Une Affaire d’Etat de Eric Valette

Un avion est abattu au-dessus du golfe de Guinée tandis qu’à Paris une escort girl est retrouvée assassinée. En apparence, rien ne lie ces deux affaires pourtant le lieutenant de police Nora Chayd, une beurette fraîchement arrivée à Paris, en enquêtant sur la seconde affaire, va remonter jusqu’à la première et découvrir des secrets qu’elle n’aurait pas dû et croiser ainsi la route de Victor Bornand (André Dussolier), le M. Afrique de l’Elysée, responsable d’un trafic d’armes et engagé dans une lutte avec le chef du Renseignement intérieur (ex-RG)…

C’est alléchant, non? En voyant la bande-annonce, on se dit: ouah, tout y est! Un thriller politique qui mêle crimes sordides et Françafrique. Excellent. Dussolier en plus et aussi Podalydès. On va se régaler.

Oui mais non.

Le gros problème de ce film est son scénario qui est écrit dans un seul objectif: surtout bien faire de la caricature de cliché. Le second gros problème de ce film est sa réalisation qui n’a qu’un but: surtout en rajouter un maximum dans les effets de manche à deux centimes mais qui ne valent pas un kopeck pour tenter — vainement — d’impressionner le spectacteur. L’ensemble lorgnant sur les films américains mais en oubliant l’efficacité pour n’en retenir que le lourd et la vulgarité. C’est mauvais, c’est ridicule et au bout de 20 minutes ce n’est plus crédible.

Les scénaristes ont dû s’inspirer de la série Reporter diffusée sur Canal + que nous avions beaucoup aimé mais ils en ont pris les défauts (les rebondissements qui au fur et à mesure étirent la crédibilité jusqu’à la faire éclater, le sensationnel à tout bout de champ, la surenchère pour épater) en laissant de côté les qualités (la subtilité des personnages, le crédible des situations et des petites compromissions et l’absence de violence gratuite).

Ici, rien ne fonctionne. Les personnages n’existent pas: ils ne sont que des marionnettes poussés par des motiviations creuses dont on ne voit pas comment elles peuvent les faire agir. La surenchère de violence et d’assassinats amène à se demander comment le personnel politique en France peut-il être aussi vieux étant donné le nombre de types que l’on dézingue à tour de bras (et c’est la même chose pour les journalistes et les flics).

Pourtant quelle matière il y avait! Les relations entre la France et ses anciennes colonies africaines, les trafics d’armes et les petites magouilles de politiciens parisiens qui se servent des services de l’Etat et des journalistes pour régler leurs comptes sordides! Et quelle distribution! Dussolier et Poalydès bon sang! Et le réalisateur avait des moyens. Mais à trop vouloir en rajouter, à trop vouloir faire du spectaculaire, il oublie qu’il raconte une histoire qui se doit d’être un tantinet crédible et il oublie qu’il parle de la France.

— Mathieu

Le pire du cinéma français? Probablement. Comme le dit Mathieu le film est très caricatural, bourré de clichés sur la police (quand tu vois le film après un épisode d’Homicide, tu pleures). Le scénario est parsemé d’incohérences: la tenancière d’un bordel fréquenté par des ministres, qui dit avoir la police criminelle à sa botte, mais qui demande à un tueur à gage de s’occuper d’une flicette qui lui pose problème. Ben si tu as la ‘crime à ta botte, tu lui demandes de s’occuper de la flicette sans problème, non? Surtout que le tueur à gage, c’est super discret. Ce même tueur à gage qui retourne sur les lieux d’un de ses crimes parce qu’avant de tuer sa victime, il a appris qu’elle avait de l’héroine chez elle, et de la bonne venue de Birmanie. Donc, il y retourne pour se faire coincer par les flics, uniquement dans le but de choper un peu de came, qu’il aurait pu acheter sans problème sur Paris. Bref, c’est mauvais, mauvais, mauvais. Les acteurs sont risibles, parce que leurs personnages sont tellement mal écrits, qu’ils en deviennent ridicules (notamment le personnage de la flicette venue de banlieue, hyper efficace, hyper « me casse pas les couilles même si je suis une fille », qu’on a vu au moins dix fois dans d’autres films). Et que dire des emprunts avérés aux séries State of Play et Reporters. C’est navrant de voir un tel résultat dérivé de ces deux superbes séries.

— LN

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s