Mamers en Mars, édition 2012 (Part I)

Et c’est reparti pour le festival du film européen de Mamers avec pas moins de sept long-métrage et dix court-métrages. Journée du vendredi 30 mars. 

  • 20h00: films d’ouverture

La France qui se lève tôt, court-métrage de Hugo Chesnard

Parcours d’un futur expulsé et de la machine judiciaire qui entraîne les sans-papiers à quitter le pays. Souleymane Bagayogo salarié, contribuable sans-papiers, a été arrêté sur son lieu de travail, puis expulsé vers le Mali. Peu avant, il avait assigné aux prud’hommes son employeur pour faire respecter ses droits.

Si la forme de ce court-métrage (primé dans de nombreux festivals parait-il) est intéressante puisque qu’elle lorgne vers les comédies musicales en introduisant dans un espace hyper réaliste (squat, chantier), l’insouciance de danses et de chants, le fond par contre est plus banal. La scène ou des passagers se révoltent contre l’explusion d’un sans-papier dans leur vol régulier est sympathique mais un peu naïve.

Le Fils de l’autre, long-métrage de Lorraine Levy

Alors qu’il s’apprête à intégrer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents et qu’il a été échangé à la naissance avec Yacine, l’enfant d’une famille palestinienne de Cisjordanie. La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions.

Comment faire un film sur le conflit israëlo-palestinnien en donnant l’impression que tout pourrait être solutionné par une simple poignée de main. Simple: tu évacues tout contexte historique et politique pour ne garder que le familiale et l’intime (l’un des frères de Yacine a été tué mais on ne saura jamais pourquoi et la situation des palestiniens de Cisjordanie est vaguement évoquée quand Yacine explique à Joseph que certains membre de sa famille n’ont plus vu la mer. trop dur). Tout cela donne un film gentil, plein de bons sentiments mais vite à coté de la plaque et complètement naïf dans sa vision de la situation en Cisjordanie. Question mise en scène, c’est plutôt anecdotique et j’ai trouvé que lors de quelques scènes, la direction d’acteurs était à revoir. Un film gentil mais à oublier très vite.

Même impressions que H.: le film vaut pour son cadre mais c’est à peu près tout.

  • 22h15: films en compétition

Le Robot des étoiles, court-métrage de Jérome Debusshère

Un inventeur fou construit un robot qu’il va tester sur sa famille. Le robot en question est un détecteur de mensonge, appareil qui va se retourner contre le fils de la famille, puis son père et enfin la mère.

Le court-métrage est plutôt drôle mais ne vaut que par cela. L’idée n’est pas neuve, on anticipe assez bien la fin de l’histoire (ce qui est dommage pour un court). Sympathique mais pas novateur. J’ai mis la note de 2/5 et Mathieu aussi (attention Mathieu commence à mettre des 2 partout).

Même remarque: un gag peut-il suffire à faire un film, même un court métrage?

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Combat girls, long-métrage de David Wnendt 

Marisa, une jeune allemande de 20 ans, déteste les étrangers, les Juifs, la police, et tous ceux qu’elle considère coupables du déclin de son pays. Elle provoque, elle boit, elle se bat… Il n’y a qu’au sein de sa bande de néo-nazis qu’elle se sent dans son élément. Quand Svenja, une jeune fille de 14 ans rejoint le groupe, Marisa est pour elle un modèle de femme qui se bat pour son idéologie. Mais les convictions de Marisa vont évoluer progressivement après sa rencontre accidentelle avec un jeune réfugié afghan…

Lors de la présentation, l’un des membres du festival nous avait prévenu que les cinq premières minutes étaient insoutenables. Bon, on doit pas voir les mêmes films, America History X était beaucoup plus violent. Le film suit les tribulations de cette néo-nazie entre son grand-père (ancien de la Wehrmacht qui pense encore que les Juifs donnent leur version de l’Histoire allemande et que l’école ment), sa mère qui déteste les étrangers et son copain néo-nazi convaincu. On comprend rapidement que dans le désastre qu’est sa famille, elle se soit trouvée une famille de substitution chez les extrémistes. Svenja suit le même chemin: oppressée par l’attitude hyper autoritaire de son beau-père, elle fait tout pour le contrarier. Adhérer au nazisme est un bon moyen pour elle de se démarquer de lui.

Le film tient surtout par son propos sur les milieux nazis, qui peut parfois faire caricatural mais être en même temps assez proche de la réalité. Difficile de l’aimer ou d’aimer les personnages tant ce sont de gros cons de nazis. La fin est logique et ne surprend pas. Un détail: à un moment de film, il y a un plan sur la voiture des nazis (avec autocollant à la gloire des SS) avec en arrière-plan des éoliennes, l’image est intrigante et je ne sais pas si le réalisateur fait un lien réel entre extrémisme écolo et extrémisme nazi. J’ai mis 3/5 et Mathieu aussi (hou hou).

Le film a des défauts, notamment son explication unique pour le néo-nazisme des jeunes comme étant leur forme de rebellion, mais il a aussi un réel propos sur le cadre socio-culturel dans lequel évoluent ces mêmes jeunes néo-nazis qui est bien traité. Cela dit, le film marque le pas lorsqu’il faut explorer plus en profondeur ces aspects. Le parallélisme entre le nazisme et l’écologie est suggéré par plusieurs plans. Je me demande jusqu’à quel point ce parallélisme est pertinent (il l’est en partie quand on regarde les origines idélogiques auxquelles puisent ces deux systèmes de pensée) mais surtout jusqu’à quel point il peut servir de grille de lecture pour comprendre la société allemande actuelle et également les autres pays germaniques et scandinaves où écologie et nazisme sont tous deux forts. Du coup cela pose la question du corrolaire entre les deux.
Côté réalisation, le film est efficace quoiqu’un peu brouillon parfois sur le choix des cadrages. Le jeu des acteurs est crédible. D’où mon 3/5.

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