Hitchcock de Sacha Gervasi

Le célébrissime Alfred Hitchcock vient de terminer La mort aux trousses et même si le film a connu un très large succès, Alfred Hitchcock sent qu’il perd la main et qu’il doit relancer sa carrière mise à mal par ses collaborations avec la télévision et par un style cinématographique devenu au fil du temps un peu ronronnant. Il cherche donc un nouveau scénario à adapter et porte immédiatement son intérêt sur Pyscho, un roman tiré d’un fait divers mettant en scène le tueur en série le plus redouté de l’Amérique. Alors que sa femme lui propose un autre scénario (d’un proche ami du couple), et que ses producteurs ne sont pas embalés par cette histoire de tueur en série, Hitchock s’entête et décide de financer lui-même le film en hypothéquant ses biens. Un coup de poker qui pourrait tout aussi bien relancer sa carrière qu’y mettre un terme définitif.

Si toi, connaisseur d’Hitchcock, et grand amateur de la célébrissime scène de l’avion dans La mort aux trousses, tu ne comprends pas un mot du début du film (sur notamment le style perdu d’Hitchcock), alors il ne faut pas t’inquiéter, le réalisateur de ce film ne semble pas non plus avoir bien compris qui est Hitchock. Le réalisateur voit en Hitchock un monteur de génie, ce qu’il est, mais ne parle pas de ses techniques de mises en scène, les plus connues et les plus célébrées dans l’histoire du cinéma.

Le film est bavard alors qu’Hitchock détestait ça (Psycho est un film muet pour cinquante pour cent du film) et pire, le film est anti-cinéma puisqu’il n’a de cesse de nous montrer que les acteurs et les réalisateurs doivent éprouver des drames dans leurs vies privées pour pouvoir les retranscrire à l’écran. L’acteur de Psycho doit être un homosexuel caché pour pouvoir jouer le personnage du tueur, l’actrice doit avoir peur pour jouer la peur, Hitchock doit être jaloux de sa femme pour réaliser un film sur la jalousie. Pathétique. Anthony Hopkins interprète Hitchock de manière ridicule, en exagérant sa bouche en cul-de-poule, c’est effrayant à force. Le réalisateur cherche à faire sur quelques scènes des effets visuels, grand talent d’Hitchock, sauf qu’il ne parvient pas à faire autre chose que des clichés autour d’une piscine.

Le cinéma d’Hitchock était avant tout un cinéma visuel, d’ailleurs Hitchock dessinait souvent ses scènes avant de les tourner. Il n’y avait aucun intérêt à faire un film fictionnel sur Hitchock, d’abord parce que ce dernier s’est toujours exprimé sur ses films, ses techniques, ses obsessions (il suffit de lire le Truffaut/Hitchcok pour comprendre qui est Hitchock), ensuite parce que la comparaison avec ce génie du cinéma est forcément au détriment du réalisateur.

Pour info, voilà ce que disait Hitchocok à propos de Psycho:

Dans Psycho, le sujet m’importe peu, les personnages m’importent peu, ce qui m’importe, c’est que l’assemblage des morceaux du film, la photographie, la bande sonore et tout ce qui est purement technique pouvaient faire hurler le public. Je crois que c’est une grande satisfaction pour nous d’utiliser l’art cinématographique pour créer une émotion de masse. Ce n’est pas une grande interprétation qui a bouleversé le public. Ce n’était pas un roman très apprécié qui a captivé le public. Ce qui a ému le public, c’était le film pur.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s