Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle

https://i1.wp.com/www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_half/public/assets/image/2011/11/chroniques_de_jerusalem.jpgNouvelle bande dessinée de Guy Delisle qui a cette fois suivi  sa femme un an à Jérusalem avec ses deux enfants. Pendant qu’elle tente avec MSF de pénétrer dans la Bande de Gaza afin d’apporter des secours à la population, Guy Delisle déambule dans Jérusalem à la découverte de cette ville trois fois saintes.

Son quotidien se peuple rapidement de checkpoints, de tentatives de visites de lieux saints (souvent fermés ou interdits aux non-croyants), de week-end à la plage en famille et d’ateliers bande dessinée avec des étudiants plus ou moins en phase avec la production actuelle (certains ne connaissent même pas Tintin). Les colons occupent une grande part dans le récit, leur comportement est souvent décrit avec un ton neutre (celui de l’observateur impartial) ce qui en fait décuple l’impression de violence.

J’avais gardé un assez mauvais souvenir de ma dernière lecture de Guy Delisle, Chroniques Birmanes. Je termine même mon compte rendu en disant que je souhaite à présent lire autre chose de lui et pas uniquement des comptes rendus de voyages à l’étranger. Raté, me revoilà avec une chronique de voyage, cette fois à Jérusalem. Si j’ai bien aimé le début de cette bande dessinée, notamment avec le découpage en mois, j’avoue avoir retrouvé cette sensation désagréable déjà perçue dans les précédents ouvrages de cet auteur. Je me lasse assez rapidement de son ton. Cette manière détachée de parler des missions humanitaires, de sa vie à Jérusalem et du comportement de ses habitants (arabes ou juifs) finit pas m’énerver. Je trouve qu’il regarde toujours les autres avec une certaine hauteur, toujours en se mettant à l’écart, sans s’impliquer ou plutôt se replacer dans ce qu’il voit (car finalement quelle est sa place lui à Jérusalem?), ce qui finit par lui donner un ton hautain, assez désagréable. Dans l’article de Télérama, qui lui est consacré, Guy Delisle parle de son don de naiveté qui lui permet de voir les choses avec candeur. Je ne suis pas dupe de cette soi-disante naïveté. Guy Delisle a un avis, laisse observer certaines choses et pas d’autres. Cette naïveté est construite (comme le sont ses récits une fois de retour dans son pays natal) et je préfère une partialité sincère à une impartialité feinte.

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