The Books of Magic de Neil Gaiman

https://i0.wp.com/photo.goodreads.com/books/1166853457l/17727.jpgC’était il y a 16 ans. En 1995, White Wolf publiait le jeu de rôle Changeling: the Dreaming que j’attendais fébrilement depuis son annonce un an auparavant. Ce livre à la couverture illustrée par un vitrail m’a ouvert des portes vers des royaumes enchantés que j’avais déjà entraperçus et desquels je ne suis jamais revenu depuis. Parmi ceux-ci, le royaume de Neil Gaiman est l’un des plus fascinants (après celui de John Crowley). Car Changeling (et les auteurs de White Wolf derrière ce jeu) est fortement inspiré par l’oeuvre foisonnante de Gaiman. Dans cette oeuvre, outre son chef d’oeuvre qu’est The Sandman (dont je parlerai sans doute un jour mais comme pour Little, Big, uniquement lorsque j’aurais trouvé comment faire), il y avait The Books of Magic.

C’était en 1990-1991 et DC/ Vertigo publiait une mini-série, issue de The Sandman, dont le héros, Timothy Hunter, un garçon de 13 ans, brun, binoclard, le mal de vivre accroché à la peau, orphelin de mère, élevé par un père réduit à l’état de coach potato, est destiné à devenir le plus grand magicien du monde. D’ailleurs, il a bientôt un familier qui est un hibou (et qu’il appelle Yo-yo car à l’origine il était effectivement son yo-yo avant qu’il ne soit transformé en hibou). Toute ressemblance avec un autre personnage qui a rencontré un bien plus grand succès est pure coïncidente selon Gaiman, beau joueur.

Récemment, j’ai eu envie de me replonger dans cette histoire simple (l’enfant qui est destiné à être l’élu) mais dont j’avais un très bon souvenir. Et j’ai profité de cet âge de l’Internet dans lequel nous sommes entrés depuis plus de  ans pour compléter ma collection de TP (merci Amazon marketplace!) et donc (re)lire cette série dans son intégralité.

The Books of Magic n° 0 raconte donc comment Timmothy Hunter, adolescent de 13 ans, rencontre la « Trenchcoat Brigade, » un groupe de quatre personnages tous tirés du monde des comics DC/ Vertigo (dont John Constantine)* qui lui révèlent son potentiel et ce qu’est la magie. Le premier va lui montrer le passé magique, le second le présent mais sous l’oeil du magicien adepte à percer les secrets du monde des ombres, le troisième les autres mondes dont celui de Faerie et du Songe et le dernier le futur.

Récit initiatique donc, récit du voyage du héros tel qu’il a été théorisé par Joseph Campbell et réinterprété par Gaiman selon Roger Zelazny dans l’introduction du TP qu’il signe, ce premier volume de The Books of Magic en a malheureusement les défauts. Ainsi, souvent, les guides initiatiques de Tim dissertent et passent en revue un véritable catalogue de l’occulte. Le désavantage de cette approche, c’est que l’on zappe en quelque sorte de branche magique en motif mythologique sans que jamais aucun de ces thèmes ne soit réellement traité. Et c’est d’ailleurs un défaut qui revient souvent chez Gaiman: l’envie de montrer l’étendue de sa connaissance en la matière, une sorte d’envie irrésistible qui frôle la cuistrerie.

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Cependant, et afin d’atténuer très fortement ma réserve précédente, il faut reconnaître à Gaiman qu’il connait très bien son sujet, contrairement à Rowling. Que ce soit les mythologies (égyptienne, babylonienne, grecque, celtique), les légendes (arthuriennes, féeriques) ou les sciences occultes (chamanisme, kabbale, hermétisme…), Gaiman s’y entend et il sait tisser ces motifs et ces thèmes dans des histoires à la narration prenante et dynamique. En d’autres termes, pour reprendre ceux de l’introduction aux Books of Magic: Bindings (le volume 1 de la série qui suit cette mini-série), Gaiman est bien l’héritier des skalds, bardes et autres troubadours en ce qu’il sait comment captiver un public même si son art n’est pas celui de la parole mais celui des mots écrits.

De ce fait, une fois que cette histoire initiatique prend fin (avec un retour au monde normal, comme il se doit, et un héros transformé par les péripéties qu’il a vécu, incapable à présent de vivre normalement dans son environnement normal), malgré les quelques réserves exprimées, je n’ai qu’une envie: continuer de lire les aventures de Tim Hunter, jeune magicien de 13 ans, pourri de doutes et d’angoisse, empêtré dans ses problèmes personnels, ce qui rend son approche de la magie passionnante.

(To be continued…)600full-changeling--the-dreaming----a-storytelling-game-of-.jpg

* C’est d’ailleurs le côté le plus énervant des comics, cette manière dont toute série est reliée aux autres ce qui fait que l’on peut difficilement suivre une série dans avoir constamment des références aux autres ce qui apparaît souvent comme un moyen de vous faire acheter leurs comics… Je me plaindrai plus avant de cet aspect dans un prochain article.

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