Mamers en Mars, édition 2012 (Part II)

Journée de dimanche 1er avril

Films en compétition

  • 14h00

Ma part du bonheur, court-métrage de Carole Mathieu

Après jugement, Antonin Monterno a obtenu la garde de sa fille Mila, deux week-ends par mois et la moitié des vacances scolaires. Très atteint par cette séparation, il décide de passer une journée de plus avec elle.

Comment gâcher une bonne idée en trois plans finaux. L’histoire de ce père qui veut absolument passer une journée avec sa fille, bien que n’ayant pas l’autorisation de la mère est touchante. La scène où il se fait embarquer par les flics est un peu appuyée, mais bon ça passe. Par contre les trois plans à la fin (ou deux je sais plus) avec les chiffres des divorces et des plaintes type « main courante » lorsque l’un des parents décide de prendre l’enfant en dehors de ses temps de visite est à la fois inutile et passablement vexant (on avait compris le propos pas besoin d’en rajouter). J’ai mis 2/5.

https://i2.wp.com/medias.unifrance.org/medias/93/35/74589/format_web/ma-part-de-bonheur.jpg

Pareil que H.: 2/5. Ce film est touchant, mais trop appuyé. Sans doute est-ce aussi l’effet lassitude (encore un film sentimental).

Avé, long-métrage de Konstantin Bujanov

Parti de Sofia, Kamen se rend en stop à Roussé, dans le nord de la Bulgarie. Sur la route, il rencontre Avé, une jeune fugueuse de 17 ans, qui lui impose sa compagnie. A chaque nouvelle rencontre, Avé leur invente des vies imaginaires et y embarque Kamen contre son gré. D’abord excédé par Avé et ses mensonges, Kamen se laisse troubler peu à peu.

A la lecture du synopsis, j’avoue avoir craint le pire. Au final, le film est pas mal et les personnages assez attachants. J’ai beaucoup aimé la scène où un automobiliste comprenant que la fille a menti, l’éjecte de la voiture en lui balançant des taloches. Le réalisateur parvient à rendre ses acteurs beaux (ce qui pour le garçon relève de l’exploit). Mathieu a bien aimé la scène de sexe, la trouvant sensible. Moi j’y ai vu de la pudibonderie. J’ai mis 3/5 non pas parce que le film est génial (on s’ennuie quand même un petit peu et j’aurai aimé avoir un point de vue plus large sur la jeunesse bulgare et pas une simple bleuette), mais parce qu’il est moins navrant que je le pensais.

Bonjour la réputation! J’ai également noté le film 3/5 parce qu’il a le mérite de nous faire découvrir la jeunesse désoeuvrée de Bulgarie, les bas-fonds, les marges de ces ados à la dérive qui hantent les squats, font du stop, débarquent dans des familles en deuil dans une ville perdue du nord du pays. J’ai effectivement trouvé que le rapport au sexe était subtil, tendre et d’ailleurs la réalisation (c’est son principal mérite) rend beau le personnage masculin qui a pourtant un physique particulièrement rugueux. Mais c’est vrai que sinon, ça casse pas non plus trois pattes à un canard…
  • 16h30

Posturas, court-métrage d’Alvaro Oliva

Dolores, une femme âgée qui habite dans un village, décide d’animer sa vie conjugale en apportant un livre du Kamasutra à son vieux mari.

Le gag des petits vieux qui découvre le kamasutra. J’attendais la scène de sexe avec impatience. Bon en fait, il n’y a rien c’est quand même un film espagnol, on va pas montrer des gens (et encore plus des vieux) qui font l’amour même dans un film qui se veut hyper cool avec le sujet. Navrant, d’autant que la salle était pliée de rire. 1/5 pour moi.

Même chose que Hélène: 1/5 (les boggans sont en harmonie). Le film est affligeant.

Le piano, court-métrage de Lévon Minasian

En 1988, un séisme a détruit la ville de Léninakan en Arménie. 13 ans après, Loussiné, orpheline, est une pianiste talentueuse. Pour préparer un concours, le Ministère de la Culture met à sa disposition un piano. Mais l’abri où elle vit est trop petit.

On annonce le court-métrage émotion. Malheureusement à ce stade du festival, j’en peux plus de leur émotion consensuelle. Alors certes la jeune fille joue bien (mais toujours le même morceau quand même), les concours type union soviétique, ça a de la gueule, mais là on voudrait passer à autre chose. 2/5 pour le piano.

1/5: c’est long (pour un court, faut le faire!), ça n’a rien d’intéressant, e faux humour consensuel et gentillet des « gens normaux comme vous et moi » sonne faux. Cela est censé nous montrer l’Arménie. Si ça c’est l’Arménie, alors Disney c’est l’Amérique.

Nokas, long-métrage de Erik Skjoldbjaerg

L’histoire du braquage légendaire de la banque NOKAS en Norvège. 11 hommes, 20 minutes et 57 millions de couronnes.

Lors de la présentation, et contrairement aux autres films, on nous annonce que le film n’a pas fait l’unanimité. Espoir, quand tu nous tiens, on se dit alors que peut-être on va voir quelque chose d’intéressant puisque suscitant d’après les organisateurs, le débat. Voici donc un film de braquage en temps réel, qui suit le parcours des flics et des braqueurs lors de cette journée fatidique où la banque Nokas a été braquée. Le film joue la carte du réalisme puisqu’il se base notamment sur les témoignages des flics et des personnes impliquées. J’ai été vraiment prise par le film: on suit avec curiosité le parcours des braqueurs (qui vont cumuler les problèmes tout au long de leur braquage) et les réactions des flics qui oscillent entre attentisme et précipitation (les braqueurs étant peu actifs eux-mêmes, il y a beaucoup de scènes où chacun s’observe).

Pas le film du siècle, mais un film qui se tient et qui tient le spectateur. En sortant, rencontrant un jeune membre de la sélection, je lui ai posé la question à deux balles: mais pourquoi un débat? En fait il y avait les membres du jury qui voyaient le film comme un docu-fiction et qui le jugeaient pas réaliste. Et les autres qui le prenant comme un film de fiction le trouvaient très bien. Là tu dis bon ce n’est pas un docu-fiction donc l’argument ne tient pas. Un film ne doit pas être réaliste mais crédible, faut pas confondre. Et ce n’est pas parce que c’est une oeuvre de fiction qu’il peut tout se permettre. Ce que ce jeune membre du festival reproche aux films, ce sont les scènes où on voit les gens dans la rue qui continuent à marcher alors que le braquage est en court. Il aurait voulu probablement des gens qui courent dans tous les sens, genre panique bien américaine. Ce qui 1) n’est pas forcément réaliste 2) n’est pas forcément crédible, étant donné que les braqueurs qui surveillaient la rue étaient en habit de policier et donc ont été pris par la population non pas pour les braqueurs mais pour la police en intervention (il y a des scènes où des gens dans la rue leur demandent ce qu’ils doivent faire). Du coup, tu cours pas forcément. J’en déduis que non seulement ce jeune confond réalisme et crédibilité mais qu’en plus pour lui réaliste veut dire action (s’il ne se passe rien lors d’un braquage, il juge ça peu ou pas réaliste).

On a fini par partir, et j’ai de plus en plus de doute sur les choix des membres du festival. J’ai l’impression qu’ils ont des goûts très consensuels (et très basé sur l’émotion et assez peu sur la réflexion) et qu’en plus l’aspect technique des films ne les intéresse pas. J’ai mis 4/5, parce qu’enfin j’ai pris plaisir à voir un film et à la suivre et parce que certaines scènes étaient vraiment bien filmées (dans le choix du point du vue de la caméra notamment).

J’étais un peu moins séduit par le film que H. Je lui ai attribué la note de 3/5. Pas mal fichu, prenant, mais finalement n’allant pas au bout de ses choix de réalisation. Cela dit, j’aime bien sa manière de terminer, brutalement, sans concession pour tout sens de la narration et de l’histoire que tout spectateur s’attend à voir au cinéma. Ce qui l’intéressait, visiblement, c’était le déroulé. La suite, les arrestations, le procès — tout cela est expédié en quelques textes de fin.

Je ne reviens pas sur les choix de réalisation: H. les a expliqués. Je resté épaté par le côté attentiste voire calme de tous les protagonistes: les braqueurs, qui prennent leur temps pour défoncer une vitre blindée récalcitrante et ne s’inquiètent pas de l’arrivée de la police, confiants dans leur supériorité de puissance de feu; la police, finalement qui reste calme, cherche à circonscrire la violence; les passants, qui ne comprennent rien de ce qui se passe, ne sachant pas, évidemment, qui est qui, vu que tout le monde est habillé en flic.
Un film intéressant, et enfin un film qui s’interroge sur la forme (avec Death of a Super-Hero).

 

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