Utopia de Marc Munden et Dennis Kelly

Utopia est une série britannique produite par Channel 4. Elle raconte l’histoire d’un mystérieux roman graphique, Utopia, dont le tome 1 prédirait l’influence d’une organisation secrète sur le monde et leurs desseins funestes à venir. Un groupe de fans d’Utopia décide de se réunir pour parler de leur roman graphique adoré. Font partie de ce groupe de rôlistes, pardon de fans : Becky, Grant, Ian et Wilson. Mais tout ne se passe pas comme prévu, Grant est absent au meeting de même que Bejan. Grant va assister au meurtre de ce dernier par deux hommes vraiment chelous et va récupérer le tome 2 d’Utopia. A partir de là, il sera poursuivi par les deux hommes ainsi que le reste de la bande. Parce qu’ils s’intéressent au roman graphique, et semble connaître l’existence (et posséder) du deuxième tome, les quatre PJ vont devoir quitter leur routine pour entrer en clandestinité. Alors qu’ils cherchent des contacts pour se protéger, les morts s’accumulent et une mystérieuse Jessica Hyde fait son apparition.

Je vais passer rapidement sur l’atmosphère bizarre de la série, car en fait elle n’est pas si bizarre que ça. L’organisation secrète a des relents de Mage, pour ceux qui connaissent le jeu de rôle. Les deux tueurs semblent sortie de l’imagination de Gaiman, et Jessica Hyde de celle de Matrix. Rien d’original là-dedans, mais juste un « bon » copier-coller de thématiques déjà traitées ailleurs (en mieux peut-être). Je ne vais pas non plus revenir sur la lassitude que l’on peut éprouver devant la complaisance de certains réalisateurs pour la violence. La petite scène du premier épisode, où l’on voit un type se faire jeter du haut d’un immeuble, le tout filmé au ralenti avec une petite musique derrière est navrante et montre à quel point les cinéastes ne se posent même plus la question de la décence d’esthétiser la violence. Le concept est entré dans les moeurs, il est même devenu un must hyper tendance. J’ai compté que dans les trois premiers épisodes, on approche d’une moyenne de 8 meurtres par épisode (le troisième gagnant la palme du n’importe quoi avec 12 morts). Reste le fond. Si au départ cette idée d’un vaccin qui prendrait la forme d’une grippe russe semblait plaisante, rapidement ce thème est parasité par des quiproquos, des retournements de situation assez mal venus. Du coup, six épisodes plus tard, le vaccin n’est pas le vrai vaccin, Rabbit n’est pas vraiment Rabbit et le scénariste a parfaitement négocié son atterrissage en saison 2. Que de bruit pour rien!

— LN

Pffff… H. m’a volé toutes mes références ! C’est même pas juste. Bon, ben voilà: cette série est un pur scénario de Mage inspiré de Mr Croup et Vandermare de chez Gaiman, la décence et l’honnêteté en moins.

Cela dit, j’aime beaucoup l’ambiance de cavale du premier épisode lorsque les personnages-joueurs cherchent à échapper à une organisation qui semble tout savoir, tout contrôler. Rien d’original (et on est vraiment en plein Mage) mais c’est très bien rendu, avec ce qu’il faut de paranoïa. Passé le deuxième épisode, cependant, le caractère outrancier le dispute à la hypeness insupportable et on perd en intérêt. Après, c’est réalisé de manière efficace et l’esthétisation de la violence, la fascination de celle-ci est combinée à des références à… la Shoah, bien entendu. Coïncidence? Sûrement pas ! Ou le retour du crypto-nazisme…

— Mathieu

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