Boy A de John Crowley

Un jeune adulte, environ 24 ans, sort de prison et est pris en charge par Terry, un assistant social, qui va l’aider à se réinsérer dans la société. Le jeune garçon prend une nouvelle identité, il devient Jack Burridge et Terry lui trouve du travail ainsi qu’une chambre où loger. On comprend rapidement que Jack est sous protection policière, que sa réinsertion pose problème, que son crime fortement médiatisé à l’époque complique son retour à la vie normale.

Quelques années auparavant, Eric vit mal la maladie de sa mère et le comportement de son père. Exclu à l’école, il trouve un ami en la personne de Philip, gamin déscolarisé qui enchaîne les entourloupes dans le quartier.

Adapté d’un roman de Jonathan Trigell, le film semble inspiré par le meurtre de James Bulger, qui avait défrayé la chronique en Angleterre, puisque ce jeune garçon de deux ans avait été torturé puis tué par deux garçons d’une dizaine d’années. Le film pose la question du retour à une vie normale pour un adulte ayant passé son adolescence en prison pour un crime de sang commis alors qu’il n’était qu’ un enfant.

Question posée par le film, mais auquel il n’apporte pas de réponses claires, et qu’il évite parfois. Le personnage de Jack (joué par Andrew Garfield, parfait dans ce rôle) est sympathique, on a clairement envie qu’il se réinsère (le réalisateur explique d’ailleurs qu’il a choisi cet acteur justement parce que son physique en faisait quelqu’un de plutôt sympathique et gentil). Reste la question de sa responsabilité dans le crime commis.

 Dans ce film, Jack/Eric est présenté comme un suiveur plutôt que comme un meneur, la scène du meurtre est occultée, du coup on ne voit pas réellement quel a été son rôle dans ce meurtre. A vouloir minimiser la responsabilité de Jack dans ce crime, le réalisateur parvient à maintenir le capital sympathie du personnage, mais il rate finalement son sujet.

 A noter que dans le livre de Jonathan Trigell, le jeune garçon ne commet pas de crime de sang mais est condamné pour un délit. Le réalisateur a donc transformé le délit en crime de sang, probablement pour faire écho à l’affaire James Bugler. Sauf qu’après il a du minimiser la responsabilité de son personnage pour maintenir l’adhésion du public avec lui. Ce faisant il évite le sujet délicat de la réinsertion des enfants criminels et rate son film.

— LN

 La critique d’Hélène est magistrale. Pourquoi choisir de passer du délit au crime si c’est pour ensuite esquiver la chose? Il n’empêche, ce film se distingue par sa subtilité, l’empathie pour les différents personnages et la démonstration que le pardon n’existe pas dans nos sociétés. L’histoire entre Jack/ Eric et sa nouvelle copine, son absence de peur face à la violence — tout concourre à donner un sentiment de tension grandissante jusqu’à ce que le drame éclate. La fin, même si elle est prévisible et manque d’originalité, montre bien l’impasse et la tragédie dans lesquelles le personnage est acculé. Pour lui, nulle échapattoire. Si ce n’est…

— Mathieu

 

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