Parade’s End

Adaptation par la BBC et d’HBO de la tétralogie de Ford Madox Ford. Le script a été écrit par Tom Stoppard et les cinq épisodes ont été réalisés par Susanna White. Parmi les personnages récurrents de la série, nous trouvons:

  • Christopher Teitjens, un brillant statisticien, marié à Sylvia. Les deux se sont rencontrés dans un train et ont eu une aventure. Ils se marient ensuite, alors que Sylvia est enceinte même si Christopher a de sérieux doute sur sa paternité réelle.
  • Sylvia, une aristocrate qui vit avec sa mère et le prêtre catholique de la famille. Elle multiplie les aventures avant et après son mariage. Elle même ne sait pas qui est le père de son enfant.
  • Macmaster, ami et collègue de Christopher. Rêve d’une carrière de critique et s’est déjà essayé à l’écriture d’essai.
  • Valentine Wannop, suffragette. Elle vit avec sa mère et son frère. Très portée par les idées progressistes, elle fait la rencontre de Christopher alors qu’elle s’invite sur le terrain de golf d’un aristocrate. Christopher tombe sous son charme, elle également. Mais ce dernier ayant pour principe la monogamie et la fidélité, leur histoire pour un temps reste platonique.
  • Edith Duchemin, marié à un fou. Elle s’entiche de Macmaster partageant avec lui une passion pour la littérature. Elle devient la confidente de Valentine.

L’intrigue débute vers les années 1910 (il me semble que la date de 1912 doit apparaître dans le premier épisode) et se termine en 1918. On suit donc dans les premiers épisodes, les relations difficiles entre Christopher et sa femme, ainsi que les quelques moments qu’il a avec Valentine. L’arrivée de la guerre amène le départ de Christopher pour le front ce qui va tendre à l’extrême les relations avec sa femme. Le titre fait probablement référence au comportement de Christopher, qui reste arque-bouté sur ses valeurs anciennes alors que le monde change autour de lui. La parade est donc terminée, fini le temps de l’honnêteté, de la sobriété, de la constance, place aux compromissions, aux mensonges. 

Quatre romans adaptés en cinq épisodes de cinquante minutes. On voit déjà le problème. Les évènements s’enchaînent à une vitesse incroyable, on n’a donc pas le temps d’apprécier les changements des personnages. Parfois certaines phrases ou certains comportements paraissent incongrus du fait même de cette succession incessante de scènes. La représentation de la Première Guerre qui occupe tout de même trois épisodes est désastreuse. Les cinéastes n’arrivent pas à représenter cette guerre, entre les moments de tension extrême lors des assauts et les moments d’ennui quand les lignes ne bougent pas. L’ensemble du camp où est basé Christopher fait factice et le jeu de Cumberbatch ne comble pas ce manque (je trouve même qu’il y a peu de différence dans le jeu de l’acteur entre le chagrin de ne pouvoir aimé la femme de son choix, et la souffrance née de ses souvenirs de guerre). Si le personnage de Sylvia est relativement bien mis à l’écran, celui de Valentine Wannop manque de consistance. Comme suffragette, elle est bien gentille quand même. On aurait aimé la voir plus vindicative parfois. Elle donne l’impression que ces démonstrations ne sont qu’un jeu d’enfant qui disparaîtra avec le temps.

Maintenant, pour être tout à fait honnête, et comme cette série est souvent comparée à Downton Abbey (même milieu, même époque), je dois avouer que sans l’ombre d’un doute Parade’s End lui est très supérieure. Downton Abbey, c’est Santa Barbara dans les tranchées (avec l’un des personnages soldat qui rentre tous les week-ends chez sa maman après sa semaine de tranchée). Ici il y a juste un problème de mise en scène et peut-être d’écriture. Cinq épisodes pour quatre romans, cela me parait pas jouable dès le départ (et malgré les talents d’écrivain de Tom Stoppard).Par contre, je viens de commander (et de recevoir) la trilogie de Ford, car cette série m’a donnée envie de la lire.

— H.

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H. a tout expliqué. Quelques commentaires supplémentaires: le jeu des acteurs est très bon. « Baume de concombre » est plutôt bon, et il parvient — exploit non négligeable — à faire oublier son rôle de Sherlock Holmes. L’interprète de Sylvia est très bonne: elle parvient à rendre son personnage ambivalent, sympathique presque, intéressant en tout cas, alors qu’elle a quand même le mauvais rôle. Alors sinon, oui, il y a clairement un problème de format et donc d’écriture qui vire parfois au grostesque (les scènes du pasteur fou évoquent davantage Benny Hill que la fin d’un monde). La réalisation est effectivement un autre problème, notamment lors des scènes de guerre, sauf une, lorsque Tietjens prend un café et un sandwich, assis, seul, dans une tranchée boueuse. Il se dégage de cette scène ce qu’il faut de mélancolie et de beauté triste, ce qui doit correspondre au roman, je crois.

Même avis que H.: entre « Gala dans l’aristocratie anglaise pendant la Première Guerre » et cette série, il n’y a pas photo. Et puis le grand mérite de cette série aura été de me faire découvrir une oeuvre que je ne connaissais et de m’avoir donné envie de la lire… allongeant ainsi ma liste toujours plus longue de livres à lire…

— Mathieu

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