Mad Men (Saison 5) de Matthew Weiner

Après une année en demi-teinte pour Don Draper, cette nouvelle saison s’ouvre sur une perspective plus réjouissante pour lui. Il vient de se marier, la nouvelle compagnie est encore fragile mais les clients affluent et le temps est à l’optimisme. Et pourtant, si tout va bien, rien ne va: Megan ne trouve pas sa place dans l’agence et rêve d’autre chose. Bethy n’est plus que l’ombre grossissante d’elle-même, engoncée dans son unique rôle de mère, elle qui pourtant il y a peu était une femme séduisante. Pete ne se reconnaît pas dans sa nouvelle vie (femme, enfant et maison à la campagne), et rêve de revenir en arrière. Lane ressent de plus en plus son impossibilité à devenir un membre à part entière de l’agence, notamment par son origine britannique. Ils sont tous malheureux, éprouvent tous un manque et pensent tous trouver le bonheur dans la réussite professionnelle et financière. Une frénésie qui les ramènera encore plus à leur insatisfaction.

Si la saison 4 de Mad Men m’avait laissée un peu sur ma faim, tant j’avais l’impression que le personnage de Don et finalement toute la narration tournait en rond, j’ai retrouvé un intérêt certain et plaisant pour Mad Men en suivant cette saison 5. Plusieurs moments m’ont particulièrement marquée, comme l’anniversaire de Don (Zou Bisous), la soirée des trophées, la chute de Lane. J’ai beaucoup d’empathie pour le personnage de Megan, personnage en apparence simple mais qui recèle un vrai complexité. Et surtout j’adore Sally. Cette jeune fille devient au fur et à mesure des saisons, un être de plus en plus conscient des limites du monde adulte et des rapports hommes  / femmes. L’actrice qui l’interprète est impressionnante dans sa capacité à manifester à la fois de l’insouciance (naturelle à son âge) et du discernement. Enfin je trouve que Mad Men qui pouvait paraître comme une série exclusivement masculine (notamment par son personnage central, Don) devient une série où les femmes occupent de plus en plus le devant de la scène. Parallèlement aux modifications des codes de travail (et de la société de consommation), on voit émerger une nouvelle féminité. Évolution décrite avec tact par les scénaristes qui présentent bien l’avant et l’après, les gains et les pertes qu’elle implique pour les femmes. Et j’aime toujours autant la lenteur de cette série, comment elle avance par touches successives juqu’au moment où jaillit véritablement le sens profond de tous ces épisodes.

— LN

http://itstvnews.files.wordpress.com/2012/02/madmen-affiche-saison5min.jpg?w=610

Je suis littéralement fasciné par Mad Men en général et cette saison en particulier. Comme H., j’avais ressenti une certaine crainte face à la saison 4 qui me semblait un peu en perte de souffle, mais ici, on retrouve cette narration qui semble aller nulle part mais qui délivre, au final, des messages d’une puissance inouïe car subtils, à l’image des premières saisons. La réflexion menée sur les années 1960 et cette société d’abondance et d’insatisfaction, sur les femmes (les vraies « héros » de la série), sur les enfants est d’une telle profondeur tout en étant présentée comme par mégarde, sans insister, rien que par le pouvoir des images (toujours aussi sublimes) et des dialogues (toujours aussi incisifs). Et comme H., je suis épaté par le personnage de Sally. Je me demande à présent si cette série n’est tout simplement pas la plus intelligente que j’ai pu voir.

— Mathieu

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