Plus que le tumulte des eaux profondes de Godefroy Ségal

https://i0.wp.com/www.rsdoublage.com/actualites/plus_que_le_tumulte_des_eaux_profondes.jpgGradlon, roi  de Cornouailles, se heurte aux murailles d’une ville qui résiste à l’assaut de ses soldats. Ces derniers, devant l’accumulation des morts et les vaines tentatives pour conquérir la ville, finissent par l’abandonner, le laissant seul affronter les murs de la ville fortifiée. Gradlon choisit alors d’aller au devant de la mort, en portant seul le poids d’un assaut. Prêt à mourir en guerrier, il rencontre celle qui règne sur cette ville, la dernière reine païenne. Elle lui suggère alors de tuer le roi, son époux, et de s’unir à elle. De leur union naîtra Ahès, fille des anciennes croyances. A Rome, les temps changent, le pouvoir se convertit à une nouvelle religion, basée sur l’idée d’un Dieu unique, où l’homme à son image, règne sur l’ordre naturel. Des émissaires sont donc envoyés partout sur le territoire de Rome pour convertir. Le roi Gradlon et sa file apparaissent rapidement comme la dernière survivance de croyances qu’il faut éradiquer.

Plus que le tumulte des eaux profondes est une création, basée sur la légende de la ville d’Ys, dont la thématique principale est la disparition des croyances païennes au profit d’une religion de l’unique, de la domination humaine et de la haine de la chair. Sur scène, il y a peu de décors (quelques planches pour représenter des lieux extérieurs, un bassin pour représenter l’océan), les acteurs interprètent plusieurs personnages (torse nu, ils sont sujet du roi de Cornouaille et païens, habillés de grands manteau, ils sont convertisseurs et sujet de la Rome chrétienne), et se changent sur les côtés de la scène (il n’y a de séparation entre la scène et les coulisses, les acteurs se changent donc ou attendent leur entrée sous nos yeux). Un choeur d’une vingtaine de choristes amateurs accompagnent la pièce sur une musique composée par Laurent Petitgand.

J’ai d’abord été réticence à cette pièce. La proximité de la scène, l’ouverture sur les coulisses, le jeu des acteurs et leurs dialogues m’ont perturbée au début et j’avoue que pendant plusieurs scènes, je me suis dit que j’allais prendre sur moi de rester même si je n’aimais pas vraiment le spectacle. Puis, magie du théâtre, je suis entrée dans l’histoire. Les ficelles étaient toujours aussi apparentes (acteur qui se change, qui prend de la peinture rouge pour représenter du sang), mais elles ne me gênaient plus. Au contraire. Et en entrant dans l’histoire, j’ai pu apprécier la mise en scène, les jeux avec l’eau (la scène est inondée au fur et à mesure), les cheveux maculés de Malgven, l’invisible visible. Le choeur, qui me paraissait superflu au début, a pris toute sa dimension dans les scènes se passant à Ys. Et au final, j’ai bien aimé.

— LN

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J’avais entendu pour ma part une critique de cette pièce à la Fabrique de l’histoire. J’avais eu immédiatement envie de voir cette pièce puisqu’elle traite de la légende d’Ys. Je suis à la fois ravi et déçu. Ravi, car cette pièce nous donne en spectacle la poésie, le chant de la nature, l’amour de la matérialité face à la haine de la glaise; déçu, car la déclamation est à mes yeux trop systématique et donc peu subtile. Et je suis de plus en plus gêné voire réticent face à l’interprétation des temps anciens (qu’ils soient « celtes » ou « vikings » ou « médiévaux ») comme du bon gros, gras et lourd viril. Malgré tout, j’ai aimé cette mise en scène, notamment la fée qui répand autour d’elle une sorte de poussière orangée. Je suis donc très content que cette pièce soit venue au Mans.

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