Rise of the Planet of the Apes de Rupert Wyatt

Will Rodman travaille au sein d’une compagnie spécialisée dans la recherche en génétique, sur un protocole permettant de soigner les dommages subis par le cerveau humain (son père est victime de la maladie d’Alzheimer, maladie qui pourrait être traitée par les expériences de Will). Alors qu’il présente les résultats de ses expériences sur les grands singes, un cobaye femelle en furie pénètre dans la salle de conférence et doit être abattue par le service d’ordre. Croyant qu’il s’agit là d’un effet secondaire du traitement, les expérimentations de Will sont stoppées. Plus tard, Will comprend que la femelle ne faisait que protéger son petit. Le laboratoire devant être fermé, les grands singes sont évacués, mais Will décide de garder le bébé. César fait donc son entrée dans la maison familiale de Will où il rencontre son père. Will décide de continuer les expérimentations sur son père, puis se rendant compte que César a été contaminé par sa mère avec le même traitement. Il décide alors de le mettre sous surveillance. Les résultats sont surprenants: non seulement le protocole permet de résorber les maladies neurologiques, mais il aurait également pour effet secondaire de développer l’intelligence.

Ma première réaction en voyant le début du film a été de me demander si le film avait été projeté en 3D. La multiplication des effets de caméra montrant les singes en contre-plongée ou sautant d’arbres en arbres m’a fait dire qu’il y avait là volonté à en mettre plein la vue avec la 3D. Ce qui, quand on voit le film en 2D, n’a que peu d’intérêt et qui en plus montre à quel point le réalisateur ne sait que faire de l’effet et non mettre en scène son film. Deuxième réaction à la vue de César bébé emmitouflé dans ses couvertures. Les singes ne sont pas des vrais, tout a été recrée en numérique. Et là je me dis que l’intérêt du numérique tient dans son invisibilité, ce qui est raté dans ce film tantles singes font faux, dans leurs mouvements et même dans leurs expressions. Bon visuellement c’est pas beau, reste le scénario. Et là dernière réaction et pas des moindres, j’ai eu l’impression d’avoir affaire à une version abrégée d’un film, comme les éditions École des loisirs font des versions abrégées des grands classiques. Les personnages ne sont absolument pas développés (preuve en est la relation amoureuse entre les deux humains qui n’étant pas utilisée ne sert à rien), les scènes se telescopent ce qui prête à sourir la plupart du temps, mais agacent quelque fois (j’ai beaucoup apprécié la scène où Will euthanasie son père, puis va discuter tranquillement avec sa copine dans la scène suivante et où elle lui dit que tout n’est pas propice au changement).

 Quant aux grands singes, leur développement est tellement mal explicité, tellement mal rendu parce que concentré en quelques scènes, que l’on finit par ne plus y croire (l’association gorille/ grand singe contre le leader n’est pas crédible, d’autant qu’à ce moment du scénario le gorille n’a pas encore les yeux verts). Même si la scène finale fait effectivement référence à L’Armée des douze singes (un virus propagé dans un aéroport), et même si les clins d’oeil au premier Planète des singes sont plutôt bien amenés, cela ne sauve pas le film. Et puis il reste un problème fondamental pour moi dans ce film, où la mise en scène montre le développement intellectuel des grands singes par leur progressive ressemblance avec les humains (mêmes émotions, même expressions, même attitudes), ce qui ne me parait pas évident. Pourquoi un grand singes en devenant super intelligent en viendrait à singer (ah, ah) l’homme, tournant ainsi le dos à ses facultés propres. Après le film, je me suis dit que j’avais envie de voir le documentaire de Nicola Philibert , Nenette, pour justement voir le développement d’un orang-outan, en vrai cette fois.

— LN

Même constat:réalisation tape-à-l’oeil, scénario pas crédible. Et puis encore une fois, un film nous propose un sujet extrêmement problématique en une scène sans s’interroger sur ce sujet: et hop là! on euthanasie le papa parce que bon, hein, il a Parkison et qu’il occupe inutilement une chambre. J’en ai plus que marre de voir des sujets de société expédiés dans les films hollywoodiens. M’enfin bon…

Pour le sujet du film proprement dit, il y a quand même un gros problème de crédibilité dès le départ: les types qui mènent les expériences et suivent les effets de la drogue qu’ils ont mis au point sur les singes en les scanant, mesurant, pesant et soupesant, ne se sont pas rendus compte que leur cobaye était enceinte? Euh… moi des scientifiques comme ça, je les vire effectivement juste après tant ils sont nuls.

H. souligne l’absence de développement des personnages. Bon on peut dire que c’est le but du film: humaniser les singes et rendre les humains transparents. Mais je partage lamême réserve: l’évolution des singes serait-elle forcément la même que celle qu’ont suivi les humains? A leur contact, peut-être, mais vues leurs facultés (quatre mains et non deux), appareil sensoriel bien plus aiguisé, on peut en douter fortement. Et il aurait été intéressant, dans ce remake/ reboot/ prequel de la Planète des singes, d’intégrer les découvertes scientifiques sur ce point. Bref, d’avoir un vrai enjeu de réflexion et de société avec le divertissement.

Deux-trois scènes ont tout de même retenu mon attention lorsque l’on voit les singes entre eux et les réactions de César face au monde humain. Mais là c’est effectivement l’apparence numérique qui me gênait également pour pouvoir vraiment y croire. Du coup, dans l’ensemble, absence totale d’adhésion à ce film.

— Mathieu

 

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