L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller

Bertrand Saint-Jean, ministre des transports, est réveillé en pleine nuit par son cabinet. Un accident dramatique vient d’avoir lieu dans les Ardennes, entraînant la mort de plusieurs dizaines d’adolescents. Le ministre se rend donc sur place pour constater le drame, apporter son soutien aux familles et promettre une enquête pour faire toute la lumière sur cet accident. Interviewé le lendemain sur une station de radio, le ministre réaffirme son soutien aux familles et sa promesse d’une enquête avant d’être interrogé sur une toute autre affaire relative au devenir des gares ferroviaires. Pris de court, ce dernier affirme que les gares ne seront pas privatisées, alors que sur une chaîne de radio concurrente, le ministre du budget affirme au même moment le contraire. Cette incohérence du gouvernement est vite remarquée. Saint-Jean demande alors à Matignon de publier un démenti, ce qui est fait dans les heures suivantes. Mais la question des gares reviendra et Saint-Jean y jouera son porte-feuille.

Le film est très bien, notamment par la qualité de son scénario et le jeu des acteurs.Une scène d’accident permet également de constater l’effcacité de la mise en scène. Seul défaut (et on ne peut pas vraiment le reprocher au film), les critiques étaient tellement unanimes pour encenser le film, que finalement à le voir on est un peu déçu. Le film est très bien, mais dans le même temps, il décrit un monde déjà connu (les compromissions, la recherche de municipalités en cas de départ du gouvernement, etc.)

— LN

https://i1.wp.com/s.excessif.com/mmdia/i/93/8/l-exercice-de-l-etat-de-pierre-schoeller-10454938wbqpz.jpg

Il y a un projet fascinant derrière ce film, celui d’entrer dans la tête de nos gouvernants et ce, littéralement, à l’image de cette photographie tirée de la scène onirique d’ouverture. Voilà: nous voyons les fantasmes de ce ministre et donc immédiatement sa psychologie, son intimité la plus secrète nous est connue. A partir de là, nous sommes forcément en empathie avec lui.

Le film réussit son pari… jusqu’à un point. La scène d’accident que H. évoque ci-dessus est, à mon humble avis, totalement inutile et décrédibilise le propos général jusqu’alors maîtrisé. Dommage. De plus, quelques plans sont parfois un peu trop soulignés, un peu trop appuyés et donc un peu lourds.

Néanmoins, un film intelligent qui traite un sujet passionnant (même s’il n’approfondit pas assez et se laisse distraire par cette histoite d’accident).

— Mathieu

 

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3 réflexions sur “L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller

  1. J’ai beaucoup aimé le film, mais il manque un propos je trouve. Le scénario nous porpose de suivre une « machine » politique mais dans quel but ? Dénoncer ? montrer ? démontrer ? pas claire. Et pourtant les rouages politiques sont passionnants (effrayants ?). L’accident permet de faire un parallèle, à mon sens, entre deux scènes de deuils, et de se rendre compte que, lorsqu’il se « recueille » lors de l’accident de car, en fait il répétait son discours. La musique et les séquences de rêve me troublent aussi car je n’arrive pas à voir où il veut en venir. PS : j’étais très triste pour Quipers, le chauffeur.

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  2. « Un monde déjà connu »? Pas de tout le monde, justement… Et une chose est de s’en douter « intellectuellement », une autre de le voir devant ses yeux (sur l’écran…), cela permet réellement de « visualiser » des moeurs politiques contemporaines. Pour ma part, je n’ai pas été déçu par ce film – intéressant comme décryptage, à 6 mois des élections… (s) ta d loi du cine, « squatter » chez Dasola

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  3. Je ne vois pas en quoi le fait de « visualiser » ou de « voir devant ses yeux » un phénomène que je comprends déjà « inellectuellement » m’apporte quelque chose. Encore cette dictature des images. Si les images ne font que visualiser un monde connu, alors elles ne sont qu’illustration et n’apporte rien réellement. Par contre quand les images apportent un sens supplémentaire, alors oui leur visualisation est intéressante. Quant à ceux qui ne connaisait pas ce monde, alors je suis désolée pour eux. Ce film n’est pas pour moi un décryptatge du monde politique (d’ailleurs il n’y a aucune idéologie politique), mais bien une illustration de ce monde, ce qui est pourmoi beaucoup moins intéressant. A^rès les goûts et les couleurs…

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