Thor de Kenneth Branagh

thor-poster-film-marvel2.jpgThor (Chris Hemsworth) grandit à Asgard, le royaume des dieux nordiques, en tant que fils d’Odin (Anthony Hopkins) et frère de Loki. Enfant à la tête brûlée et sans doute beaucoup trop pourri-gâté par son père qui lui offre Mjolnir, le fameux marteau qui lui est désormais associé, il devient arrogant et sûr de lui, volant de succès en succès avec sa bande d’intrépides Ases. Mais un jour, après que les Jotunn, les géants du froid, soient parvenus à pénétrer dans Asgard, Thor défie la volonté de son père pour aller porter le combat directement en Jotunnheim. Odin est obligé d’intervenir pour lui éviter la mort  à lui et ses joyeux drilles aux mains des terribles Jotunn. Le Père de Toutes Choses banit alors son fils sur Terre afin de lui apprendre l’humilité pour qu’il puisse un jour espérer succèder à son père en tant que souverain d’Asgard. Thor, privé de son marteau, devient alors un simple humain et rencontre une jeune scientifique ambitieuse, Jane Foster (Natalie Portman), qui veut comprendre d’où il vient. Débarrassé de son turbulent frère, le perfide et sournois Loki peut alors mener à bien son sinistre complot pour prendre le pouvoir en Asgard…

Si vous aussi comme moi vous êtes constamment surpris par le fait que ce soit Kenneth Branagh qui ait réalisé la dernière adaptation en date d’un comics Marvel, au point d’avoir oublié ce fait jusqu’au moment où le générique de fin démarre sur l’écran, c’est sans doute parce que le premier film de Branagh n’était autre que le passionné Henry V, qu’il avait également réalisé le merveilleux et gracieux Much Ado About Nothing (offrant alors son premier role à la fraîche Kate Beckingsale) et que, d’une manière générale, il était associé à Shakespeare et non à la bêtise et au merchandising ambiant.

Oui, mais bon, que voulez-vous, Kenneth Branagh a eu des envies de gloire américaine (allant d’un Woody Allen où il singeait son réalisateur à l’infâme Wild Wild West, si, si souvenez-vous) et a divorcé de sa muse, Emma Thompson. Donc, ce n’était finalement guère surprenant de le voir réaliser ce film fade et raté car beaucoup trop calibré pour être intéressant.

Le principal défaut de ce film tient dans sa molesse. La narration est ennuyeuse et, pour un film d’action, on trouve rapidement le temps long. Ceci tient au fait que le scénario ne parvient pas à mêler les deux intrigues — celle qui a lieu sur Terre où Thor rencontre Natalie Portman et cherche en vain à récupérer son marteau pour redevenir un dieu et celle qui continue entre Asgard et Jotunnheim où Loki mène son coup d’état. De plus, les personnages manquent cruellement de profondeur ce qui provoque chez le spectateur un sentiment d’indifférence à ce qui leur arrive, y compris les humains à qui on est censés s’identifier. Mais ni le trio de scientifique qui aide Thor ni les dieux n’éveillent la moindre empathie et on les regarde s’agiter dans un scénario qui tourne à vide et avec une direction d’acteurs inexistante le tout filmé comme n’importe quel vulgaire tâcheron aurait pu le faire. Et dire que c’est, je le répète, le spécialiste des personnages tourmentés de Shakespeare qui nous livre cela…

A un moment, lorsque Thor ne parvient pas à récupérer son marteau et lorsqu’il est visité par Loki, au moment où il comprend donc qu’il ne peut pas redevenir le dieu Thor mais reste un simple humain, à jamais exilé et bani, je me suis pris à espérer voir un film qui aurait pu être passionnant. Comment quelqu’un qui a été un dieu peut-il vivre comme un humain normal parmi les humains? Comment un être qui a connu la table d’Odin et ses festins servis par les Valkyries peut-il s’habituer à l’idée d’être condamné à vivre sur Terre à jamais jusqu’à veillir et mourir comme n’importe lequel d’entre nous? L’amour, peut-être, pourrait l’aider à se faire à cette idée… Mais cela aurait été un autre film, un film qui aurait pris des libertés avec le comicsdont il est adapté, un film, en d’autres termes, qui aurait cherché à raconter une vraie histoire au lieu de livrer un produit standardisé fait pour drainer ce que les producteurs hollywoodiens s’imaginent être les teenager-popcorn.

Et dans cette optique, la 3D est, comme neuf fois sur 10, du foutage de gueule intégral. Quant aux armures et costumes des dieux, je vous laisse juger par vous-mêmes:

thor-le-film-sera-en-3d-image-362121-article-ajust_650.jpg

No comment.

Un film de teenarger-popcorn hollywoodien, donc, à oublier aussitôt vu.

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