Le voyage de Mouri d’Ilya Boyachov

https://i2.wp.com/image.evene.fr/img/livres/g/9782070123681.jpgMouri est un chat. Il vit paisiblement en Bosnie et apprécie chaque jour son bol de lait et les souris qu’il chasse dans son jardin. Sa routine est bousculée le jour où la guerre éclate en Yougoslavie. Nous sommes en 1992, la guerre vient d’emporter la maison de Mouri et ce dernier n’a plus de lait, plus de souris. Se souciant peu de ses maîtres humains, Mouri décide de quitter son village pour retrouver ailleurs ce qu’il a perdu ici. Au fil de son voyage en Europe, Mouri va rencontrer des êtres fantasques et éclairants: un juif errant, une oie as du calcul mental, un cachalot héroïque, un chien philosophe, un alpiniste hémiplégique. Mouri fera sa révolution pour retrouver un chez-soi.Et partout, Mouri rencontrera des êtres ailés, invisibles aux humains, angéliques ou diaboliques, figures d’un destin volatil…

Ce roman se présente comme un conte philosophique sur l’idée du mouvement. La narration s’organise autour de deux paliers, deux niveaux de lecture. Un premier palier nous conte les errances de ce chat à la recherche de son bol de lait et qui n’a que faire des humains (à moins qu’ils le servent). Un deuxième palier nous présente cette fois les querelles entre deux scientifiques, l’un considérant que le mouvement qui est le propre de l’homme doit avoir un but, l’autre que le mouvement est un but en soi et qu’il n’est pas le propre de l’homme, que les animaux y particpent également. Il cite l’exemple des langoustes, des oiseaux migrateurs et du cachalot Dick. L’auteur rappelle d’ailleurs dans son début de roman que cette querelle est ancestrale, qu’elle s’est perpétuée des sages orientaux aux scientifiques contemporains.

Le livre est drôle, la discussion entre les deux scientifiques est assez souvent pertinente et même éclairante sur ce qui différencie (ou pas) l’homme de l’animal. Le mouvement sans but est-il le propre de l’homme? Il manque cependant à ce roman un troisième palier, un troisième niveau de lecture, celui de l’auteur qui pourrait nous éclairer sur le but de son récit. A moins qu’il n’y en ait pas et que ce récit ne soit qu’un pur divertissement, qu’un voyage sans but, ou dont le but est le voyage justement.

Je dirais que ce roman est intéressant à lire, même si pour moi il ne me semble pas abouti. Il me manque une fin ou une méta-interprétation donnée par l’auteur. Tout ne peut pas être vain à mon avis.

 

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