The Infinities de John Banville

https://i0.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/51r9SRV2anL._SL500_AA300_.jpgMaison de la famille Godley. Adam père est dans le coma suite à une attaque cérébrale. Sa famille le veille: sa seconde femme, Ursula, son fils Adam (accompagné de sa femme Helen), sa fille névrotique Petra et le personnel de la maison. Hermès, observateur attendri et narrateur de cette histoire, suit avec délectations les errements de Petra, les atermoiement d’Ursula et la passivité d’Adam fils. D’autres dieux grecs le rejoindront: Zeus qui profitera de l’aubaine pour payer une visite érotique à Helen, Dionysos (ou Pan ou Bacchus appelez le comme vous le voulez).

J’attendais beaucoup de ce roman, en fait je pensais me lancer dans un très bon roman où je ne ressortirais pas déçue. Le fait qu’il soit écrit par Banville, les nombreuses références aux dieux grecs, à la science, les clins d’œil à la religion par le nom des personnages, l’unité de lieu (la maison) et de temps (une journée), tout concordait pour me faire espérer beaucoup de ce roman. Espoir déçu.

Si le début du roman est drôle, notamment la présentation des différents protagonistes par Hermès, à partir du moment où Zeus visite Helen dans son lit, le roman enchaîne les clichés sur les dieux olympiens et sur le monde humain à une vitesse hallucinante. Que Zeus envie les hommes pour deux choses: leur mortalité et leur sexualité (qu’il relie le plus souvent) ne constitue pas une découverte en soi (même le réalisateur de Troie l’avait compris, c’est dire). Hermès nous explique pourquoi son père visite les femmes humaines dans un chapitre assez long, sans aucun humour ni détachement comme si l’auteur pensait réellement nous dire quelque chose de fondamental. Ce passage m’a fait sortir du roman et à partir de là je n’ai vu que les défauts: longueurs, clichés, histoire qui n’avance pas, lourdeur dans les propos tenus.

Et puis une fois posé le cadre (cette maison) et les différents personnages (la famille et les dieux grecs qui l’observent), il faut bien faire avancer son roman et dire quelque chose. Or il ne se passe rien. On pouvait s’attendre à une mise en relation entre la vision des dieux grecs et celle d’Adam père, grand mathématicien, il n’en est rien. Je trouve même que la trame scientifique introduite par Adam père est sous exploitée. Alors que reste-il? Des clichés. Sur Heraclès, J. Banville nous fait même l’honneur de nous raconter la légende (au cas où on ne la connaîtrait pas). Sur Dionysos que l’auteur nous présente, par l’intermédiaire du personnage de Benny, une multitude de fois sans nous dire son nom réel. Mais il insiste tellement sur « je vous dis pas qui c’est, mais c’est le dieu du chaos », « je vous dis pas qui c’est, mais c’est le dieu le plus proche des humains », qu’à la fin on a envie de dire, c’est bon ça fait dix pages qu’on a compris qui il est.

Maintenant, je dois admettre qu’aimant beaucoup les précédents livres de Banville, j’avais peut-être trop anticipé celui-ci. Ce roman est quand même agréable à lire (notamment pour ceux qui ne connaîtrait pas Banville), par contre dans la bibliographie de cet auteur, il est très clairement en-deçà de The Sea, The book of evidence ou Mefisto. Un petit roman de Banville pour moi.

 

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