Shutter Island de Martin Scorcese

Le US Marchal Teddy Daniels est envoyé à Shutter Island, une île au large de Boston, pour enquêter sur la disparition de Rachel Solando. Rachel est une patiente de l’asile installé sur Shutter Island, un asile particulier puisqu’il n’accueille que des criminels dangereux. Teddy est épaulé dans son enquête par un autre détective, Chuck Aule. Arrivés sur les lieux, les deux hommes doivent mener l’enquête dans un milieu plutôt hostile: personnels peu bavards, patients impossible à interroger, et direction qui se cache derrière la protocole pour ne pas donner tous les documents relatifs à l’affaire. Rapidement, Teddy soupçonne déjà tout le personnel d’être de mèche pour nuire à l’enquête et empêcher sa résolution.

J’ai lu le livre de Dennis Lehane. J’avais plutôt bien aimé ce roman, très classique à mon avis mais c’est justement ce qui lui donnait une certaine valeur: un policier classique avec les valeurs/clichés de ce genre. J’avais donc lu le roman rapidement et avec plaisir (critique ici).

Deux choses m’étonnent après avoir vu l’adaptation de Scorcese. Premièrement que ce soit un film de Scorcese. La réalisation est prétentieuse, la musique est lourde, l’ensemble manque de subtilité et de simplicité ce qui était justement l’une des qualités du roman (Lehane s’était bien gardé de toute idéologie, il s’en tenait aux fondamentaux du genre). Deuxièmement la place accordée aux camps. J’avoue ne pas me souvenir à la lecture du roman que cela avait une telle importance. Certes, il était mentionné que Teddy avait participé à la libération d’un camp, mais c’était à ma connaissance à peu près tout. Sa paranoïa sur les expériences faites sur l’île était expliquée davantage par rapport au contexte et à l’époque (après-guerre et début de la Guerre Froide) et non par rapport à un quelconque trauma né de la libération des camps. Pourquoi donner tant d’importance aux camps, d’autant que les scènes produites sont nazes et que l’explication qui en découle (il a libéré les camps, d’où un traumatisme qui l’a conduit à devenir fou) est aberrante. Le lien unique avec sa femme suffisait à mon sens (et cest le cas dans le roman) à expliquer le personnage.

Si il s’agissait là d’un premier film, j’aurais dit qu’il n’était pas terrible. Comme il s’agit d’un Scorcese ma déception est plus grande.

— LN

Ce film se laisse voir: pas grandiose, pas mauvais. Par contre, pour répondre aux remarques d’Hélène, je pense que Scorcese est un cinéaste largement surévalué. En tant que cinéaste, à mon avis, ce policier de facture classique l’a attiré mais il lui restait à faire des scènes. D’où les scènes de camp, qui étaient intéressantes pour lui dans la mesure où elle lui permettait de visualiser le traumatise à l’origine du personnage et de l’intrigue.

— Mathieu

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