La ballade de l’impossible de Tran Anh Hung

https://i2.wp.com/s.excessif.com/mmdia/i/82/2/affiche-la-ballade-de-l-impossible-10416822tcpgo_1735.jpgTokyo, fin des années 60. Trois adolescents vivent des années d’insouciance et d’amour jusqu’au jour où l’un d’eux se suicide. Watanabe revoitNaoko, ancienne petite amie de Kizuki, quelques mois après la mort de ce dernier. Encore habités par la mort de leur ami, les deux amis se rapprochent et ont une relation sexuelle. Comprenant alors que Naoko était vierge, Watanabe lui demande sans grand tact pourquoi elle n’a pas fait l’amour avec Kizuki. La jeune fille se mure dans le silence, avant de se retirer dans une maison de repos. Elle reprendra contact avec Watanabe pour lui expliquer son impossibilité à faire l’amour avec Kizuki alors qu’elle l’aimait. Une relation compliquée naît entre les deux amants.

Si le film parait sympathique dans les premières minutes avec son coté branché et évanescent, on finit malgré tout par être ennuyé par le propos. Suit alors une période de réflexions, après une demi-heure de film, sur les solutions utilisés par l’ancien couple pour pallier à leur problème de relation sexuelle. La jeune fille précise à un moment qu’ils ont tout essayé, du coup notre esprit divague avec une pointe de sourire narquois (vous avez tout essayé, hum, hum). Pour finir, après la moitié du film, par un questionnement sans fin sur le thème « pourquoi Mathieu voulait voir ce film? ». Certains à la Fabrique de l’Histoire ont aimé. Mais pourquoi ont-ils aimé? Fabrice Colin en a parlé sur ce blog. Mais pour quoi faire? Arlette Farge n’a pas aimé cette vision désespérée du sexe. Oui, je suis assez d’accord. Et puis c’est long quand même. Certes, la musique est sympa, mais en prenant un CD ça va plus vite. Je te préviens, la prochaine fois c’est moi qui choisit le film.

— LN

Oui, oh, bon, ça va, hein…

Contrairement à H., j’ai beaucoup aimé la première demi-heure du film. L’évanescence d’une époque révolue à travers l’histoire d’un trio fait toujours mouche en quelque sorte. Et puis cette narration faite de cadres fixes comme des tableaux animés (la pluie derrière la vitre de l’appartement sombre), cette photo d’une netteté incroyable donnent au film une qualité esthétique inouïe, déjà vue dans L’Odeur de la papaye verte. La seconde partie, avec la relation impossible donc entre Watanabe et Naoko m’a intéressé puis la fin ultra dramatisée et emplie de pathos m’a laissé de marbre et m’a fait totalement sortir du film pour rejoindre H. dans ses commentaires narquois.
Du coup, je me demande si ce qui était à l’origine une nouvelle pouvait supporter ce passage au long-métrage. La réponse est à priori négative, étant donné nos réserves. Les qualités littéraires ne donnent pas toujours un bon film. Preuve en est. Autre question: qu’est-ce qui fait que les atermoiements surannés de Sofia Coppola dans Virgin Suicides m’ont davantage interpellé que ceux des personnages de la Ballade de l’impossible? Je n’ai pas vraiment de réponse. Si ce n’est une idée: j’aime le romantisme mortuaire (pléonasme) que lorsqu’il est empreint de la grâce éthérée de l’interdit. Or, dans la Ballade de l’impossible, seuls les personnages s’interdisent d’être heureux et semblent presque se complaire dans la folie qui les conduit au malheur. Ce qui empêche pour moi toute identification et, au bout d’un moment, face au déferlement de pathos lors de la scène où Watanabe se perd dans la souffrance en ermite vivant dans une grotte face à la mer déchaînée, toute mansuétude. Ou alors tout simplement je suis passé à côté. Voilà.

— M.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s