The Girlfriend Experience de Steven Soderbergh

Ce film raconte l’histoire d’un couple plutôt hors du commun : Christine/Chelsea (Sasha Grey) est une prostituée de luxe en freelance, et ne travaille que pour des clients très très fortunés. Chris (Chris Santos) est un coach sportif qui pour l’instant travaille dans un club de gym mais veut rapidement aller voir ailleurs pour développer sa propre activité. Ils vivent ensemble dans un magnifique appartement à New York, et alors que la campagne présidentielle bat son plein (entre Obama et McCain), eux ne rêvent que de jobs mieux rémunérés (elle pense à des clients à Dubaï et lui veut monter sa propre boite). Le couple fonctionne plutôt bien, jusqu’au moment où Christine rencontre un écrivain (elle envisage très sérieusement d’écrire un livre sur son expérience d’escort girl), et veut tenter une expérience nouvelle : partir en week-end avec lui sans être payée, juste pour être avec lui.

En terme de réalisation et de mise en scène, on est très proche de ce que Steven Soderbergh avait fait dans Bubble. Sauf qu’alors que Bubble se situait dans l’Amérique profonde, ici les personnages évoluent dans ce qu’on pourrait désigner comme le Rêve américain. D’ailleurs, le sujet, convenu et finalement problématique, ne compte pas tant que sa réalisation, très particulière pour du cinéma américain, parce que l’histoire est morcelée en une multitude de petites scènes de conversations et réorganisées de façon aléatoire. Il n’y a pas de linéarité dans ce film, bien au contraire tout est désorganisé, désorienté. Le film est très bavard, il n’y a pas d’action, mais beaucoup de scènes de dialogues entre Christine et ses clients, entre Christine et Chris. J’ai trouvé le film intéressant, difficile de dire si j’ai aimé mais j’ai trouvé intéressante cette tentative de Soderbergh de faire quelque chose de différent. Et finalement le film vaut pour sa description sociologique et presque psychologique des milieux financiers et économiques de New York. La photographie du film est très belle, des images parfaites, très lisses, parfois impersonnelles qui cadrent bien avec le propos du film.

— LN

Voilà un film intéressant. Soderbergh a ce mérite d’être un cinéaste qui veut explorer son art, avec plus ou moins de bonheur. On retrouve les ingrédients habituels des films de Soderbergh : dialogues très longs, montage très haché, caméra subjective, scènes non-expliquées, photographie d’une beauté formelle très lisse. L’ensemble dessine un portrait en creux de Manhattan, des yuppies, des chefs d’entreprise, des cadres en cette époque de crise. Satire sociale, avec le regard de cette call-girl ? Interrogation sur le couple, sur les valeurs morales de notre société ? On ne sait pas bien, et c’est peut-être là que le bât blesse. Il n’empêche cette exploration cinématographique, sociale, morale est particulièrement intéressante et extrêmement agréable à regarder.

— Mathieu

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s