Who’s that Knocking at My Door de Martin Scorsese

https://i0.wp.com/a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/69/60/99/19069726.jpgIl s’agit du premier film de Martin Scorsese, réalisé en 1967 et qui est sorti sur les écrans en France en 2009. Il était projeté hier soir à Mamers, donc nous avons pu voir les débuts cinématographiques du grand Scorsese. Le film se passe à New York et suit les tribulations de J.R qui partage son temps entre ses copains italiens, petits malfrats des rues et Susan, jeune femme qu’il a rencontré dans une salle d’attente et qui partage avec lui une passion pour les westerns. Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu’au moment où Susan lui confie qu’elle s’est faite violer quelques années auparavant par l’homme qu’elle fréquentait alors. J.R réagit violemment en lui affirmant qu’il ne croit pas un mot de son histoire (en gros, il pense qu’elle invente cette histoire de viol pour masquer le fait qu’elle n’est plus vierge), il l’a quitte avant de revenir vers elle pour l’épouser, « quand même », selon ses propres termes car il a réussi à lui pardonner.

Le machisme italien dans toute sa splendeur donc, mais avec des références très intéressantes à la figure de la mère italienne et de la Vierge Marie. J.R classe la gente feminine en deux catégorie: les saintes et les poules. Susan, par son aveu, échappe à cette classification et dès lors elle lui pose problème.L’attitude de J.R est présentée de façon brute, sans justification mais avec quelques explications sur l’origine de son aversion et de ses fantasmes pour les femmes.

A l’origine le film est un travail de fin d’étude que Scorsese a tourné en 35 mn avec un petit budget. Le film n’ayant pas plu à son professeur de cinéma, Scorsese a retravaillé son scénario et a retourné des scènes cette fois en 16 mn. Ce que l’on voit sur les écrans aujourd’hui est un montage des séquences en 35 et 16 mn. Le film est donc parfois assez curieux, les scènes ne s’enchainent pas de façon linéaire mais apparaissent au gré des souvenirs ou des humeurs de J.R. La construction du film est donc très originale, et l’utilisation de la bande son est pour une fois pertinente, notamment dans la scène avec la chanson des Doors, « This is the End. » Une curiosité donc.

  — LN

Pour moi l’intérêt du film réside à la fois dans le choix de faire rencontrer deux mondes: celui des petits malfrats zonards italiens des années 1960 et celui de cette jeune fille qui semble le prototype de la middle class de la société de consommation américaine. On sent que ça pourrait coller entre elle et lui mais voilà JR est obsédé par les femmes et pour donner du sens à ces fantasmes (scène troublante dans la chambre abandonnée avec la musique des Doors), il classe les femmes en deux catégories. Malheur à Susan qui, en tant que femme violée, tombe automatiquement dans la catégorie des poules. Problème: JR se rend compte qu’il l’aime malgré tout. Aimer une poule? Oui, mais la mépriser également.

Scorsese aborde dans ce premier film (et je me rends compte à quel point c’est un cliché que de l’écrire) des thèmes infiniment personnels que l’on retrouvera dans tous ses autres films, même ceux qui ont été dilués par l’esprit hollywoodien (The Departed, Gangs of New York) puisqu’il a cru bon, par exemple, dans chacun des deux films cités, de rajouter une histoire d’amour à l’eau de rose. Ici, l’amour pose problème; le sexe pose problème, car c’est là le sujet même du film. Nul besoin d’intrigue emberlificotée: les personnages, leurs dilemnes, leurs psychologie, et un montage au poil.

Car le montage montre quel réalisateur talenteux Scorsese a été: pour nous faire comprendre qu’en passant d’une scène à l’autre, on passe de l’action présente aux souvenirs de JR, il utilise la bande-son avec ingéniosité. Ainsi, le son reste celui de la scène présente tandis que l’on voit les images des souvenirs de JR. A un autre moment, plongé dans ses souvenirs, JR tend la main pour caresser les cheveux de Susan dans une autre scène.

Un film donc qui a le mérite d’être rafraîchissant dans son honnêteté et dans sa recherche formelle quasi à l’opposé des derniers Scorsese. Un regret néamoins: le film ne s’intéresse pas assez aux milieux sociaux dans lesquels les personnages évoluent. J’aurais aimé en voir plus sur la vie de Susan, sur le Queens des années 60. Ici, ces personnages de voyous qui zonent sans but réel sont intéressants, mais cela leur donne un côté un peu fantômatique du coup.

— Mathieu

 

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