Luther (saison 1 et 2) de Neil Cross

Luther est un flic londonien aux méthodes peu conventionnelles. La saison 1 débute par sa confrontation avec un tueur en série de jeunes enfants. Alors qu’il a la possibilité de sauver ce tueur, une fois l’information sur la localisation d’une jeune victime a été obtenue, Luther choisit de le laisser tomber. Le tueur s’écrase quelques mètres plus bas mais malheureusement pour lui, il n’est pas tué et reste dans le coma. Désormais l’ombre de ce tueur plane sur Luther et sur sa carrière. Sa femme se barre et ses relations avec ses collègues de boulot ou ses patrons s’en ressentent. Il reste que Luther continue son travail avec toujours autant de génie. Il est le seul capable d’identifier un tueur par son bâillement, le seul à comprendre le fonctionnement d’un ma, ayant lui-même laissé cette part d’ombre prendre le pas sur ses émotions. Au fil des saisons, on suit donc les enquêtes de Luther (avec un schema d’une enquête par épisode) et en parallèle les déboires de ce pauvre flic pris entre sa femme, ses supérieurs, ses collègues et … Alice.

Présenté comme l’une des meilleurs séries produites récemment par la BBC, on est rapidement surpris par 1. le manque d’originalité (rapidement la série se conforme aux schémas du genre un épisode, une enquête) et surtout 2. à son profond manque de crédibilité. Je vais pas faire la liste de toutes les incohérences du scénario mais juste donner quelques exemples: Alice a menacé en plein jour et à découvert la femme de Luther mais ce dernier considère qu’il n’a pas suffisamment de preuve pour l’arrêter (le témoignage de sa femme ne doit visiblement pas compter dans leur esprit). Alice menace Luther avec un poignard, mais là encore, preuves insuffisantes pour ne serait-ce que l’interroger. Alice n’est pas arrêtée pour son crime, du coup elle devient pote avec Luther. On comprend alors qu’il ne fallait pas qu’il l’arrête pour construire cette pseudo relation à laquelle on ne croit pas une seconde et qui n’apporte pas grande chose de toute façon. Luther identifie un tueur grâce à son bâillement (le tueur ne baille pas quand Luther baille, preuve de son manque d’empathie, plus con tu meurs), mais ne sait pas comment faire quand au cours d’une enquête, il identifie un assassin comme étant un faux conducteur de taxi. Scène hallucinante dans le commissariat où tous les flics concèdent qu’ils n’ont aucune information valables pour coincer le type. C’est vrai, vous savez juste qu’il fait le taxi la nuit pour approcher ses victimes, détail relativement énorme. Le comble de l’incohérence est atteint quand l’équipe de Luther parvient à savoir où va se rendre le tueur, et que plutôt que d’envoyer une patrouille sur place, ils appellent pour comprendre rapidement que le tueur a déjà agit. Luther visiblement n’a plus le droit de se rendre sur place, (on n’explique pas très bien pourquoi à ce moment là). Mais l’incohérence continue, les flics ne bougent toujours pas et essaient de savoir si d’autres personnes vont se rendre sur les lieux, découvrent qu’une call-girl va s’y rendre… et cherche à l’appeler. Visiblement la police londonienne se charge de ses enquêtes uniquement par téléphone.

Plus tard, un collègue de Luther, personnage relativement anodin depuis le début de la série, devient en deux épisodes un flic corrompu hyper violent qui finit par tuer à tours de bras. Là il faut comprendre que la fin de la saison 1 doit ménager un nouveau traumatisme pour Luther qui grâce à Alice vient de se débarrasser du péché originel. Sauf qu’on y croit moyen. Dans la saison 2, Luther se trouve affublé d’une jeune ado (on sait à peine d’où elle vient) et il décide encore une fois (il le fait à chaque épisode parfois) de foutre en l’air sa carrière en allant contre tous les règlements de police pour sauver cette gamine qu’il ne connaissait pas ni d’Eve ni d’Adam deux épisodes plus tôt. En gros, voilà une série qui crée des effets de manche en multipliant les incohérences dans le but ultime de nous faire croire à un rapprochement flic / tueur qui n’est pas vraiment exploité en fin de compte. . Et il faut ajouter aux incohérences scénaristiques, une esthétique hyper américaine: Londres ressemble à New York, les flics agissent comme des flics américains, on est en plein cliché hollywoodiens. Idris a beau être un bon acteur, là je trouve que cette série n’est pas valable, même avec un générique aussi glamour.

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