Mamers en mars III

Aujourd’hui, dernière journée du festival Mamers en mars. Au programme deux court-métrages et deux long-métrages.

Le premier court-métrage Corps à Corps raconte l’histoire de Raphaëlle qui travaille comme femme de ménage dans un gymnase. Très peu sûre d’elle, Raphaëlle entretient des rapports difficiles avec les autres. Un soir alors qu’elle rentre de son travail, elle est agressée par deux jeunes hommes. Cette agression va aggraver ses problèmes de relation, à tel point que la jeune femme va peu à peu rejeter sa féminité. De belles images de corps en mouvement illustre cette histoire d’une femme ayant justement des problèmes avec son propre corps. Un sujet pas facile à traiter dans le cadre d’un court-métrage. Le mérite est donc d’autant plus grand pour ce réalisateur qui arrive à traiter ce sujet avec conviction et pudeur.

Après ce court-métrage, était projeté Jean-Charles, un film britannique sur les immigrés brésiliens à Londres. Jean-Charles est originaire du Brésil, mais il vit depuis un certain temps à Londres. Il travaille comme électricien non déclaré sur des chantiers de restauration et passe son temps en petits trafics en tout genre: carte de séjour, travail au noir, etc. Jean-Charles est présenté comme un bienfaiteur pour la communauté brésilienne de Londres puisqu’il n’hésite pas à aider ses compatriotes à trouver du boulot, trouver des papiers etc. Sa vie londonienne est bouleversée le jour où Londres est frappée par deux attentats terroristes. Dans quelques jours, Jean-Charles sera repéré par la police de Stockland Yard comme un terroriste présumé. Dans quelques jours, il sera abattu dans le métro de Londres. On se souvient tous de l’histoire de ce brésilien tué par la police britannique alors qu’il se rendait à son travail. Police britannique qui pensait à ce moment-là que Jean-Charles était un terroriste et qui mettra longtemps à reconnaître ses torts. L’intelligence du réalisateur tient au fait qu’il va au-delà du film à thèse, il en profite au contraire pour présenter cette communauté brésilienne de Londres, présenter l’ambiance à Londres au moment des attentats. La prise de conscience de cette tragédie devient une évidence et le réalisateur n’a alors pas besoin d’insister lourdement. Plusieurs scènes extrêmement bien réalisées parce que très réalistes et très empathiques: celle des attentats où l’on voit juste un enfant jouer avec les pigeons qui s’envolent au bruit de la détonation, celle de la mort de Jean-Charles où la caméra jusqu’alors très proche de lui depuis le début du film va cette fois le filmer comme un suspect, comme le voit la police. Et la dernière celle où ses proches apprenant sa mort devant deux responsables britanniques désolés de la nouvelle mais persuadés d’avoir oeuvré pour le bien de tous. Un film digne des meilleurs Ken Loach, en moins politique mais en plus humain et social.

Enfin la deuxième séance de la journée et la dernière présentant des films en compétition. Le court-métrage La Sambra del Tiempo raconte la vie de Nina, une cubaine qui alors qu’elle n’était âgée que de 10 ans a été abusée par un touriste en voyage à Cuba. Aujourd’hui alors qu’elle vit pour la première fois une relation amoureuse avec un homme, elle veut oublier cette tragédie et lui confier ce secret. Malgré un sujet plutôt intéressant, j’ai trouvé la court-métrage un peu manièré. Certes l’histoire est grave, certes les prises de vues à Cuba sont magnifiques, mais le résultat est un peu prétentieux.

Le dernier film présenté à ce festival est probablement celui que j’ai le moins aimé. In the Land of  Wonders nous a été présenté comme un hommage/réécriture d’Alice au pays des merveilles d’où le titre du film et le nom de son héroïne. En fait la référence à Alice s’arrête là et ne va pas plus loin dans l’évocation du Alice original. Voici l’histoire d’une petite fille qui avait l’habitude de ramasser des débris de fer sur une ancienne base de l’Otan avec son oncle. En apprenant que son oncle développe un cancer à cause de la radioactivité de ces déchets, Alice comprend qu’elle aussi est  malade. Il lui faut donc de l’argent pour le traitement. Sa mère décide alors de partir pour l’Allemagne pour se faire de l’argent (en devenant une prostituée), elle confie Alice à son oncle, qui va lui-même la confier à un ami et de fil en aiguille, Alice se retrouve seule dans le vaste monde. Un long-métrage, long très long, j’ai du m’endormir au bout d’un moment.

Et c’était la fin de ce week-end festival. J’ai bien aimé l’ambiance du festival malgré des organisateurs pas toujours au fait de leur organisation (et une présentatrice « je vais faire court » ennuyée et ennuyeuse). J’aurai aimé des films plus différents et que les organisateurs nous expliquent leur choix et nous laissent parler plus avec les réalisateurs présents.

 

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