Rex Mundi d’Arvid Nelson

Comics américain d’Arvid Nelson (peut-on vraiment s’appeler Arvid et exister réellement?), Rex Mundi est plutôt futé. Dessin très classique et en vogue chez Vertigo à la fin des années 1990 (ressemblant à des séries comme Spawn ou Witchblade, les gros seins en moins dans Rex Mundi).

L’histoire se déroule dans un Paris des années 1930 uchronique: la France est (re)devenue une monarchie parlementaire après l’échec de la Révolution, l’Autriche-Hongrie existe toujours, la Prusse, etc. Plus important: l’Eglise catholique a gardé toute son influence et sa puissance (même si elle est contestée) et la Réforme n’a été qu’une hérésie toujours pourchassée. L’Inquisition existe encore et poursuit notamment les sorciers qui ne sont pas membres de la guilde des sorciers. Car toute la vie économique est encore régie par les guildes, sorte de multinationales aux origines médiévales.

Au milieu de cet univers qui est l’aspect le plus intéressant du comics, Julien Saunière (hé oui), médecin de la guilde des physiciens, est contacté par un ami prêtre qui souhaite qu’il enquête sur le vol d’un manuscrit dont il avait la charge, conservé à l’église de la Madeleine. Julien va alors tomber sur des meurtres rituels liés à la sorcellerie, attirer l’attention de l’inquisition et celle du très puissant Duc de Lorraine, descendant de Godefroy de Bouillon et chef du parti des faucons voulant une nouvelle croisade comme un moyen de rivaliser avec les autres puissances nationalistes européennes.

Pour lire le 1er chapitre, c’est ici: http://www.rexmundi.net/main/index.html

https://lesboggans.files.wordpress.com/2010/12/2f0c2-rexmundicarte.jpg?w=388&h=241

L’enquête et l’intrigue puisent dans les références devenues maintenant très célèbres, pas merci à Dan Brown: le Graal, les templiers, le prieuré de Sion, le Languedoc, Rennes-le-Château… Tout ceci n’est pas le plus neuf (quoique visiblement cela l’était pour l’auteur avant le succès de Dan Brown, ce qui est quand même un peu pousser mémé dans les orties, mais bon) mais c’est fait avec intelligence et pas mal d’habileté avec une bonne d’inspiration des séries policières type Sherlock Holmes ou même les romans noirs des années 40 et 50.

Mais le véritable intérêt, comme je l’ai déjà dit plus haut réside dans l’uchronie qui permet de donner une résonance particulière à ses considérations occultes. Ainsi, la quête du Graal revêt une importance réelle pour le Duc de Lorraine et le roi de France en tant que héritier de Philippe VI qui a fait brûler les Templiers. Quant à l’Eglise, évidemment, elle est aux aguets.

Souvent, en lisant ce comics (les deux premiers tomes en tout cas), je me suis fait la réflexion que cela illustrait assez bien ce que pourrait être Holy Terra à Fading Suns: un monde où l’Eglise exerce une véritable puissance politique mais doit composer avec les pouvoirs temporels. Et, du coup, ce comics a l’immense mérite de démontrer que l’on vit une époque bienheureuse au moins parce qu’elle est à peu près libérée de l’emprise de l’Eglise sur la politique (à peu près…).

Autre aspect intéressant: l’auteur a écrit une autre petite série dans le même univers cette fois-ci à la mode des Cantorbury Tales: un jeune moine est appelé à rejoindre l’inquisition et va devenir un enquêteur. Une autre approche de son univers qui permet d’avoir une autre vision et donc d’en enrichir l’intérêt.

Bilan: je vais chercher à lire la suite. C’est du comics honnête, même si le dessin est trop classique. Il aurait mieux valu quelque chose de plus personnel et de plus recherché (et donc de plus sombre; là c’est trop léché). Mais apparemment, le dessinateur a changé dans les volumes prochains, ce qui m’incite encore davantage à continuer cette série.

 

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Une réflexion sur “Rex Mundi d’Arvid Nelson

  1. Je viens de finir de lire les deux premiers tomes, et comme Mathieu, je trouve ce comic très bien. Seul bémol: l’auteur puise effectivement dans bon nombre de mystères (le Graal, l’arche perdue, l’homme au masque de fer, les templiers), je me demande comment il va donner de la cohérence (et de la pertinence) à tout cela. Car il ne faudrait pas qu’il se limite à des évocations, ou à des possibilités d’intrigues, mais qu’il étudie en profondeur le sujet. A voir dans les prochains tomes.

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