Boardwalk Empire (saison 1)

Annoncée comme la série de Martin Scorsese, il n’aurait réalisé en fait que le premier épisode, le reste étant confié à d’illustres inconnus. Le scénario quant à lui  est écrit par Terence  Winter (Les Sopranos) d’après un roman de Nelson Johnson, cette série était plus que prometteuse.

Boardwalk Empire se passe principalement dans la ville d’Atlantic City dans les années 20. Le personnage central de cette série s’appelle Enoch « Nucky » Thompson, un homme riche et puissant qui contrôle cette ville. A la veille de l’entrée en vigueur de la prohibition, Nucky est bien décidé à faire de l’argent en continuant à vendre de l’alcool dans ses hôtels et dans ses bars tout en s’assurant de son contrôle de la ville.

Gravitent autour d’Enoch: une maîtresse nymphomane (qui a tenu Mathieu éveillé pendant quelques épisodes), un frère shérif plus alcoolique que compétent, un bras droit au fort accent allemand et des adjoints à n’en plus finir.

Tous ont un point commun, l’appât de l’argent, et Nucky en a beaucoup.

Plusieurs personnages gagnent en importance au fur et à mesure de la séri
e. Jimmy, sorte de fils spirituel de Nucky, tente à certains moments de détrôner le maitre (notamment en quittant Atlantic City pour Chicago et en s’associant au futur Capone). Margaret Schroeder, irlandaise fraichement débarquée aux Etats-Unis, mère de deux enfants (elle attend un troisième), marié à un alcoolique violent ce qui l’a conduite à militer contre l’alcool, finit dans les bras de Nucky pour quelques dollars tout en jouant les prudes effarouchées d’une manière assez navrante tant la crédibilité du personnage s’évanouit. Nelson Van Halen, agent du gouvernement, chargé de faire respecter la loi sur la prohibition, est surtout intéressé par Nucky (qu’il veut arrêter) et Margaret (sur laquelle il fantasme et qu’il veut sauver, au sens premier et spirituel du terme). Dans la pléiade de personnages que compte cette série, on trouvera Al Capone, la femme de Jimmy (une future lesbienne car il en faut dans les séries américains estampillées HBO), et tous les caïds de l’époque que ce soit à Chicago ou à New York.

La question qu’on se pose en regardant cette série est simple : comment peut-on faire une série aussi ennuyeuse sur la prohibition, avec des personnages comme Enoch, Luigi et Al Capone? Et bien miracle: HBO a réussi en produisant une série plan-plan, uniquement préoccupée par ses références et absolument pas par ses personnages, qui accumule les incohérences au fil des épisodes (la plus belle étant cet agent gouvernemental responsable de pas moins de deux meurtres (dont celui de ce collègue noyé) et qui continue son travail sur Atlantic City sans que cela gène le bureau). Margaret est typiquement le personnage déplaisant, inintéressant et qu’on a vite envie de ne plus voir. Son pseudo accent irlandais est amusant au début, puis fortement irritant lorsqu’il est couplé avec ses airs de sainte-nitouche. Quant à Jimmy le héros de la Première Guerre mondiale, mise à part les moments où il dodeline de la patte, il est à mourir de rire (il fait des cauchemars soi-disant, mais bon on ne l’a jamais vu en faire). Boardwalk Empire est le cas typique de la série glamour, qui en jette par ses acteurs et par sa caution « auteur » (ici Scorsese comme il y a eu avant lui Spielberg), mais qui est une coquille creuse. Car finalement, à part répéter des schémas déjà vu dans des films remarquables (comme Les Affranchis, Les Incorruptibles ou la série des Parrains ou même le film sur Lucky Lucciano avec Christian Slater), cette série n’apporte rien.

 

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