Mamers en Mars_Edition 2012 (Part 2)

Journée du samedi 31 mars

Films en compétition

  • 11h00

Renée, court-métrage de Jézabel Marques Nakache

Lors d’une visite chez sa grand-mère, Eva, jeune mère célibataire, prend note de sa fameuse recette de la soupe de pois cassés. Renée, 93 ans, lui livre son petit secret… aux vertus aphrodisiaques.

Un court-métrage plutôt drôle qui vaut surtout pour la performance de l’actrice principale âgée de plus de 80 ans. J’ai mis la note de 3/5, pour l’instant le meilleur court-métrage de la sélection. Mathieu a aussi mis 3/5

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Oui, le meilleur, car il est réellement dialogué. Pour le reste, cela est quand même très classique.

Death of a Superhero, long-métrage de Ian FitzGibbon

Donald n’est pas un lycéen comme les autres. Il est atteint de leucémie et se sait condamné (malgré l’insistance de ses parents et surtout de sa mère à la convaincre du contraire). Mais cet adolescent de 15 ans a l’incroyable talent d’animer du bout de son stylo un monde étrange dans lequel un super héros invincible se bat contre son ennemi de toujours et sa charmante acolyte. Mais si le héros de la Bande Dessinée de Donald est inébranlable et hermétique à toutes émotions, il est quant à lui terriblement fragile et guidé par l’amour.

Un très bon film. D’abord parce qu’il est filmé en Irlande, à Dublin plus exactement et revoir le DART, l’usine du port de Dublin et ses rues ne nous laisse jamais indifférents. Après j’avais peur de voir un film larmoyant sur la maladie et ses conséquences, il n’en est rien. Le scénario est drôle, lucide et ne verse pas dans le pathos. Les acteurs sont formidables: le jeune garçon qui joue Donald notamment (vu dans le film Love actually où il joue le film de Liam Neeson). Le psy n’est autre que Gollum et sans ses fardeaux technologiques, il est parfait. Le réalisateur présent nous expliquait à la fin de la projection tous ses choix de mise en scène et comment il voulait absolument ne pas alourdir le propos par des scènes convenues de larmes. On lui est reconnaissant de ses choix. J’ai mis un 4/5 pour ne pas me bloquer pour la suite du festival. Mathieu s’enflamme déjà et met un 5/5 (mais lui va en Irlande dans quelques semaines, ça doit jouer).

Comment à travers l’art (ici le comics) peut-on fantasmer la réalité + une jolie histoire d’amour tragique (à la Love Story) + Dublin + une vraie qualité d’écriture et de réalisation = mon film préféré du festival jusqu’à maintenant et sans mal au vu des autres films plus ou moins ratés. J’ai ressenti une ou deux longueurs à un moment, et puis le film reprend peut-être un peu trop systématiquement beaucoup de thèmes du genre (le malade attiré par une fille « différente », le psy qui sort des sentiers battus à la Good Will Hunting (au point d’être habillé comme Robin Williams), la scène de mésentente entre les deux amoureux, etc.) mais ce n’est pas grave tant le propos est bien tenu et tant le film reste sur son sujet qu’il approfondit par cercles concentriques jusqu’à une scène finale très réussie (qui a lieu, pour l’anecdote sur la plage de rochers où j’avais ramassé des petits galets et que je porte toujours sur moi quelque part). D’ailleurs, heureusement que le réalisateur a visiblement tenu bon face à ses producteurs qui en aurait fait un film vraiment pas original et du coup pénible.Très beau, très émouvant sans chercher la larme facile et très jolie bande originale. Du coup 5/5 car je voulais démarquer ce film du reste de la programmation.

  • 14h30

Dog Sitting, court-métrage de Sara Verhagen

Une étudiante anglaise à Paris paye ses études en promenant des chiens. Elle va apprendre à ses dépens que parfois le meilleur ami de l’homme peut se révéler le pire des fardeaux.

Toujours le ressort comique qui est avancé dans ce court-métrage, à croire que les courts ne peuvent être que drôles. La fin est prévisible, donc je n’ai pas été épaté encore une fois par les choses de scénario et de mise en scène. J’ai mis 2/5 , Mathieu également.

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Effectivement, le court métrage-gag commence sérieusement à lasser… Ah, on m’annonce que le prochain tombe dans la catégorie court métrage sentimentaliste…

Pizzangrillo, court-métrage de Marco Gianfreda

Las de vivre, Ettore (65 ans) essaie tous les jours de trouver le courage de se jeter avec son trois roues dans un fossé. Quand son neveu de dix ans Luca découvre ses intentions, il décide de le suivre en cachette.

Cette fois, il ne s’agit pas d’un court-métrage drôle, mais plutôt d’une bleuette sentimentale sur les relations entre un enfant et son grand-papa suicidaire. J’ai trouvé ça inintéressant et lui met la note de 1/5. Mathieu a été plus conciliant en donnant 2/5 à ce court-métrage.

Ne serait-ce que parce que ce n’est plus un court métrage-gag et que la scène finale dans un manège vide est jolie, cherchant à invoquer une réelle émotion de l’image. Mais bon… Ce serait bien si la sélection pouvait comporter des courts plus originaux (je ne sais même plus si cela existe).

Our Grand Despair, long-métrage de Seyfi Teoman

La cohabitation paisible de deux célibataires de 30 ans est perturbée quand ils tombent amoureux de la ravissante jeune femme qui emménage avec eux.

Ce genre de film en période de digestion n’est pas approprié et j’avoue avoir dormir pendant quelques minutes. Étant donné qu’il ne se passe rien ou presque, c’est pas bien grave. L’histoire est convenue (deux amis qui tombe amoureux de la même femme). Seule surprise: il ne se passe rien (même pas un baiser), du coup pas de scènes de drame ou de conflit, les deux hommes discutent de leur sentiment pour elle sans lui en parler. A la fin tout va bien, elle repart et ils restent amis. A noter quelques plans sur Ankara, la capitale mais relativement mal filmé donc finalement assez inintéressants. Et une vague, très vague référence à Steinbeck, Des Souris et des hommes, que j’ai été la seule à voir puisque Mathieu dormait déjà. 1/5 pour moi et Mathieu.

Alors, tiens on va faire un film sur deux hommes qui vivent ensemble, mais qui sont pas homos, mais si peut-être hein, mais bon on est en Turquie donc chut faut pas le dire, mais on va mettre un triangle amoureux avec une fille comme ça on aura pas à traiter notre sujet, et puis ils vont parler ensemble et avoir des envolées lyriques insupportables à la traduction (le côté film littéraire en turc, quand on ne parle pas la langue, c’est difficile d’en ressentir les éventuelles subtilités) et puis ils vont faire la cuisine. Une sorte de Sideways mâtiné de Jules et Jim le côté ultra chiant en plus. Seul intérêt qu’il reste: la Turquie et Ankara, mais que c’est faible quand on pense, par exemple, à la manière dont est montrée la société iranienne dans Une Séparation. Je sais, c’est mal de comparer, mais là le « long désespoir » c’était pour nous, spectateurs. Question: comment cela fonctionne une sélection de festival? Autre question: certains spectateurs ont mis des 3/5 et des 4/5 à ce film; ils n’avaient pas mangé mais fumé avant?

  • 17h30

108,1 FM, court-métrage de Angelo Capasso et Giuseppe Capasso

Un automobiliste, un auto-stoppeur, un programme radio. Un voyage de nuit entre la suspicion et la paranoïa. Une métaphore sur les médias.

En fait de métaphore, tout cela est bien convenu et surtout le propos et la réalisation sont extrêmement datés. Aucun intérêt dans ce court-métrage certes fait avec un budget dérisoire mais sans aucune originalité. 1/5 pour moi comme pour Mathieu. A croire que Renée est un chef d’oeuvre.

Moi je n’ai pas compris le film, je dois l’avouer. Lorsque la chute est arrivée, je me suis demandé quel était le rapport avec ce que je venais de voir. Le problème repose dans le fait que ce court métrage tient tout entier sur un quiproquo que je n’ai pas perçu. Alors j’étais bien embarassé ensuite car le réalisateur a expliqué qu’il voulait faire quelque chose inspirée de La Guerre des mondes d’Orson Welles et une réflexion sur le fait que Welles avait réussi à faire croire au public américain qui écoutait ce feuilleton à la radio qu’il y avait vraiment des Martiens qui envahissaient la Terre. D’où la citation de Marshall McLuhan en ouverture de ce film (« The medium is the message »). Oui mais faute de moyens (ils n’ont eu que 2 000 euros de budget) je n’ai pas vu cela et du coup ça a fait pschit.

Soul Wash, court-métrage de Douglas Attal

Ben tient, avec ses amis Sam et Martin, un magasin de disques de soul en crise. Il est amoureux de Flora, une cliente, mais n’ose se déclarer. Son grand-père lui parle alors du Soul Wash, une lessive magique qui sublime les disques et pourrait l’aider…

https://i1.wp.com/static.wix.com/media/7aa7833de512365202ff8f52e8bf4bae.wix_mp_256Le court-métrage à grand budget, avec des vedettes du cinéma et de la chanson en prime. Du coup, l’histoire a de la gueule. Après j’avoue que c’est pas non plus un chef d’oeuvre, mais après ce qu’on a vu précédemment, ça passe mieux. J’ai donc mis 3/5, notamment pour cette idée plutôt sympa de disque qu’on passe à la Soul Wash pour les rendre plus soul. Mathieu a été moins conquis et a mis 2/5.

C’est le moins qu’on puisse dire: j’ai trouvé ça limite pénible. Seul truc intéressant (qui explique le 2/5) c’est l’idée de la lessive qui transforme « I kissed a girl » en version soul. Pour le reste, c’est limite.  Ainsi, les scènes où Ben vit sa vie comme une bande son des tubes de la soul (en split screen comme dans les clips des années 1970) m’ont paru factices et ne marchaient pas. Bon, cela dit, cette fois je ne peux pas me plaindre: cela ne rélève pas du court-gag ou du court-larmoyant.

Leila, long-métrage de Lesley Manning

En apparence, Paul et Leila ont tout d’une famille heureuse. Une maison confortable, deux beaux enfants, et plus important que tout ils ont leur amour l’un pour l’autre. Mais là est le problème… L’amour peut rendre fou…

Une histoire de jalousie dans un couple, en apparence heureux. L’histoire n’est pas originale et a déjà été traitée en beaucoup mieux dans de nombreux films (je pense notamment à L’enfer de Chabrol). Il y a en plus quelques problèmes de scénario quand à un moment on ne comprend plus pourquoi cette femme annule un week-end en famille parce qu’ils ne trouvent plus la caméra (du coup, elle va seule chez sa mère, j’ai pas bien compris pourquoi). Les acteurs jouent bien, même très bien, mais l’histoire fait trop déjà-vu et la mise en scène est trop passe-partout.. J’ai mis 2/5 parce que le film m’a tenue éveillée. Mathieu a été plus sévère avec un 1/5.

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Même symptômes que pour Our Grand Despair: un sujet déjà traité mille fois au cinéma, par des maîtres, et qu’on reprend pour ne surtout pas proposer quelque chose d’original. Un plan (sur l’ensemble du film!) a fait oeuvre de mise en scène (on comprend que Paul a des ennuis de travail lorsqu’on assiste à une dispute depuis l’autre côté de la rue et qu’on voit la dispute évoluer de pièce en pièce vitrées jusqu’à ce qu’ils sortent dans la rue) sans pour autant être révolutionnaire non plus, hein, faudrait pas faire peur au spectateur en lui proposant un cinéma innovant.

Autre « apport » de la mise en scène: les métaphores hyper lourdes. Au début du film un plan sur un robinet qui fuit (ah-ah, se dit le spectateur pas trop débile: il y a un petit truc qui ne va pas) puis on a la pluie diluvienne filmée à plusieurs reprises à travers les carreaux (et on donc on comprend que cette fois c’est les grandes eaux de la haine, super subtil). De même, le film tisse une métaphore de l’araignée (Leila) et de la mouche (Paul) qui apparaissent à maintes reprises — ouh, c’est hyper concept. Pitié!

Question: quel intérêt? Question susbsidiaire: comment cela se passe la sélection d’un film dans un festival? (Ah, on me dit que je me répète, mais oui, parce que je me suis bien fait chier, surtout quand je dois attendre une demi-heure avant chaque séance que le jury veuille bien se donner la peine de se pointer… et c’est ce qui se passe alors: je radote.)

  • 21h00

Les filles du samedi, court-métrage d’Emilie Cherpitel

Eva se réveille seule dans un appartement inconnu. Son fiancé de la veille a disparu mais Léon son petit frère est bel et bien là et elle n’a pas d’autre choix que de passer la journée avec lui.

Histoire encore convenue d’une jeune fille qui se réveille dans un appart après avoir couché avec un mec rencontré la veille au soir, mec qui n’est plus là et qui lui a laissé la garde de son petit frère. L’enfant joue plutôt bien, l’actrice aussi mais tout cela manque d’intérêt. A croire que les seules histoires que les nouveaux réalisateurs peuvent inventer tournent soit autour de l’humour soit autour de situations amoureuses. Les films de genre (longs ou courts) n’existent pas. J’ai mis 2/5 pour le gamin, Mathieu amis aussi 2/5.

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Moi j’ai mis 2/5 pour le plan flou sur les seins et la petite culotte au début… Je rigole, mais bon, sérieusement, sans être déplaisant, encore un film qui n’offre rien.

The Poll Diaries, long-métrage de Chris Kraus

A la veille de la Première Guerre mondiale, Oda von Siering quitte Berlin pour retrouver le domaine familial de Poll sur la côte baltique. Dans cette impressionnante maison sur pilotis, son père, un savant désavoué par le corps médical, poursuit ses recherches. Aux alentours, Allemands, Russes et Estoniens se côtoient non sans difficulté. L’inquiétant professeur n’hésite d’ailleurs pas à profiter des soldats du tsar Nicolas II, qui lui confient pour ses études les dépouilles des anarchistes exécutés. L’un d’eux, vivant mais blessé, est recueilli secrètement par Oda. Ils se lient d’amitié malgré le danger…

Un beau ratage. Le film oscille entre trois thématiques possibles: l’Histoire avec les prémisses de la Première Guerre mondiale, la Science avec ce scientifique qui préfigure ce que seront les travaux et les idéaux nazis et la Littérature avec le personnage d’Oda, poétesse réputée mais qui n’est plus lu à l’heure actuelle (pourquoi, on ne sait pas). Malheureusement, le réalisateur se focalise sur la relation entre Oda et cet anarchiste et tout le reste (ce qui pourtant aurait donné tout son intérêt au film) passe au second plan. on saisit ici ou là des références à des événements ou des thématiques connus (la craniologie, la science comme Art), mais sans avoir la possibilité d’approfondir la réflexion. Dommage. J’ai mis 2/5 car j’attendais beaucoup de ce film et j’ai été vraiment déçu. Mathieu a été moins sévère et a mis 3/5.

J’ai mis un 3/5 pour distinguer ce film des autres, ne serait-ce que par « l’originalité » (les guillemets ne s’expliquent que par rapport aux autres films du festival) du thème et presque du genre. Bon, c’est un film à plus grands moyens, mais ceux-ci sont mal employés. D’ailleurs, je crois que le plus grand problème est la réalisation: au lieu de faire des plans aériens qui coûtent la peau des fesses, le réalisateur aurait été mieux inspiré de traiter son ou ses sujets.
Il est d’ailleurs impressionnant que l’un de ses personnages principaux, le scientifique adepte de l’anthropologie sociale, de la craniologie, de l’inégalité des races et de l’eugénisme, pur produit de cette « science raciale » du XIXe siècle, ne soit absolument pas restitué dans son contexte même lorsque deux professeurs de Vienne arrivent pour lui rendre visite. Au spectateur de faire le lien? Mais, sans vouloir faire mon pédant, la coïncidence fait que je suis en train de lire Carole Reynaud-Paligot (De l’identité nationale. Science, race et politique en Europe et aux Etats-Unis, XIXe-XXe siècle) et que je suis donc capable de le faire…
Bon, et question cinéma pur: le décor avait un réel intérêt mais il est mal exploité; la période historique, ce moment particulier de veille de la guerre héritère d’un long XIXe siècle qui a inventé une modernité si barbare (ainsi que l’anthropologie sociale l’incarne), est une sorte de toile de fond presqu’inutie (pourquoi il y a des Allemands dans les pays baltes? pourquoi des Russes? pourquoi et qui sont ces anarchistes? On s’en fout!); le rapport à la littérature, mais aussi le rapport de la littérature à la science n’est pas traité non plus (visiblement cette poétesse que je ne connaissais pas a d’ailleurs eu un rôle ambigu pendant le IIIe Reich et visiblement le réalisateur est son petit-neveu…). Que reste-t-il? L’ébauche d’un film qui aurait pu être passionnant mais là qui tombe dans le baroque foutraque des films russes type Le Barbier de Sibérie. Mais dans ce festival, c’est déjà bien suffisant… Par contre, il aurait fait « l’unanimité » de la sélection? Euh… et Death Of A Super-Hero, c’était le cas? Je suis inquiet pour les deux derniers films d’aujourd’hui…

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