Passé sous silence d’Alice Ferney

https://i0.wp.com/chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/08/pass%C3%A9-sous-silence1-158x300.jpgUn roman à deux voix qui revient sur les heures sombres de la Vème République. Deux personnages que tout rapproche vont ici s’affronter pour le « bien de la Nation ». Jean de Grandberger, le héros de la résistance, s’est retiré depuis quelques années de la politique, mais il attend que la nation le rappelle. Paul Donnadieu est militaire, engagé en Algérie, il fait partie de ces français qui croit en l’Algérie française. Il attend le retour du héros qui sauvera l’Empire. Sauf que le héros en question a déjà fait un autre choix, celui de l’indépendance. Un malentendu qui conduira à un attentat.

Plusieurs choses m’ont gênée à la lecture de ce roman. Son style tout d’abord avec ce tutoiement des personnages qui m’a agacée prodigieusement, ajouté au fait que l’auteur n’utilise pas les vrais noms des protagonistes (ni celui des pays concernés), tout en multipliant les clins d’oeil historiques. Je trouve le procédé enfantin. Et enfin le fond.
En se mettant à la place de Paul Donnadieu, l’auteure tente de lui trouver des circonstances atténuantes et pas n’importe lesquelles. Le Général a trahi l’armée en accordant l’indépendance à l’Algérie, ce qui explique le geste de Donnadieu. Soit, c’est un mobile intéressant. Mais d’après l’auteure le criminel n’en est pas un: il n’y avait pas de la part du commando volonté de tuer (et d’ailleurs Donnadieu a commandité l’attentat, mais n’a pas tiré, il n’a donc pas de sang sur les mains). Position déjà plus discutable, d’une part parce que l’Histoire a montré que certains tirs ont quand même frôlés De Gaulle, par hasard peut-être mais quand même) et puis depuis quand le commanditaire d’un attentat n’a pas de sang sur les mains. Enfin Donnadieu est un père de famille, ce qui doit le soustraire à l’exécution capitale, position simpliste même pour une opposée à la peine de mort comme moi.

Au final, un roman maniéré, vain et qui n’a que peu d’intérêt historique. Et comment un auteur peut-il avoir la prétention de se mettre à la place de personnages historiques? Hugo l’a fait quelques fois, mais cela se militait à une scène ou deux et il reprenait des dialogues tenus par les personnages historiques qu’il mettait en scène.

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