Un amour de Marmelade d’Olivier Supiot

https://i1.wp.com/www.lemadblog.com/uploads/amour-marmelade-supiot.jpgDans la ville moderne de Lutétia, un monstre donne du fil à retordre à la police et sème les cadavres dans les rues. Il s’agit du dangereux Marmelade, monstre inhumain dont la tête ne semble constituée que d’un maigre trait de peinture verte. Face à la ville moderne, il y a la ville ancienne, Paris, détruite par les guerres, abandonnée par les hommes et qui maintenant ne sert de refuge qu’au rejetés de la ville moderne. C’est là qu’erre le maléfique Marmelade. Pourtant Marmelade n’est pas un criminel, au contraire on veut lui faire endosser les crimes commis dans Lutétia. Autrefois, il était un scientifique renommé, mais une expérience malheureuse l’a conduit à devenir ce qu’il est à présent: un corps déshumanisé, sorte de gribouillis vert rejeté par le monde moderne. Mais pas par tout le monde, puisque deux personnages vont aider Marmelade à prouver son innocence et à échapper à la police. Deux personnages eux aussi en marge de la société: Blanche Noyant, la femme élastique et Apollon le borgne au grand coeur. Avec ses amis, Marmelade va essayer de capturer le véritable criminel, de recouvrir son identité et surtout de retrouver celle qu’il aime.

Prenez l’atmosphère des super héros, femme fantôme, homme élastique, surhomme et placez-les dans un univers fait de brique et de brocs. Donnez leur une apparence à la fois grotesque et sympathique et vous obtiendrez Un Amour de Marmelade. Le ton est résolument décalé: ici point de super héros aux répliques cinglantes et à l’allure hautaine, mais plutôt des marginaux un peu débrouillards, plutôt sympathiques et d’une innocence à toute épreuve. J’aime toujours autant le dessin de Supiot qui colle à merveilleux avec cet univers steam-punk plein de fantaisie et de douceur. Seul défaut (et presque une surprise en bd), il n’y a qu’un tome là où l’univers de Lutétia et les personnages auraient pu nourrir d’autres histoires.

https://i2.wp.com/www.planetebd.com/dynamicImages/album/page/large/12/22/album-page-large-12229.jpg

Tout pareil que H.: j’adore le dessin de Supiot, étrange et fabuleux mélange à la fois naïf et incisif. Et, du coup, même regret: pourquoi ne pas avoir fait une oeuvre plus longue dans laquelle Supiot aurait pu prolonger voire simplement installer les atmosphères, explorer cet univers de Lutetia rétrofuturiste? J’aimerais en savoir plus sur la « guerre des trois couleurs », sur le préfet de police, sur le gouvernement de cette cité qui se protège derrière ses hauts murs des terres désolées et ravagées de la guerre où vivent les marginaux et les exclus, sur ses bordels, sur ses campagnes aussi radieuses qu’oniriques… J’en veux plus!

— Mathieu

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s