Wolf Hall d’Hilary Mantel

https://i0.wp.com/www.pivotalbookclub.com/wolf_hall.jpgAngleterre. Règne d’Henri VIII. Le roman s’ouvre sur un court chapitre relatant un épisode de la vie de Thomas Cromwell. Ce dernier vient d’être battu par son père et s’est réfugié chez sa soeur. Quelques jours plus tard, il quitte sa famille pour embarquer sur un navire de commerce. Dans le chapitre suivant, on retrouve Thomas, quelques années plus tard, au service du cardinal Wosley. A cette époque, Wosley est au faîte de sa carrière ; conseillé du roi, il est très riche et très puissant. Le Roi lui demande d’ailleurs de lui obtenir de Rome l’annulation de son mariage avec la Reine Katherine. N’ayant aucun héritier mâle, Henry est persuadé que son mariage est marqué par le péché (Katherine était auparavant marié avec le propre frère d’Henry). L’obstination de Rome à refuser l’annulation du mariage va entraîner la chute de Wosley et la « création » de l’Eglise anglicane. Le roman suit ces événements du point de vue de Cromwell. Au début ce dernier soutient Wosley dans sa querelle avec le Roi, puis il devient l’intermédiaire entre les deux hommes, avant de prendre définitivement la place de Wosley à sa mort. Thomas en proposant au Roi de s’affranchir de Rome, va lui permettre de se marier à nouveau et de s’enrichir (devenant Head of the Church, le Roi va reprendre au clergé toutes ses terres). Le roman se clôt avec la mort de Thomas More. Opposé à Wosley, More devient après sa mort un chasseur d’hérétiques. Les bûchers se multiplient alors même que le Roi se détache de plus en plus de Rome (se rapprochant alors un peu plus de la Réforme). Avec la mort de More, l’auteur doit conclure qu’il en est de même de l’Eglise catholique en Angleterre. 

L’organisation du roman est surprenante: le premier chapitre sur l’enfance de Cromwell m’avait laissée penser que le livre suivrait la vie de ce dernier. Il n’en est rien puisque le livre s’achève sur la mort de More, alors que Cromwell a encore quelques années à vivre au côté du Roi avant sa propre déchéance. La romancière a prévu d’écrire pas moins de trois romans sur Cromwell, mais est-ce bien nécessaire de diluer autant son propos? Le début du roman est très théâtralisé, ce qui m’avait bien plu. Le style, l’écriture en scènes, tout était plutôt agréable à lire. La suite a été plus décevante. Globalement les événements s’enchaînent sans qu’il y ait de véritable point de vue. Le livre devient long, trop long et trop anecdotique finalement. On n’apprend en plus rien de bien extraordinaire sur la cour d’Henry VIII . Pour moi, l’intérêt d’un roman historique réside dans la capacité du romancier à éventuellement combler « les blancs de l’histoire » comme disait V. Hugo et surtout à porter un regard. Il n’en est rien ici. Du coup, les 650 pages du livre deviennent rapidement pénibles. Me concernant, je regrette d’avoir consacré plus de deux semaines à le lire. Il y avait sûrement plus intéressant à lire dans le même temps.

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Henry VIII, version réelle et version hollywood: moi, ça me fait rire 🙂

 

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2 réflexions sur “Wolf Hall d’Hilary Mantel

  1. Si « l’intérêt d’un roman historique réside dans la capacité du romancier à comber les blancs de l’histoire », ce roman y répond en quelque sorte. Hilary Mantel ne comble pas des ‘moments inédits’ de l’histoire mais va à l’encontre des stéréotypes de More et de Cromwell présent en Angleterre en les rebalançant, en disposant les personnages sous une lumière différente. Ces stéréotypes sont fort ancrés dans la culture britannique mais ont peut-être eu du mal à traverser la Manche, voilà pourquoi le livre a pu te paraître un peu ennuyant. « Wolf Hall » ne comble pas un trou dans l’histoire, mais réécrit l’histoire.

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  2. Combler les blancs de l’histoire ou réecrire l’histoire suppose un point de vue sur la période qui dépasse l’anecdotique. Or je trouve que dans ce roman, l’apport de la romancière est modeste pour ne pas dire modique. Quant à l’éventuelle ambition de l’auteur qui consisterait à présenter More ou Cromwell sous une lumière différente, je trouve que l’auteur n’y parvient pas. Certes elle décrit l’humain derrière la figure historique, mais cela ne suffit pas à mon sens pour offrir un éclairage différent ou pertinent. Que More ait perdu sa femme ou sa fille, je ne sais plus, cela ne m’intéresse pas et ne me permet pas de comprendre mieux ses actions ou le siècle dans lequel il a évolué (à moins de faire de la psychanalyse de bas étages). Un nouvel éclairage sur More aurait été de ne pas verser dans sa légende noire, mais d’expliquer, sans recourir à de l’intime ou de l’anecdotique, quels étaient les fondements logiques qui l’ont amené à agir de la sorte. Et de voir ensuite comment s’est créée sa légende noire.

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