La révolution française de Robert Enrico et Danton d’Andrzej Wajda

Film en deux parties (« Les Années lumières » et « Les Années terribles ») réalisé en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la révolution. Ce film historique reprend les grands moments de la révolution en passant par les tableaux célèbres de l’époque (jeu de paume), les phrases célèbres (de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace) et les moments clefs de cette période (la prise de la Bastille, la mort de Marat). La réalisation est sobre, didactique, presque pédagogique parfois. On sent que le but du réalisateur est de présenter tous les moments forts de cette période, de ne rien oublier et de rester le plus objectif possible. A première vue, pas de parti pris esthétique, historique ou politique. Sauf que le parti-pris est bien là quand même. A trop vouloir présenter la foule comme un ramassis de débiles, incultes, suivant celui qui gueule le plus fort et voulant tuer de l’aristocrate sans grande réflexion politique, le film finit par agacer. Et les plans au ralenti de Louis XVI et de Marie-Antoinette montant à l’échafaud sont un peu dérangeants. Un bon film pour se remémorer cette période, mais il ne faut pas tomber dans le piège suggéré par le film.

Dans notre série, on adore la révolution française et la guillotine, continuons avec Danton d’Andrzej Wajda. Évidemment le film retrace la vie de Danton, depuis son retour sur Paris en pleine Terreur, jusqu’à sa mort sur la guillotine. L’essentiel de film se concentre sur le procès de Danton et sur son opposition avec Robespierre. Le film est décevant. Depardieu fait son Depardieu et caricature à outrance le personnage de Danton. Le réalisateur tente de donner à son film un souffle épique, un brin d’originalité, mais je trouve que tout ce qu’il tente de mettre en place tombe à l’eau. Certes son Danton est original mais peut-être un peu trop, le personnage interprété par Depardieu ne parait pas crédible, il est trop dans le théâtral, dans la mise en scène pour nous faire croire que c’est bien Danton que nous avons sous les yeux. L’acteur qui a joué Danton dans « La révolution française » était plus sobre et plus intéressant. Le film fait vieux je trouve.

–LN

« La Révolution française » de 1989 est un film utile, si on considère qu’un moment aussi politique, aussi crucial de l’Histoire peut être vu comme a-politique. Derrière l’objectivité consonsuelle se trouve Tulard. On sent bien ici qu’on est en 1989, Furet vient de publier son ouvrage majeur qui réduit la foule révolutionnaire et donc la Révolution elle-même à une bande d’excités incultes et sauvages, avides de sang. Certes, elle l’était, mais pas que cela. On sent bien aussi l’analyse de Furet avec une « bonne révolution » en 1789 et une « mauvaise révolution » à partir de 1793. Bref, cela peut petre pratique, pour mettre en images des moments-clés de la Révolution, mais, à mon sens, l’intérêt de faire un film historique est d’apporter un regard particulier et donc un éclairage particulier. Or, là, sous couvert d’objectivé factice, c’est la thèse anti-révolutionnaire que l’on retrouve.

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C’est tout l’inverse du « Danton » de Wadja, considéré comme une référence des cinéphiles. Or, pour ma part, je partage les réserves et les condamnations d’Hélène: le film est ennuyeux (je me suis assoupi tout de même, moi, l’ardent admirateur de la Révolution) du fait de la volonté du réalisateur de proposer une lecture beaucoup trop théâtrale de la Révolution. Certes, les révolutionnaires étaient conscients d’écrire l’Histoire et donc d’être observés du monde entier présent et futur mais là c’est trop: on croirait des pantins. A force le film devient rapidement poseur et rate donc ses effets. A noter néanmoins l’excellente prestation de l’acteur, Wojciech Pszoniach) incarnant Robespierre. D’ailleurs, j’ai un instant cru que c’était le même que dans « La Révolution française » tant ils jouent sur le même registre et pourtant non. Cela m’a donné envie d’en savoir encore plus sur Robespierre et le Comité de Salut Public. Et cela est un gage de réussite, non?

— Mathieu

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