The Sorcerer’s Apprentice de John Turteltaub

https://i0.wp.com/www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2010/04/The-Sorcerer-Apprentice-Disney-Nicolas-Cage-Poster-01.jpgNous sommes allés voir ce film parce qu’on avait des places à deux euros et puis parce qu’il avait l’air drôle, sans se prendre au sérieux. Un bon nanar de l’été. Voilà ce à quoi je m’attendais. C’est ce que j’ai eu mais sans l’adjectif « bon. »

Dirigé par John Turteltaub (responsable des Benjamin Gates) et produit par Jerry « M. Subtilité » Bruckenheimer (responsable de tant de séries qui innondent nos écrans télé et de la franchise des Pirates des Caraïbes), je me disais que ce serait un film d’aventures matiné de magie avec un peu d’humour: la recette qui avait fait le succès des Pirates des Caraïbes. Mais en fait, non.

Le scénario tout d’abord est poussif. L’intrigue, présentée dans unprologue historique d’une longueur problématique, est inutilement complexe d’autant plus qu’elle ne sert que de prétexte (en encore sans y parvenir totalement) à introduire le personnage principal de l’apprenti. Et puis les auteurs sont allés puisés dans l’originalité la plus folle: Merlin, Morgane et tout le tralala. D’ailleurs, j’ai appris au passage que Merlin et Morgane s’étaient affrontés au VIIIe siècle. Pourquoi le VIIIe? Posez pas de questions et contentez-vous de suivre!

Le motif du personnage principal qui est l’élu est là aussi usé jusqu’à la moëlle. Pitié! Au lieu de vouloir encore en faire un élu, faites-en simplement un magicien et ça suffira: il pourra quand même faire toutes les blagues décalées, la relation maître-apprenti existera toujours, et vous économisez ce prologue interminable, cette intrigue totalement surfaite qui ne sert à rien en plus. Enfin bref…Et puis il y a un problème d’équilibre entre les personnages. On a l’impression que l’intrigue est tellement complexe que le film se déroule tout seul sous les yeux impuissants du héros et des spectateurs avec lui. L’intrigue n’a ni besoin de nous ni de lui (enfin lui un petit peu, mais uniquement pour qu’il ait une copine blonde qui décale une parabole…).

Trois autres défauts majeurs empêchent également ce film d’être un bon nanar: le manque de rythme, l’histoire d’amour creuse et le doublage.

Le manque de rythme est en effet patent. Le réalisateur ne sait pas insuffler le dynamisme vital à ses scènes y compris ses scènes d’action. Du coup, même en pleine poursuite avec un dragon ou en plein combat entre deux sorciers, on s’ennuit. Souvent, les sorciers s’opposent et ne profitent pas de l’inattention de leurs adversaires. Sans doute sont-ils trop occupés à contempler les mystères de la Création pendant ce temps…

L’histoire d’amour entre le héros et la blonde de service est d’une niaiserie affligeante. Alors je sais que c’est un film pour mickeys, mais bon… il y a un minimum à respecter. Les dialogues entre les deux personnages sont d’un vide tellement abyssal qu’on a envie de se pendre ou de les tuer, c’est selon.

Enfin, le doublage est affreux, affreux, affreux ma bonne dame.Erreurs de traduction (hey, « college » c’est université aux Etats-Unis, pas « lycée »), rythme escargot pour les répliques… On en peut plus de les écouter, surtout les deux tourtereaux à la répartie de pigeons défoncés.

Dommage, car les éléments prometteurs me laissaient espérer un meilleur film malgré tout. Le fait que le héros apprenti sorcier soit un étudiant en physique et appréhende la magie sous cet angle, les multiples clins d’oeil (in)volontaires à Mage: The Ascension et/ ou à Ars Magica (la magie coïncidentale, le contrôle de la réalité, les sphères, le latin, les symboles occultes). D’ailleurs, si j’active mon mode geek, je dirais que c’est un film sur des mages hermétiques qui s’opposent entre eux car l’un est devenu un barabbi. [Mode geek désactivé.] Et puis l’humour. Nicolas Cage est d’ailleurs le seul qui s’en sort avec des répliques à deux balles qui font mouche. « But it is fun. »

En conclusion, un film qui aurait pu prendre la relève des Pirates des Caraïbes, être le rendez-vous de l’été. Mais il n’est juste qu’un film pourri parmi plein d’autres qui ont marqué cet été. Un gâchis, donc.

— Mathieu

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un film pourri. En fait, il s’agit ni plus ni moins d’un film pour collègiens (11-15 ans) avec quelques blagounettes pas méchantes et un scénario hyper simpliste (le héros est un « génie » en sciences mais en fait il ne sait que manier l’électricité, ce qui est un peu court, jeune homme). Les effets spéciaux sont plutôt réussis, le scénar est certes un peu poussif, mais il tient à peu près. En résumé un film un peu long, un peu rigolo, pas complétement désagréable, le genre du film que tu vas volontiers voir avec tes enfants pour leur faire plaisir. Bon quand l’enfant en question s’appelle Mathieu et qu’il a plus de trente ans, c’est déjà plus discutable. 🙂

— LN

 

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