Melancholia de Lars Von Trier

Le film s’ouvre sur une série d’images fixes de Claire et de Justine, embourbées dans de la boue ou emprisonnées dans des liens végétaux. L’ensemble de ces portraits laissent une impression de surréalisme (par leur forme) et de stagnation (par leur thématique). Vient ensuite le titre du film et le début de la narration, avec une première partie consacrée à Justine. Cette dernière se rend à son mariage avec son bien aimé, mais la limousine qu’il a louée est trop grande pour le chemin qu’ils empruntent. Après deux heures de tentatives infructueuses et une balade à pied, les mariés arrivent enfin au château où ils sont reçus par la soeur de Justine, Claire, et son mari, mécontents d’avoir fait attendre les invités. Le reste de la soirée va de mal en pis, Justine ne parvenant pas à s’intégrer dans le programme de sa soeur, s’éclipsant de plus en plus souvent jusqu’à refuser à son mari sa précieuse nuit nuptiale, pour la passer avec un invité quelconque dans le jardin. Cette première partie se clôt sur une Justine célibataire, saoule, sans travail (puisqu’elle a copieusement insulté son patron pendant la cérémonie) et vaguement dépressive. La deuxième partie est consacrée à Claire, qui tente de redonner le goût de la vie à sa soeur, alors même qu’une planète étrange, Melancholia s’approche dangereusement de la terre. Malgré les propos rassurants de son mari, Claire est persuadée (comme d’autres sur Internet) que Melancholia va percuter et détruire la terre.

Mise à part une fois où Justine est mise en scène en train d’uriner sur le parc de golf de sa soeur, le film de Lars Von Trier ne se complaît pas dans la peinture vicieuse et scabreuse des femmes. Un film excuse après le tollé d’Antéchrist? On se demande, tellement les femmes ne sont pas pour une fois traînées dans la lie, et tellement les hommes (le mari de Claire surtout mais aussi son père) sont présentés comme des lâches. On est loin des propos ou des idées provocantes de Lars Von Trier, le film est tout miel ce qui est étrange pour lui et ce qui lui a probablement valu cette fois l’adhésion d’un plus large public. Problème, le film manque de propos justement. Il me parait trop sage, trop conventionnel pour être intéressant. A la limite, je préfère Dogville ou Manderlay (je n’ai pas vu Antéchrist), qui même s’ils décrivaient les femmes comme des putes, avaient au moins le mérite d’une mise en scène talentueuse. Là, je n’ai pas trouvé la mise en scène de Lars Von Trier remarquable. Une mise en scène plate ajoutée à un propos sans saveur, et on a une film de Lars Von Trier pour tout venant, appréciable par tous, mais creux et insignifiant. A croire que le réalisateur quand il n’a pas de propos salaces à dire sur les femmes, ne sait pas quoi dire. Heureusement qu’il a eu la sortie sur Hitler pendant Cannes, sinon on aurait oublié son existence.

 

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