Shrek 3 de Chris Miller

Dans la série, regardons des navets…

Les épisodes précédents nous avaient laissés avec Shrek marié à Fiona, tous deux étant ogres et heureux de l’être. Ils avaient déjoué le complot ourdi par la fée marraine et son fils le Prince Charmant tandis que le Roi-Grenouille, révélé pour ce qu’il était vraiment, régnait sur le royaume de Fort Fort Lointain dans la joie et la prospérité.

Dans ce nouvel épisode, Shrek est confronté à un double dilemne: le Roi-Grenouille est malade et les deux ogres sont appelés à assurer la régence en attendant qu’il se rétablisse. Or, Shrek, en bon ogre des marais, hait les mondanités. De fait, lorsque le Roi-Grenouille meurt, lui révélant dans un dernier souffle qu’il existe un autre héritier, Shrek se précipite à sa recherche, d’autant plus vivement que Fiona lui annonce qu’elle est enceinte…

Accompagné de l’âne et du Chat Potté, notre héros vert et puant va donc retrouver l’héritier dans un lycée médiéval: il s’agit d’Arthur, le souffre-douleur de son école. C’est l’occasion alors d’une rencontre entre le monde de Shrek et celui des légendes arthuriennes.

Clairement, les auteurs de Shrek ont un problème: comment continuer à jouer du décalage entre leur héros principal – sale, puant et méchant puisqu’il est un ogre – et le fait qu’il est intégré au royaume, qu’il a été révélé comme foncièrement gentil dès le premier épisode? Or, ce problème, ils ne résolvent jamais et tournent autour du pot pour tenter de maintenir une fiction à laquelle on ne croit pas.D’ailleurs, c’est Shrek lui-même, lourdeur absolue d’écriture, qui est obligé de dire par sa propre bouche qu’il est méchant, qu’il est un ogre, qu’il n’est pas fait pour diriger un royaume, etc.

Deuxième problème: continuer de jouer sur ce qui a fait le succès du premier Shrek, la parodie des contes de fées en s’amusant du décalage entre les contes châtiés du XVIIe siècle, les contes populaires mais écrits au XIXe siècle, les histoires à lire aux enfants le soir et la familiarité, voire le pipi-caca qui nous avait fait rire. Sauf qu’au bout de trois épisodes, les rototos et les pets des ogres sont juste pas drôles; l’anachronisme de Fort Fort Lointain en Hollywood médiéval de contes de fées nous parait bien terne et il ne suffit pas d’écrire « Ye Olde » devant chaque élément de décor moderne pour nous faire rire. D’ailleurs, globalement, le film n’est pas drôle.

L’idée d’amener les légendes arthuriennes là-dedans aurait pu donné quelque chose, mais Arthur est un personnage plat, Lancelot apparaît trois seconde et demi, et Merlin en vieux hippie reconverti au tantrisme et à l’ouverture des chakra ne fait guère rire.

Pendant ce temps, les auteurs en rajoutent, inutilement, une couche en relançant une intrigue d’un complot mené par Charmant. Le tout donne une tembouille souvent creuse: la surenchère des intrigues est souvent le symptôme de la vacuité de l’écriture.

Bref, à part trois scènes qui m’ont fait rire (le Roi-Grenouille qui gobe une mouche hors champ, deux autres effets comiques visuels dont un que j’avais oublié qui n’est autre que le loup est toujours habillé en mère-grand), le reste du film ne m’a guère arraché de sourire voire m’a ennuyé.

Du coup, je me dis que le 4 sur la crise de la quarantaine de Shrek doit être bien morne.

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