Rubicon saison 1 de Jason Horwitch

Will Travers (James Badge Dale) est un analyste en géopolitique à l’American Policy Institute, une sorte de think tank auquel la CIA, la Homeland Security et les autres agences américaines de renseignement font appel afin d’analyser les tonnes d’information qu’elles collectent. Veuf, il a perdu sa femme et sa fille dans les attentats du 11-Septembre. Depuis, il a trouvé chez David, son supérieur à l’API mais aussi son beau-père, un mentor et un père spirituel. Dans le premier épisode de la série, Will découvre dans le cadre de son travail un étrange message codé dans des mots-croisés. Il en informe David qui à son tour prévient Kale Ingram, le directeur-adjoint d’API. Le lendemain, Will apprend avec horreur la mort de David dans un accident de train. Peu de temps après, plusieurs indices vont l’amener à penser que cet accident n’en était pas un, que David a été assassiné et qu’il avait tenté de dire quelque chose à Will avant de disparaître et que tout cela a un lien avec le fameux message caché dans les mots croisés…

  Série produite par AMC (Mad Men, Breaking Bad), Rubicon porte la marque de fabrique de la chaîne: point d’esbrouffe ou de cliffhangers à chaque épisode pour maintenir le téléspectateur artificiellement en haleine, mais une histoire qui prend le temps de sa narration, qui est centrée sur de véritables personnages, véritable intérêt de la série. Ceux-ci sont en fait l’équipe d’analystes dirigée par Will qui prend la place de David afin de tenter de percer les secrets de la conspiration qu’il pressent. L’ambiance est à la paranoïa et la série fait furieusement penser et s’inspire clairement des films des années 1970 comme The President’s Men ou Three Days of the Condor (le dernier étant cité explicitement lors d’un épisode) mais le tout remis au goût du jour de l’Amérique égarée du post-11-Septembre qui ne se sent plus en sécurité .

De fait, j’ai beaucoup aimé Rubicon pour toutes ces qualités. Le personnage principal, Will, est interprété par James Badge Dale déjà vu dans The Pacific qui tient là un rôle nuancé et attachant. L’écriture est maîtrisée: les intrigues géopolitiques rejoignent le complot at home dans un noeud bien ficelé. Mais encore une fois, ce sont les personnages qui nous tiennent: on s’intéresse rapidement à eux, à la fois parce qu’ils sont bien pensés (les auteurs et les acteurs qui le incarnent jouent sur les stéréotypes avec finesse en leur donnant une dimension réellement humaine), mais aussi parce qu’ils n’apparaissent — sauf deux personnages principaux — que dans le cadre de leur travail et on ne découvre leurs histoires, leurs peurs, leurs défauts, leurs qualités que sous cet angle, ce qui renforce en plus le côté étouffant de ce building près de l’East River où se joue un complot d’envergure mondiale. Mention spéciale également à Artiss Howard, l’interprète de Kale Ingram, qui incarne un ex-agent de la CIA des black ops avec crédibilité: cheveux argentés du vétéran, calme à l’epreuve de tout et démarche féline accentuée par ses habits toujours confortables mais classes indiquant que ce « vieil homme » est toujours très dangereux. Les actrices sont également très bien et d’ailleurs les deux jeunes actrices ont une beauté peu conventionnelle, ce qui ajoute un certain charme à la série, je dois bien le reconnaître, notamment la délicieuse Jessica Colins qui joue Maggie Young, l’assistante de Will ayant une relation bien mystérieuse avec Kale Ingram.

maggie-young-s1-590-284x184.jpg
Alors, un bémol? Et bien oui: qu’il n’y ait qu’une saison, car si l’intrigue est résolue à la fin de la saison 1, l’impact de cette résolution sur les personnages, qui fait l’objet du dernier épisode, n’est pas entièrement traité et plusieurs moments de ce dernier épisode nous montre que l’histoire aurait dû et aurait pu continuer, ce qui frustre beaucoup. Car AMC, malgré le succès critique mais face aux mauvaises audiences de la série, n’a pas voulu la prolonger, préférant se concentrer sur Walking Dead (qui ne m’intéresse pas du tout vu les échos que J. nous en donne). Dommage après un si bon moment.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s