Martha Jane Cannary, tomes 2 & 3, de Matthieu Blanchin &

https://i1.wp.com/www.futuropolis.fr/media/22163697.2.jpgQuelques années ont passé après que Jane soit devenue « Calamity » et ait décidé de refaire le chemin de la conquête de l’Ouest à l’envers, fuyant ce monde sauvage de brutes et de Peaux-Rouges, attirée, elle, par l’Est, la richesse, et un bonheur que la société et l’époque dans laquelle elle vit lui refusent. Mais, visiblement, il s’est passé quelque chose car on la retrouve toujours dans les plaines de l’Ouest, ici les Black Hills en l’occurence, vivant dans une ferme perdue dans les neiges, avec un autre couple et son enfant. Elle-même a eu une fille…

Un 2e tome un peu inférieur au précédent. L’histoire se focalise plus sur le côté intimiste (et forcément plus problématique, eu égard aux sources) de la vie de « Calamity » Jane, perdant au passage ce qui faisait tout son intérêt, à savoir le lien entre cette femme si symptomatique car en rébellion et son époque.
Cela dit, la narration reste agréable et on s’attache à la version fantasmé mais peut-être réelle de la liaison entre Jane et Wild Billy Hickock à Deadwood. Ca me donnerait presque envie de redonner sa chance à la série Deadwood tout ça…
Le troisième tome retrouve un souffle plus vigoureux. La problématique de l’ensemble — la dichotomie entre Martha Jane et « Calamity » Jane, c’est-à-dire entre le personnage réel mais peu connu et sa légende — redevient le centre de ce troisième volume.
Cette interrogation est passionnante et pour celui aime l’histoire, c’est du pain béni. Que sait-on de Martha Jane, au-delà de sahttps://i1.wp.com/www.bdfugue.com/media/catalog/product/cache/1/image/17f82f742ffe127f42dca9de82fb58b1/9/7/9782754803663_1_75.jpg légende? Comment s’est fabriquée sa légende? Quelle part a-t-elle joué dans cette fabrication? Tout ceci recoupe évidemment la légende plus large de la conquête de l’Ouest, de la Frontière, un moment et un espace passionnants.
Cependant ce troisième tome souffre sans doute de la rareté des sources et de la documentation sur la véritable Martha Jane Cannary et, de fait, passe rapidement sur des évènements pourtant essentiels. Ou, inversement, la rencontre entre Martha Jane et sa fille qu’elle a abandonnée, est traitée de manière assez longue alors que la fabrication et l’émergence de la légende est traitée rapidement, certains évènements sont expédiés en une bulle avec une une de journal pour les évoquer.
Derrière cela, il faut voir l’embarras des deux auteurs et notamment du scénariste qui, dans une note finale, explique qu’au moment où il travaillait sur le 3e tome, a cherché à intégrer les informations d’une nouvelle biographie scientifique qui venait de sortir aux Etats-Unis (et qui a l’air très intéressante, on le comprend). Mais du coup, il aurait fallu soit revoir toute la structure de son récit — option impossible — soit — option retenue — ajouter quelques éléments à travers quelques bulles. Malheureusement cette deuxième option donne un sentiment d’inachevé ou de superficialité.
Néanmoins, pour le sujet traité et pour des planches souvent réussies, tant sur le plan de l’histoire que du dessin (j’aime ce côté carnet de voyage de l’Ouest), cette oeuvre était un plaisir de lecture.

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