ramassi de bons sentiments. Un néo-nazi va participer à sa premier descente avec ses potes, quand la police intervient et les pourchasse dans le métro. Alors qu’il se cache, il assiste à une bagarre entre deux gamins et une petite fille. Il intervient, sauve la gamine et s’aperçoit qu’elle est Noire. Et là, il comprend qu’il ne doit pas être nazi. Bof, bof.

Le deuxième long-métrage de cet après-midi était irlandais. Eamon raconte l’histoire d’un petit garçon du même nom qui dort toutes les nuits avec sa maman, alors que la papa est relégué au canapé. La relation fusionnelle qu’il entretient avec sa mère est malsaine, d’autant que ni la mère ni le père ne semblent être en mesure d’agir comme des adultes. Puisque Eamon est en vacances, la famille décide de passer une semaine dans un cottage au bord de la mer. Pendant cette semaine, les parents vont devoir s’occuper de leur enfant et l’assumer. Sauf que ce sont des catastrophes ambulantes et que le gamin à la fin du film va finir par les abandonner pur aller vers une autre famille (qui se trouve en vacances en Irlande). Le public a rit pendant toute la séance, moi j’étais attérée par ce couple d’enfants très malsains entre eux. Le film est intéressant mais on ne peut pas parler de véritable moment de cinéma. Il n’y a pas de grande audace dans la réalisation, la photogaphie est quelconque. Reste le jeu des acteurs, plutôt bon dans leurs rôles respectifs.

Et là pause pour aller manger un peu et se reposer.

Le soir, il y a vait deux séances: deux long-métrages et deux court-métrages. Le première séance s’ouvrait sur un court-métrage suédois Enfant de l’amour qui raconte l’histoire d’une magnifique gamine à la tête blond qui voit son quotidien bouleversé quand ses parents ramènent un chat à la maison. Le chat devient la coqueluche de ses parents, et elle se retrouve mise à l’écart. Pas compris l’intérêt du film, quelques scènes sont drôles, le public a beaucoup ri (visiblement le public veut rire) mais j’avoue ne pas avoir compris un traitre mot de cette histoire.

Le premier long-métrage de cette soirée The World is Big est un film bulgare, allemand, slovène et hongrois. En fait, il s’agit de l’adaptation d’un livre de Iliya Troyanov, un écrivain bulgare présent au dernier festival Etonnants voyageurs. Le film raconte l’histoire d’Alexandre qui devient amnésique suite à un accident de voiture survenu en Allemagne et dans lequel il a perdu ses deux parents. Son grand-père qui vit toujours en Hongrie décide de partir en Allemange le rejoindre quand il apprend la nouvelle. Alexandre ne le reconnaissant pas, le grand-père lui propose/impose un voyage en tandem depuis l’Allemange jusqu’à la Bulgarie pour qu’il retrouve peu à peu ses souvenirs. Le duo fera le trajet inverse des parents d’Alexandre qui avait fui la Bulgarie communiste pour aller vivre en Allemagne. Le coup de coeur du public visiblement au vu des quelques réactions après le film. Ca ne m’étonne pas finalement. Le film est gentillet, très conventionnel, pas dérangeant pour un sou, plutôt drôle (le public aime rire) et assez mièvre mais ici on appelle ça de la tendresse. Pour moi, c’est typiquement le film qu’on a vu tous au moins trente fois dans sa vie, il n’est pas mauvais, juste très prévisible et très convenu.

La deuxième séance s’ouvrait sur un court-métrage franco-israëlien, Lost Paradise. L’histoire plutôt bien faite de deux amants qui se retrouvent dans une chambre d’hôtel pour faire l’amour. Alors qu’ils ont partagé des moments d’intimités très sensuels, leur comportement changent au moment où ils se rhabillent. Mathieu a trouvé ça très prévisible, mais j’ai relativement bien aimé.

Et enfin le dernier film de la soirée, Kaifek Murder. Un thriller allemand sur de vieilles légendes liées à la célébration de Noël et de l’Epiphanie (Mathieu vous racontera ça plus en détails probablement mais il s’agit en fait des légendes qui tournent autour des douze jours qui séparent Noël de l’Epiphanie, douze jours pendant lesquels le diable est présent et Dame Pertcha, aidée des Pertchen doit lutter contre lui). Mathieu en trépignait d’avance sur son fauteuil. En fait, le film s’ouvre sur l’évocation de ces légendes, mais glisse très rapidement sur un thriller plus classique, proche de The Village. C’était pas mal, pas trop effrayant, on comprend rapidement le denouement du coup la fin parait un peu longuette. Et Mathieu au retour était reparti sur l’impossibilité de faire des bons films sur les fées (à part le Labyrinthe de Pan, décidément).

Globalement on est plutôt contents de cette journée, on avait peur de ne pas tenir jusqu’au soir. En fait ça va, on s’habitue progressivement à l’ambiance. Le public est très bizarre, il rit à tout moment et parfois de façon éronnée. Mathieu a continué son approche de Julien Honoré. Alors qu’il nous ramenait deux thés, Julien l’a bousculé en voulant se planquer derrière lui (il venait de balancer un truc sur quelqu’un). Ils sont drôles ces acteurs. Quant à moi je me suis rendue compte en lisant le Maine Libre (eh oui y a que ça à lire sur place entre deux séances) que la jeune femme à qui on avait parlé vendredi soir pendant qu’on mangeait (et à qui j’avais dit de ne pas s’inquiéter pour ses couverts parce qu’elle devait partir et qu’on allait s’en charger) est une actrice membre du jury.

— LN

Pas grand chose à rajouter pour le moment si ce n’est que Deliver us from Evil est également mon film préféré pour le moment: très beau, très construit, un travail sur le son très bien vu et très dérangeant. Je prévois d’en écrire une critique.

Kaifer Murder est d’autant plus décevant que les légendes liées à Dame Perchta (Berchta, Berthe) ou encore Dame Abonde ou Satia sont passionnantes. Il y avait matière à faire autre chose et bien mieux qu’un simple thriller qui répondhttps://i2.wp.com/crushevil.co.uk/blogimgs/perchta.JPG aux codes du genre comme autant de passages obligés et sans intérêt. Mais pour cela, il aurait fallu avoir le courage de prendre des risques, de ne pas faire un film ancré dans un genre.

(D’ailleurs, si l’on compare avec Le Labyrinthe de Pan, on s’aperçoit que ce dernier n’était pas vraiment un film historique, ni un film fantastique, ni un un film d’angoisse ni un film de fantasy mais oscillait entre tous ces genres, prenant des éléments à chacun, les transcendant tous pour livrer un film à part, son propre genre — la définition même du chef d’oeuvre. Sans doute d’ailleurs est-ce pour cela que le Labyrinthe n’a pas eu le succès qu’il méritait et a eu une sortie cinéma et une couvertue médiatique indignes de sa qualité: les oeuvres qui ne sont pas facilement cataloguables sont mal médiatées, mal distribuées.)

Quoiqu’il en soit, le plus grand défaut de Kaifek Murder est son incohérence due à des trous béants dans le scénario. J’en ferais peut-être une critique plus tard mais passée la déception que les légendes de Perchta ne soient (encore une fois) qu’un prétexte à un thriller on ne peut plus convenu, le thriller en tant que tel ne tient pas la route et la fin vire au ratage complet.

Quant à Julien Honoré, aujourd’hui, je conclue! 🙂

— Mathieu

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s