Mamers en mars, le retour! Part II

Journée de samedi très chargée avec pas moins de quatre long-métrages et cinq court.

L’après-midi commence plutôt bien avec un premier court-métrage espagnol Palabras, qui raconte l’histoire de Clara qui voudrait devenir journaliste (en rejoignant la prestigieuse école de journalisme de New York) mais ne veut pas quitter son petit ami. Le film est plutôt sympa, assez original dans ses jeux avec la lumière. Par contre les organisateurs du festival se sont excusés par la suite pour le sous-titrage du film en anglais. Perso, cela ne nous a pas gênés, mais je pense que la moitié de la salle n’ayant pas compris la résolution finale, ce court ne devrait pas figurer dans le palmarès. Dommage pour lui. 3/5 pour moi, 2/5 pour Mathieu.

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Un deuxième court-métrage était projeté, Faut qu’on parle, court-métrage français. Mon préféré pour l’instant. Après cinq ans de vie commune, Germain va demander la main de Gwendoline. Mais il s’y prend tellement bien, qu’elle va croire rapidement qu’il veut la quitter. Le film se clôt dans un bain de sang. Plutôt drôle, et décalé. 4/5 pour moi, 2/5 pour Mathieu.

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Enfin le long-métrage. Il s’agissait d’un film italien d’Alessandro Aronadio, Due vite per caso. Le film commence par une scène banale entre Mattéo et son copain Lucas. On comprend que Lucas s’est blessé à la main en tentant d’ouvrir une canette) et que Mattéo le conduit à l’hôpital. Il roule vite, sous la pluie, freine mal  et fini par percuter une voiture garée sur le bas-côté. En sort deux flics en civil qui soupçonnent les deux garçons de s’être drogués. Mattéo proteste ce qui entraîne la colère des deux flics. Mattéo et Lucas se font tabasser et écopent en plus d’une plainte des deux flics pour résistance à une arrestation. Mattéo prend un avocat qui leur obtient l’annulation partielle de la plainte des flics, à la seule condition que de leur côté ils ne portent pas plainte pour la passage à tabac. Fin de l’histoire, même si Mattéo en sort marqué. Nouvelle scène avec Mattéo et Lucas, mais cette fois, la voiture de Mattéo freine toujours aussi mal mais coup de chance il ne percute pas la voiture des flics. Les deux garçons reprennent le chemin de l’hôpital…

Deux versions de Mattéo, sur les choix qui nous sont imposés, car contrairement à ce que disaient certains spectateurs, Mattéo ne fait pas le choix de percuter la voiture, le choix lui est imposé par la chance. Pour l’instant le meilleur film de la sélection. Directement inspiré des événements du G8 à Rome où un jeune manifestants avait été tué par un carabinieri (du même âge). Le film décrit la jeunesse italienne, les choix qui lui sont proposés (le plus souvent imposés) et à plusieurs reprises des réflexions faites par les personnages étaient d’une justesse impressionnante (sur l’effet de groupe, sur les orientation prises dans la vie). 4/5 pour Mathieu et moi.

Après les choses se compliquent. Troisième court-métrage de la journée, le film de Louis Garrel Petit tailleur. Première remarque, le court dure plus de quarante minutes, ce qui me parait long pour un court-métrage justement. Difficile de raconter cette histoire, encore un truc de relation entre une actrice un peu déboussolée (et un peu clichée) et un petit tailleur tout gentil mais ne sachant pas quoi faire de sa vie.

Bilan: comment peut-on réaliser un film de quarante minutes en disant aussi peu de choses (et en étant aussi conventionnel)? Réponse: en imitant papa. 1/5 pour moi, Mathieu a mis 2/5 (mais vous verrez, il met 2 à tout!). Après ce court-métrage dynamique et particulièrement intéressant, un long métrage espagnol, 80 jours. L’histoire d’Axun et Maite, toutes deux septuagénaire, qui se retrouvent dans un hôpital après cinquante années de séparation. Axun veille son gendre, et Maite son frère. Toutes les deux se sont connues (et ont été amies) à l’adolescence, mais elles se sont rapidement perdues de vue. Axun s’est mariée, a eu une fille. Maite, homosexuelle, a fait sa vie entre la musique, les relations et la solitude. Jour après jour, des sentiments profonds refont surface, comme le disait la présentation sur la brochure.

Un film donc sur l’homosexualité des septuagénaires, ça promettait de ne pas être rigolo, rigolo. Personnellement, je m’attendais à pire, le film est plutôt réussi, les actrices sont magnifiques et le propos très maîtrisé. Par contre, c’est lent, pas innovateur et cela manque cruellement de cinéma. On a senti un profond soulagement dans la salle quand les spectateurs se sont rendu compte qu’on passait du jour 3 au jour 15 directement. C’est dire. J’ai mis 2/5 et Mathieu …. aussi (mais je vous rappelle qu’il met 2 à tout).

Petite pause repas, on est déjà pas mal fatigués et le dernier film a un peu plombé l’ambiance. On attend beaucoup du suivant.

20h00: de retour dans le théâtre pour la séance du samedi soir. Tout d’abord projection d’un court-métrage français, Réflexion faite, sur une actrice qui suite au plantage d’un casting, est prise en main par son reflet. Sous ses conseils, elle décide de changer de comportement, de s’affirmer afin de réussir enfin ses castings. https://i2.wp.com/www.mamers-en-mars.com/IMG/jpg/reflexion_faite_web.jpgPas mal, le jeu des miroirs était assez réussi. Comme le faisait remarquer Mathieu, un Black Swan français. J’ai mis 3/5 et Mathieu 2/5 (encore!).

Et le film qu’on attendait tous. Robert Mitchum est mort, un film belge avec Olivier Gourmet dans le rôle principal. Il joue un agent qui tente par tous les moyens de faire tourner un film américain à sa vedette Franky Pastor, sorte de grande niais, qui n’arrive pas à dormir et qui rejour sans cesse la même scène d’un film de Robert Mitchum. Apprenant que le réalisateur de ce film va refaire du cinéma et qu’il est présent à un festival dans le cercle polaire, Franky et son agent travers l’Europe et vont à la rencontre de leur destin.

Le film était présenté comme une « odyssée mélancomique ». Ce fut une odyssée pour nous spectateurs, on peut pas le nier. Parvenir à rester dans la salle, sur des sièges moyennement confortables, en gardant les yeux ouverts sur ce film lent, plus lent que le film espagnol, où on ne comprend pas grand chose, à l’esthétique navrante et aux dialogues plus proche d’Ingmar Berman que de Tarantino, il faut beaucoup en volonté. Au moment du vote, j’ai écrit « je met 1/5 pour ne pas mettre zéro, mais c’est probablement le film le pire du festival ». Mathieu a mis 2/5.

J’avais tort, pour le film le pire du festival.Il est déjà 22h30, on est passablement fatigués, la programmation est en retard de trente minutes et après deux films particulièrement longs, notre volonté est atteinte.

Court-métrage proposé en ouverture de séance, 28 petits kilomètres, court-métrage français sur un jeune homme qui a pris une décision grave, mettre un terme à sa relation avec … sa chienne.

https://i2.wp.com/www.mamers-en-mars.com/IMG/jpg/28_petits_km_web.jpgBon c’était plutôt drôle mais pas de quoi en faire tout un plat. Le présentateur soulignait que ce court-métrage lui avait particulièrement plu. Devant les deux réalisateurs, c’est peut-être un passage obligé. J’ai mis 2/5 (merde, je deviens comme Mathieu) et Mathieu a mis 2/5 comme d’habitude.

Et enfin un long-métrage serbe, White White World, qui d’après les organisateurs allait soulever quelques débats. Difficile de raconter le film, peut-être juste les premières scènes: une jeune fille drague un gérant de bar qui a l’âge de son père, le ramène chez elle et se faire prendre comme une salope sur son petit lit (j’ai particulièrement apprécié la petite claque sur le cul à la fin du coït, ils sont classes ces Serbes). S’en suit une chanson de la jeune fille sur le retour de sa mère. Scène suivante, la mère sort de prison, ses amies co-détenues chantent pour elle, et à sa sortie elle se rend sur la tombe d’un homme et elle se met elle-aussi à chanter sa douleur et son attente de la mort. Scène suivante, le frère de cette femme, se met lui aussi à chanter… et là on a quitté la salle.

Le cinéma serbe est rugueux mais quand il chante c’est pire. J’ai mis 0/5 parce je n’ai pas pu tenir jusqu’à la fin. Mathieu a mis 1/5 (mon Dieu !).

Retour à la maison, avec de grosses interrogations sur le choix de la sélection. Parce que le film social, c’est bien mais pas que ça quand même. Là, trois films hyper lents, hyper réalistes et très peu cinématographiques finalement, ça fait beaucoup. Reste le film italien qui du coup nous parait être proche du chef d’oeuvre.

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3 réflexions sur “Mamers en mars, le retour! Part II

  1. Je mets 2/5 à la plupart des films parce que, franchement, s’ils ne sont pas inintéressants, l’apport cinématrographique est tout de même très limité. Ajouté à cela des scénarios parfois un peu limité et des dialogues qui n’en finissent pas d’être égrenné dans une sorte de pesanteur « arty » et ça devient vraiment pénible. Du coup, de l’intéressant pénible, ça vaut 2/5. Le film italien, Due vite per caso, est vraiment le meilleur qui se distingue au sein de ce marasme. Mon 4/5 s’explique ainsi, car normalement, j’aurais mis un 3/5: bon film mais pas transcendant non plus. Cela dit, il était riche en scènes vraiment réussies, humaines et sociales. C’est un film qui lorgne beaucoup sur Nos meilleures années (un jeune qui s’appelle Matteo, qui cherche sa voie, qui devient gendarme, étant issu d’une famille classe moyenne/ populaire de gauche…) mais il ne m’a pas chaviré comme l’avait fait Nos meilleures années. Quant à Robert Mitchum est mort, cela va devenir le sujet d’une blague récurrente. « Tiens, ce type a la tête d’un type qui a vu Robert Mitchum est mort ». Après, le gâchis vient de ce que, si on relit le pitch qu’en fait H. dans cette entrée, ce dernier est génial. Or, la transposition en images est affligeante. Je me suis ennuyé profondément. Du coup, le drame musical serbe qui suivait, là franchement, c’était juste pas possible. C’est dommage, car je suis très curieux de voir comment cette région de l’Europe se perçoit et l’image qu’elle renvoie d’elle-même. Mais là, non.

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  2. Précision sur le film italien: le montage est très bien fait, permettant une grande fluidité entre les deux versions de l’histoire de Matteo sans que l’on s’y perde. Très belle scène d’amour également.Une vision du désamparement de la jeunesse italienne très intéressante et, sans doute, très pertinente. De plus, le scénario est subtil et ne verse pas dans les clichés: ainsi le Matteo qui a subi la violence des flics ne devient pas automatiquement un gangster parce qu’il en rencontre un, alors qu’il aurait pu. Bref: très bien. Pour devenir un chef d’oeuvre, sans doute aurait-il fallu que le réalisateur arrrive à mieux lier sa réflexion théorique sur le cinéma (qui apparaît à travers l’analyse filmique de la fin des Quatre-cent coups) avec le reste du film. De plus, il aurait également été bon que les femmes/ copines de Matteo ne soient pas que des bouées de moralité mais aient peut-être un impact plus fort, de même que sa relation avec son père, si juste dans une très belle scène, ou celle avec son ami. Pour le court-métrage Reflexion faite: effectivement, une sorte de Black Swan puisque le thème est le même (le manque de confiance en soi quand on est une comédienne) avec les mêmes défauts à savoir la caricature de ce que signifie la prise de confiance en soi puisque gagner en confiance et en autorité passe par devenir impudique, jouer les salopes et les vulgaires, ce qui est profondément stupide. De plus l’actrice principale est vraiment trop maigre et je ne supporte plus ces actrices maigrelettes. Je trouve cela malsain.

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