Shadow Dancer de James Marsh

https://i0.wp.com/destinationcine.com/wp-content/uploads/2013/01/Shadow-Dancer-Affiche-France.jpgDans les années 1970, une jeune Irlandaise (Andrea Riseborough) assiste impuissante à la mort de son jeune frère, tué par une balle perdue, balle qui lui était presque destinée. Quelques années plus tard, elle vit à Londres mais continue le combat pour faire plier la couronne anglaise et faire aboutir les revendications des républicains nord-irlandais. Alors qu’elle emprunte le métro pour y déposer un colis piégé, elle est arrêtée par des agents du MI5. Un officier (Clive Owen) lui propose un marché: elle devient l’un de leurs indics en échange de l’abandon des poursuites contre elle et donc de la possibilité pour elle de continuer à élever son fils. La jeune femme prend peur et décide d’accepter afin d’éviter la prison. Revenue en Irlande du Nord, elle doit maintenant jouer son rôle, ce qu’elle finit par faire après moult hésitation. L’agent lui promet un soutien si elle était découverte, mais ce dernier découvre rapidement que sa hiérarchie (interprétée notamment par Gillian Anderson) ne le suit plus. Pire, il semblerait que leurs objectifs ne sont pas les mêmes.

Du bon et du mauvais. Côté bon, le film offre une description sans concession des combats en Irlande du Nord où les volontaires passaient plus de temps à se soupçonner ou à s’entretuer qu’à agir contre les forces anglaises (on est dans les années 1990, la voie du combat a été abandonnée pour beaucoup mais pas par tous, comme le montre ce film). Cela dit, cette vision désabusée des combats clandestins interpelle: choisir de ne montrer que cet aspect des choses est un partis pris qui, s’il s’explique par le contexte, n’est pas sans ambiguïté. Le film montre bien également la détresse des familles qui se sentent abandonnées alors qu’elles n’ont pas encore fait le deuil de leurs morts, le deuil du combat armé. Pour elle, la fin de la lutte armée ne peut signifier que le renoncement et la trahison alors que leurs fils, leurs frères, leurs soeurs, leurs fils, leurs pères ou mères sont morts au cours des « Troubles ». Côté mauvais, il y a quelques fêlures dans le scénario, notamment au début. Pas vraiment des contradictions, mais quelques raccourcis scénaristiques qui font parfois tiquer. La fin est glaçante. Illustration parfaite de la violence pour la violence. Quand le combat ne sert plus qu’à se venger des autres, y compris des siens.

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