Killing Them Softly (Cogan) d’Andrew Dominik

https://i1.wp.com/static.stuff.co.nz/1353231953/874/7966874.jpgTout le monde aime Markie. Propriétaire d’un club illégal de jeu, tout le monde adore Markie, quite à passer outre le fait qu’il a lui-même cambriolé son propre club pour rafler la mise. Mais tout est rentré dans l’ordre et cette affaire n’est qu’un lointain souvenir, le genre d’anecdote qui anime les conversations des malfrats, et Markie et ses joueurs peuvent à nouveau profiter des jeux illégaux. Sauf que… d’autres personnes ont aussi envie de rire. Et quoi de plus drôle que de cambrioler Markie pour de bon, en misant sur sa précédente affaire pour que le coup lui soit imputé. « L’Ecureuil » organise donc ce plan et recrute deux types pour l’exécuter. Le cambriolage se déroule sans encombre, mais bientôt la mafia locale, dont fait partie la majorité des joueurs volés ce soir-là, décide de ne pas laisser le crime impuni. Elle fait donc appel à Jackie, pour nettoyer ce beau merdier. Retrouver les deux voleurs bien sûr, régler son compte à l’Ecureuil évidemment et pour la forme (et surtout pour la confiance) tuer Markie.

Le film était ambitieux, puisque le réalisateur voulait à la fois brosser un portrait de la mafia américaine (plutôt dépassée par les événements et franchement vieillissante, limite ridicule, déprimée et dépressive, abusant de l’alcool et des prostituées), avec en arrière-fond une réflexion sur les débuts de la crise américaine, ponctuée par les discours de G.W. Bush et d’Obama promettant de faire le ménage pour redonner confiance aux investisseurs et aux Américains (enfin surtout les premiers). L’idée est intéressante, mais elle n’est pas aussi bien mise en valeur dans le film. Car le réalisateur ne peut s’empêcher de faire du genre avec les scènes de violence (certaines sont esthétisées à souhait), ce qui n’est plus supportable et sa réflexion se conclut sur un « l’Amérique n’est pas un peuple mais une entreprise où chacun bosse pour soi », du meilleur effet mais pas original non plus. Je me demande si le même film, moins ambitieux mais plus tourné vers le tragi-comique (avec en personnage central ce pauvre Markie), n’aurait pas été plus réussi.

Cela dit, les acteurs sont bien dans leur rôle et le décor, une ville sordide, paumée, rouillée, aux rues au bitume craquelé est très bien choisi. Il n’empêche: il manque un réel lien entre les deux thématiques, et, au final, ce film est un énième traitement des turpitudes des mafieux américains, reflet de leur pays.

 

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